Section de Gréasque
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La démolition en marche de nos acquis sociaux

Il y a soixante-six ans, les résistants avaient inventé une société plus juste. Aujourd’hui, elle est en pièces.

Les jours heureux. Merveilleux titre qui claque comme une insolente promesse d’espoir dans la nuit noire de 1944. Il fallait un sacré culot aux chefs de la Résistance, des gaullistes aux communistes, réunis clandestinement le 15 mars de cette année, pour adopter à l’unanimité le programme du Conseil national de la Résistance (son titre faisait référence à un film et une pièce de théâtre à succès). Non content de préparer la libération de la France, celui-ci posait déjà les bases d’une «véritable démocratie économique et sociale» : la Sécu, les retraites par répartition, les droits des travailleurs dans l’entreprise, les services publics… toutes ces réformes engagées à la Libération en sont issues.

(suite…)

Un médicament dangereux à nouveau commercialisé… pour favoriser la rentabilité de son fabricant !

Le Ketum, un médicament récemment interdit par l’Afssaps, a été de nouveau autorisé par le Conseil d’Etat pour ne pas nuire aux intérêts financiers du laboratoire Menarini..

Quelques jours après la quasi-grâce accordée pour raisons économiques au “cartel de la sidérurgie”, le Conseil d’Etat récidive. Un médicament suspendu par l’Affsaps a été de nouveau autorisé pour… ne pas nuire aux intérêts financiers du laboratoire pharmaceutique ! Est-ce que ce monde est sérieux ?

En décembre dernier, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a suspendu l’Autorisation de mise sur le marché du Ketum et d’une vingtaine d’autres médicaments à base de kétoprofène. La raison ? Des effets secondaires graves, dont des allergies au soleil donnant des eczémas et des cloques pouvant entrainer une hospitalisation. L’Afssaps est informée du problème depuis une dizaine d’années. Pleine de tact, elle avait à deux reprises fait modifier la notice, pour sensibiliser médecins et malades. Mais rien n’y a fait, et une nouvelle évaluation de l’Agence a conclu à un “rapport bénéfice/risque […] défavorable, en raison du risque de survenue de réactions rares, mais graves, de photoallergie et d’une efficacité faible à modérée”. Tout va bien qui finit bien… Ou presque

Effets secondaires… économiques
Un des laboratoires concernés par cette décision, Menarini, a déposé une requête en référé-suspension devant le Conseil d’Etat. Et l’ordonnance du juge est tombée le 26 janvier 2010. “Il ressort des pièces du dossier que le Ketum représente le deuxième chiffre d’affaires de la société Menarini, de sorte que l’arrêt de la commercialisation risquerait de compromettre la possibilité pour cette société de retrouver un résultat positif en 2010″ a statué le Conseil d’Etat, selon Lefigaro.fr. En conséquence de quoi, le laboratoire est de nouveau autorisé à commercialiser son médoc, en attendant les conclusions “dans le courant du 1er semestre 2010 de la réévaluation communautaire en cours”. Il suffisait de demander…

Que vaut la santé de quelques uns, au regard des profits de l’industrie pharmaceutique ? Rien, pour le Conseil d’Etat.

par Napakatbra pour “les mots ont un sens“

4 réponses à “Un médicament dangereux à nouveau commercialisé… pour favoriser la rentabilité de son fabricant !”

1.
la grignette dit :
7 février 2010 à 16:25

En cherchant bien on voit que le Ketum n’est pas le produit phare des laboratoires Menarini, qu’il s’agit d’une société italienne ayant des laboratoires en France et…ailleurs. Ceci dit, il est certain que la molécule de base concernant ce produit est allergéne, et de par ce fait, fait courir des risques graves aux patients (genre oedème de Quick, sur une plage… ou érythème ou sorte de brûlures avec cloques…) Je sais que les risques d’incidents de ce genre sont quantifiés grâce à des essais, mais à la suite des expériences vaccinales de cet hiver pouvons nous continuer à faire confiance aux laboratoires, aux organismes qui devraient les contrôler (90 % des spécialistes constituant ceux-ci sont inféodés à des laboratoires, souvent plusieurs à la fois), à une justice qui ne peut juger que sur pièces forcèment fausses dans ce cas ?
Dans toute cette affaire, il n’est bien sûr pas question du patient… lui on s’en fout, il paie ou fait payer.

