Section de Gréasque
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Convention nationale sur le Nouveau modèle économique, social et écologique.

Résumé du texte adopté par le conseil national du 27 avril 2010 par Michel Sapin


Les clefs du nouveau modèle

1) La priorité au long terme plutôt que la tyrannie du court terme.

Cela signifie :

  • consacrer davantage de ressources aux activités qui préparent l’avenir : l’éducation, la recherche, l’innovation, le développement des infrastructures, la sobriété énergétique.
  • Nous devons faire le choix d’un développement respectueux de la planète et des générations à venir.             (suite…)

Les habits neufs de l’idée communiste

Résumé : L’idée du communisme connaît un regain d’intérêt soudain, des philosophes confirmés proposent ici chacun leur vision d’une idée aux facettes multiples.

Le communisme serait-il devenu à nouveau un objet de culture pop ? Tout comme Mao et les maoïstes avaient pu se réincarner – sous prétexte d’un docu-fiction original – en un générique yé yé dans le film “La Chinoise” de Godard, les anciens philosophes hérauts de l’idée du communisme sont devenus les superstars d’un capitalisme en mal de fondement, fasciné par ces thuriféraires passionnants et exigeants que sont Badiou (le platonicien fulgurant) et Žižek (l’hégélien agité). (suite…)

Sarkozy, notre Président exhibo

Wikimedia CommonsJamais la vie privée d’un homme politique n’a été autant exposée que celle de Nicolas Sarkozy. Si l’utilisation à des fins politiques par les médias -et les politiques eux-mêmes- n’est pas chose nouvelle, la notion même de vie privée a largement évolué au point de devenir aujourd’hui un critère de jugement politique. Encore faut-il savoir poser des limites à l’exposition de l’intimité.

La rumeur autour de la vie privée du couple Sarkozy pose, plus que jamais, la question de la frontière entre vie publique et vie privée.
« La vie privée est une notion confuse, difficilement formalisable et qui ne prend de sens que dans un contexte historique précis » écrivait en 2002 le sociologue Patrick Baudry dans un ouvrage sur « la vie privée à l’heure des médias ». Bien avant le début de l’ère Sarkozy qui a largement accentué cette tendance, Patrick Baudry écrivait déjà : « Après les stars, c’est la vie privée des hommes politiques qui intéresse le plus les médias. Le pouvoir n’est plus sacré et inaccessible. Ses détenteurs sont soumis à une tyrannie de l’intimité où vie privée et vie publique sont de plus en plus confondues. Si la vie privée est dévoilée, ce n’est pas à cause de l’intérêt public mais bien pour satisfaire le voyeurisme et la soif de sensationnel du public ».   (suite…)

Trois suggestions à Bernard Kouchner

Hervé de Charette a été ministre des affaires étrangères en 1995-1996, alors que Jacques Chirac était président de la République et Alain Juppé premier ministre. Il a joué un rôle actif et positif au moment de l’agression israélienne contre le Sud-Liban au printemps 1996 (le premier ministre était alors Shimon Peres). Envoyé par le président, de Charette séjourne dans la région pendant près de deux semaines, obtenant, malgré les réticences américaines et israéliennes, la mise sur pied d’un groupe de surveillance du cessez-le-feu auquel sont associés la Syrie, Israël, le Liban, les Etats-Unis et la France.

Député, Hervé de Charette a quitté l’UMP en décembre 2009 et a rejoint le Nouveau Centre. Le 24 mars 2010, lors des questions au gouvernement, il est intervenu sur la question palestinienne  (suite…)

La Retraite ? Parlons-en, mais chiffres en mains !

Kamil Porembiński - Flickr - CCEli Arié fait un état des lieux chiffré de la situation des retraités en France. Espérance de vie, cessation d’activité…Non négligeable avant le début du débat.
Et si, avant de prendre position sur les retraites, on savait un peu de quoi on parlait ? Quelques données brutes qu’il n’est pas inutile d’avoir présentes à l’esprit.

L’espérance de vie

La loi de 2003 prévoit « un partage actuellement neutre de l’augmentation de l’espérance de vie », de façon à ce que le rapport entre retraite et activité reste constant.L’espérance de vie ne cesse de progresser, n’en déplaise à certains : en 2009, l’espérance de vie à la naissance était de 84,5 ans pour les femmes, 77,8 ans pour les hommes ; mais, plus intéressante pour la  question des retraites est  l’espérance de vie à 60 ans : 27 ans pour les femmes, 22,2 pour les hommes, soit respectivement 1,8 ans et 2 ans de plus qu’en 1999 : l’espérance de vie à 60 ans augmente d’environ 1 an tous les 10 ans (en 2050, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans, contre 1 sur 5 en 2005).

La fin d’activité
S’il existe de grandes différences sur l’âge auquel on liquide sa retraite entre public et privé (respectivement 57,5 ans et 61,3 ans), les différences sont très faibles en ce qui concerne l’âge de cessation d’activité : 58,8 ans dans le privé, 58,2 ans dans le public. (suite…)

Bouclier fiscal: Sarko contre le reste du monde

Flickr - Ludo29880 - ccAlors que les élus du Nouveau Centre et certains de la majorité souhaitent la suppression du bouclier, le Président ne lâche pas le morceau. Le blogueur Slovar nous montre qu’en plus d’être injuste, il est inutile.

