Section de Gréasque
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Lebranchu espère un compromis pour la métropole marseillaise

Georges Cristiani, maire de Mimet et représentant de l'Union des maires des Bouches-du-Rhône, remet à la ministre de la décentralisation,  Marylise Lebranchu, un projet "alternatif" au projet de métropole, le 21 décembre 2012 à Marseille.

La ministre de la décentralisation Marylise Lebranchu, venue vendredi 21 décembre à Marseille remplir la « page blanche » de la future loi sur la métropole marseillaise, a trouvé en face d’elle une centaine de maires et quelque 3 000 habitants des Bouches-du-Rhône opposés au projet.

Mme Lebranchu, dont c’est la quatrième visite à Marseille en six mois, a assuré une nouvelle fois, en ouvrant une conférence métropolitaine au parc des expositions devant un parterre de responsables, vouloir « écouter » les élus locaux, « dans un cadre différent » de la préfecture ou de son ministère, et « dans la plus grande liberté de parole ». A l’extérieur, une centaine de maires de tous bords et les présidents de huit intercommunalités sur les neuf du département, boycottaient la séance après avoir remis en mains propres à Mme Lebranchu un projet alternatif, « beaucoup plus coopératif et opérationnel » selon les édiles.

« NOUS NE DÉFENDONS PAS DES PRIVILÈGES, MAIS DES COMPÉTENCES »

« On va finir par trouver un terrain d’entente », leur a dit la ministre, ajoutant : « On discutera de gouvernance à partir de 14 h 30. Si vous avez trop froid dehors, il ne sera jamais trop tard pour rentrer. » C’est là un gros point d’achoppement avec les maires, soucieux de garder leur pouvoir de décision de proximité et la maîtrise de leurs deniers. « Pour changer les arrosoirs dans le cimetière, il faudra demander l’autorisation du président de la métropole », a dénoncé ainsi le maire PS de Saint-Rémy-de-Provence, Hervé Chérubini, au micro devant ses collègues.

« Nous sommes un front de refus à la mort du territoire, nous ne voulons pas de ce ‘machin’, de cette structure unique qui prendrait toutes les décisions, ni de la fiscalité unique. Nous ne défendons pas des privilèges, mais des compétences », a renchéri la maire UMP d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains. Autour d’eux, une banderole disait « non à la métrople », des pancartes « métropole = mort des communes » ou « métropole = perte des services de proximité ». Puis quelque 3 000 manifestants selon la police, venus d’Aubagne, Martigues et Salon-de-Provence – les intercommunalités que le gouvernement veut regrouper dans une même « métropole » où se trouveraient également celles de Marseille, Aix et Istres – sont venus soutenir leurs élus en scandant que « la métropole ne passera pas ».

UN ACCORD POUR MUTUALISER LES MOYENS

Ce boycott, « je le regrette mais je ne le condamne pas », a déclaré Mme Lebranchu dans son allocution d’ouverture, se gardant de prononcer le mot qui fâche (« métropole ») et assurant vouloir« préserver les prérogatives des maires » tout en créant « la solidarité financière entre tous les territoires ». Selon elle, le diagnostic des difficultés et des besoins de la région marseillaise est partagé, et tout le monde est d’accord pour mutualiser les moyens dans certains domaines comme les transports, le développement économique et l’écologie. Reste à s’entendre sur « un cadre institutionnel adapté ». Et c’est là toute la difficulté.

« Au fond, on veut la même chose, la seule divergence porte sur le nouvel outil que l’on crée pour y arriver, » explique Jean-David Ciot, député-maire PS du Puy-Sainte-Réparade et premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. « Soit on fait tout de suite une grosse administration à 10 000 fonctionnaires, comme cela nous est proposé, et on en prend pour dix ans à la faire marcher. Soit, et c’est ce que l’on propose, on fédère les intercommunalités existantes dans un établissement public où l’on transfère certaines compétences et les moyens qui vont avec. »

« Ce matin la page est blanche, au fur et à mesure de la journée on va essayer de la remplir », a déclaré Mme Lebranchu à la presse. « On respectera tout le monde, ceux qui sont dans la salle et ceux qui sont dehors. Mettons-nous d’accord sur un outil institutionnel, je pense qu’on va y arriver. Mais l’Etat est déterminé et si l’on ne parvient pas à un accord, il prendra ses responsabilités », a-t-elle dit. La ministre a précisé qu’elle dirait, en fin de conférence vendredi soir, « quelque mots de l’architecture du texte » de loi qu’elle viendra présenter en janvier à Marseille, signe que la page n’est de fait déjà plus tout à fait blanche.