2.
Maraîchin dit :
7 février 2010 à 10:38

Les mêmes qui sont prêts à vouer l’Afssaps aux gémonies quand certains de ses experts ont des relations incestueuses avec l’industrie pharmaceutique applaudissent des deux mains une décision même hâtive et mal motivée. Pour avoir un point de vue plus complet (et au moins qui équilibre le précédent), vous pouvez consulter l’article suivant :

http://www.village-justice.com/articles/Ketum-remis-marche-Catherine,7335.html
3.
Geo dit :
7 février 2010 à 9:08

Bonjour,

je me permets d’ intervenir sur ce site à différents titres :
– parce que vous citez Jean Jaures donc j ai espoir que mon poste ne soit pas censsuré
– parce que j ai lu l ordonnance du conseil d’ état
– parce que j y connais quelque chose aux médicaments

ce que je vois c est que vous faites du pré digeré de news sans même connaitre l histoire du produit ni le jugement du conseil d’ état.

Le ketum est un gel anti inflammatoire qui n aime pas les Uv. Conclusion : chez certaines personnes ont peu avoir des réactions cutannée de décoloration de la peau par exemple plus ou moins importante.
cet effet est rare mais connu et pour le prévenir, il faut informer éduquer les patients.
D’ autre part, ce que rétique le conseil d’ état, c est que le laboratoire commercialise le médicament dans d’ autres pays d’ Europe dans les mêmes conditions.

Maintenant attendons la décision de l agence européenne du médicament qui pourra très bien aller dans le sens de l afssaps

Bonne journée à vous
4.
La main gauche dit :
7 février 2010 à 6:38

Dans le cadre d’une politique de droite nationaliste, ça n’a finalement rien de choquant, le Ketum est un produit optimisé puisqu’il permet la vente après vente, les effets secondaires génèrent de la croissance puisqu’il faut eux-mêmes les traiter par d’autres produits, qui, avec un peu de maturité et recherche scientifique auront prévu aussi leurs effets secondaires, une question de doigté et de marketing affûté.. le déficit collectif s’alourdit mais peu importe au contraire, la chair à canon sous injection permanente de Jean-Pierre Pernaut est là pour participer en tout altruisme au dumping, ça justifie ainsi le déremboursement qui profite alors au secteur de l’assurance privée et ça pousse inexorablement, dans le même temps, vers la conclusion qu’il n’y a rien d’autre à faire que de réduire la sphère étatique. Ceci fait, ça induit, de plus, un autre effet secondaire opportuniste qui est d’imposer aux quelques fatales périodes d’alternances des politiques d’austérité forcées pour tenter vainement de redonner un peu de potentiel au collectif, et, finalement de rendre ces périodes d’alternances le moins sexy possible pour qu’elles ne s’éternisent pas trop longtemps !!!

La chasse aux fonctionnaires est ouverte

Trois propositions et puis s’en va. Le gouvernement ouvre la chasse aux fonctionnaires. A l’inverse du discours de Périgueux de 2006 où le candidat Sarkozy avait caressé les fonctionnaires dans le sens du poil, le président de la république tente de retrouver une popularité à droite en s’attaquant aux piliers de la fonction publique.
Deux coups de boutoirs viennent ainsi de résonner. Un décret tout d’abord qui prévoit la mise en disponibilité d’un fonctionnaire s’il refuse trois offres d’emploi. La remise en cause également du calcul de la retraite des fonctionnaires sur leurs six derniers mois de service .

Il est loin le discours de Nicolas Sarkozy du 6 octobre 2006 à Périgueux dans lequel, il déclarait (cf vidéo) : “chercher à opposer les salariés du secteur public et du secteur privé est dangereux. Chercher à faire des fonctionnaires les boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne. Chercher à faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés est injuste“.

La hache de guerre a été depuis déterrée. Un projet de loi sera présenté le 11 février au Conseil supérieur de la Fonction publique. Il prévoit qu’un fonctionnaire dont l’emploi a vocation à être supprimé doit être réorienté professionnellement. La grande nouveauté c’est que s’il refuse successivement trois affectations, il sera mis en disponibilité – sans travail, ni salaire, ni droits aux indemnités – ou en retraite d’office. Une fois en disponibilité, l’agent qui refuserait à nouveau trois postes en vue de sa réintégration sera considéré comme «démissionnaire» et pourra être licencié.

La Fédération Syndicale Unitaire (FSU), majoritaire dans la fonction publique par la voix de Gérard Aschieri dénonce “une boîte à outils pour tailler dans les effectifs“. La CGT évoque “une loi facilitant les licenciements“. Au sein du gouvernement, Eric Woerth, qui ne lâche pas le président d’une semelle dans l’espoir d’une promotion lors du prochain remaniement ministériel, justifie la mesure de la façon la plus nette : “Si la personne refuse, c’est qu’au fond elle n’a plus envie de travailler dans l’administration. Il n’y a pas de raison que l’administration continue à ce moment-là à la payer“.

”Pas envie de travailler” : le message subliminal envoyé par le ministre des comptes publics est des plus limpides. Il s’inscrit dans une vision de la fonction publique qui considère cette dernière comme un boulet attaché à l’exécutif. Etrange vision d’un gouvernement qui joue l’auto-mutilation de la puissance publique à défaut de pouvoir procéder, à visage découvert, au démantèlement du statut de la fonction publique.

Avec Nicolas Sarkozy, le fonctionnaire est devenu l’ennemi public numéro un des comptes publics. Ces deux nouvelles annonces s’inscrivent logiquement dans la droite ligne de la règle du non remplacement d’un départ sur deux. Le gouvernement prévoit ainsi pour cette seule année la suppression de 33.749 postes de fonctionnaires.

Tout naturellement, à droite, on applaudit. C’était bien le but de la manœuvre. Reprendre la main par le clivage. Rarement un président de la république censé être le garant de l’unité nationale n’aura autant divisé pour mieux régner.

Yves Thréard, éditorialiste au Figaro, boit du petit lait en constatant que “l’emploi ne sera plus garanti dans la fonction publique. C’est une révolution qu’il faut encourager dans notre pays où salariés du public et ceux du privé ne sont pas sur un pied d’égalité. Il faut mettre un terme à cette anomalie très française, qui nuit à l’unité nationale“. Unité ou uniformité ? Le rouleau compresseur Sarkozy continue à vouloir condamner la France à faire son grand bond en arrière par des réformes au goût amer de recul social.

Les mots du journaliste, par ailleurs brillant, sont révélateurs de la radicalisation de la pensée sarkozyste. Yves Thréard sur son blog se lâche quand il évoque le “quasi-apartheid” que constitue la cohabitation des secteurs publics et privés. La bave à la plume, tout revigoré par l’audace de l’exécutif il écrit : “D’un côté les fonctionnaires, avec leur propre traitement salarial (garantie de l’emploi et autres avantages acquis), leur propre régime de retraite (encore très avantageux même si l’allongement de l’âge légal est désormais le même pour tous), et leur propre droit (ils relèvent du droit administratif, et non du droit commun comme dans n’importe quelle grande démocratie). De l’autre, des salariés du privé qui payent souvent les pots cassés de la défense à tout crin d’un système inique !“

Voici donc venu le temps de la revanche, si longtemps attendue, de cette frange de la droite au parcours historique cahoteux qui a toujours honni l’Etat. Du pain béni pour redonner des couleurs à un PS qui bénéficie d’une séquence ascendante mais aussi, un appel d’air pour la droite étatiste gaulliste qui s’est trouvée dernièrement un nouveau champion en la personne de Dominique de Villepin. Attention monsieur le président à la réforme de trop. A cette goutte de trop qui fait déborder les vases.

Henry Moreigne pour “La Mouette”