 

Le Monde.fr avec AFP | 21.12.2012

La future métropole devra être opérationnelle au lendemain des municipales.

Un outil de préfiguration en janvier pour la future métropole de Marseille

102 communes sur 119 sont opposées au projet « Aix-Marseille Provence ». - AFP/Anne-Chrisine Poujoulat

102 communes sur 119 sont opposées au projet « Aix-Marseille Provence ». – AFP/Anne-Chrisine Poujoulat

Accueillie par une centaine de maires en colère et quelque 3.000 habitants opposés au projet de métropole « Aix-Marseille Provence », la ministre de la Décentralisation Marylise Lebranchu a annoncé vendredi la création en janvier d’un outil de préfiguration.

Cette structure devrait permettre de définir les contours, les responsabilités et le mode de gouvernance de l’établissement qui gérera les grands dossiers d’aménagement et de développement économique et culturel. Ces tâches incombent actuellement aux six intercommunalités constituées sur ce territoire de plus de 2 millions d’habitants autour de la cité phocéenne.

« Face à l’urgence sociale et économique, la solution métropolitaine devra être opérationnelle après les municipales en 2014 », a indiqué la ministre dont c’était la quatrième visite à Marseille depuis six mois.

Elle a également confirmé que le pouvoir de proximité des maires serait conservé, voire renforcé s’ils souhaitent récupérer des compétences locales qui leur échappent aujourd’hui comme la propreté et la voirie. « Vous sortirez revalorisés de ce projet », a-t-elle assuré aux élus. Leur image ne souffrira pas non plus d’éventuels dérapages de la fiscalité locale selon les projections établies par ses services

Malgré ces assurances, les élus locaux du département sont plus que jamais remontés contre « le risque d’absorption identitaire » et de « dilution du pouvoir » que fait peser le projet de fusion des EPCI. « D’accord pour une métropole de projet mais pas question d’une organisation centralisée qui déshumaniserait nos territoires et nos traditions », résume Maryse Joissains, la maire d’Aix-en-Provence.

Un projet alternatif

Comme 102 communes sur 119 que compte le département, elle refuse de devenir « un simple quartier de Marseille » et a signé un document proposant à la ministre la création d’un Etablissement public opérationnel de Coopération pourrait « garantir un aménagement durable et solidaire des communes et territoires des Bouches-du-Rhône ».

Intégrant toutes les collectivités territoriales existantes, cet organisme s’occuperait en particulier de l’organisation des transports collectifs métropolitains en prenant à son compte le pilotage d’un « schéma de déplacements mutualisé ». Il veillerait également à la cohérence du développement économique et à la rédaction des documents d’aménagement pour le territoire. La mise en oeuvre de cet outil serait transitoire pour permettre de conduire « un processus de création d’une structure institutionnelle métropolitaine » qui serait opérationnelle en 2020.

L’organisation métropolitaine marseillaise voulue par le gouvernement devrait centraliser six grandes compétences parmi lesquelles les transports, l’économie et la recherche. Elle serait organisée en assemblée élue au suffrage universel dans laquelle Marseille ne serait pas majoritaire. L’Etat apporterait ses crédits à ce territoire à travers la planification de contrats de plan tripartite impliquant la région.

Paul Molga Correspondant des Echos à Marseille

Rachat par Tapie : ce qu’en pense Patrick Mennucci

« On n’a pas besoin de Bernard Tapie ». La phrase est claire, nette et précise. Elle a été prononcée jeudi au micro d’Europe 1 par le député PS de Marseille Patrick Mennucci. Bernard Tapie, allié à la famille Hersant, va mettre la main sur les titres restants du Groupe Hersant Médias (GHM), dont La Provence et Nice Matin. Pour certains, ce rachat est perçu comme une première étape dans la course à la mairie de la ville. Alors que Jean Noël Guerini, se félicite de ce rachat, Patrick Mennucci ne mâche pas ses mots

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« Si Bernard Tapie est candidat, on fera en sorte de lui barrer la route. Ce n’est pas bien qu’un homme comme lui devienne maire de Marseille », a jugé le député. « Notre ville a besoin de modernité, de renouveau. Il peut y avoir une élection municipale entre la droite et la gauche qui tranche un certain nombre de questions. Mais nous n’avons pas besoin de M. Tapie à Marseille », a-t-il encore insisté.