Le bouclier fiscal à 50% était avec le pouvoir d’achat et les heures supplémentaires (travailler plus pour gagner plus) l’un des trois thèmes emblématiques du candidat devenu Président de la République.

En ce qui concerne le pouvoir d’achat, plus personne ne se fait la moindre illusion et le chômage massif ayant rendu le concept du « travailler plus » fortement incongru, il ne reste plus que le bouclier fiscal !

Seulement, le bouclier fiscal n’est plus à la mode au Nouveau Centre et chez un certain nombre d’élus UMP qui demandent des modifications significatives ou même son abrogation.

(suite…)

La Ve République en panne

Le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon lors des cérémonies du 65e anniversaire de la libération de Paris, août 2009

L’abstention aux régionales n’est qu’un symptôme parmi d’autres du mal qui couve au sein de la société française. Nicolas Sarkozy peine à enrayer la poussée de fièvre.

La démocratie française est en train de perdre son dêmos, son peuple. Seuls 46,4% des électeurs ont voté le 14 mars, lors du premier tour des élections régionales [et 51,2% au second tour, le 21 mars]. Selon un récent sondage [mené en janvier par la SOFRES pour le compte du Centre de recherches politiques de Sciences-Po], 67 % des Français ne font confiance “ni à la droite, ni à la gauche pour gouverner le pays.” Et 79 % d’entre eux pensent que “les choses ne cessent d’empirer”. Un Français sur dix est chômeur, et les autres ont peur de le devenir. (suite…)

Europe Ecologie ou l’imposture technocratique

Qu’il y a-t-il derrière le programme d’Europe Ecologie ? Les blogueurs du Vrai Débat se sont penchés sur les propositions des écolos et y trouvé des passages obscurs et fumeux digne de la novlangue technocratique.

Europe Ecologie, c’est beau, c’est neuf, c’est moderne, forcément ! Pourtant, nous y voyons une double imposture, sur le fond d’abord, sur la forme ensuite.

Nous ne reviendrons pas sur le fond. Comme nous l’avons déjà expliqué, les Verts d’Europe Ecologie sont des écologistes d’opérette en refusant de remettre en question le fondement de la pollution mondiale : le libre-échange généralisé. C’est bien parce qu’on produit à 10 000 km ce qu’on consomme ici que les rejets de gaz à effet de serre explosent, notamment du fait des transports, première source de CO2. (suite…)

“Il faut inventer de nouvelles protections sociales”

Les transformations de la société sont à l’origine de nouvelles formes de pauvreté, qui doivent à leur tour s’accompagner de nouveaux droits. Entretien avec Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Extrait de La lettre de l’insertion par l’activité économique.

La France compte aujourd’hui plus de sept millions de personnes pauvres, selon les critères européens de pauvreté. Soit 13 % de la population. Quel regard portez-vous sur une société aussi riche que la nôtre qui conserve un tel taux de pauvreté ?
La coexistence de la richesse et de la pauvreté dans une même société est effectivement paradoxale, mais ce n’est pahttp://greasque.parti-socialiste.fr/wp-admin/post-new.php#s un mystère. Cela signifie que le régime économique sous lequel nous vivons ne fonctionne pas pour le bien de tous. Il y a des gagnants, mais il y a aussi des perdants au jeu de la concurrence. Cependant, se contenter de constater l’existence des pauvres est un peu court. La notion de pauvreté recouvre des réalités très diverses. Il y a les anciens pauvres du « quart monde » ; vers le milieu des années 1980, on a commencé à parler des « nouveaux pauvres », dont la situation est liée au développement du chômage de masse ; et depuis une dizaine d’années, on redécouvre les « travailleurs pauvres ». Ce qu’il faut analyser en fait, ce sont les dynamiques économiques et sociales qui expliquent la persistance de certaines formes de pauvreté et, surtout, l’apparition de nouvelles formes de pauvreté, telles celles qui sont produites par le chômage et par l’accroissement de la précarité des relations de travail.

Dans “La montée des incertitudes” (Seuil, 2009), vous soutenez l’idée que certains de nos concitoyens ne sont pas reconnus et traités comme des individus à part entière. Qu’entendez-vous par là ?
Depuis la fin du XIXe siècle, il s’était constitué un socle de ressources matérielles et de droits en matière de travail et de protection sociale : le droit à être soigné quand on est malade, le droit à la retraite quand on n’est plus en âge de travailler, le droit à un salaire décent, etc. C’est ce qu’on a appelé la « propriété sociale », qui est la base de l’indépendance sociale de l’individu.

Depuis une trentaine d’années, on observe d’importantes transformations sociales telles que la précarisation du marché du travail et l’affaiblissement des systèmes de protection. Certains y ont beaucoup gagné : ce sont les « individus par excès », ceux qui regorgent de ressources, de narcissisme, de pouvoir. D’autres, au contraire, y ont beaucoup perdu et n’ont plus accès à certaines dimensions de la propriété sociale. Ce sont ce que j’appelle les « individus par défaut », ceux auxquels il manque la possibilité réelle d’être des individus. Ils sont renvoyés à des formes inférieures de protections, délivrées sous condition de ressources, comme les minima sociaux, et n’ont pas accès aux supports nécessaires pour les aider à s’en sortir.

Je pense, par exemple, aux jeunes de banlieues défavorisées, qui galèrent à la recherche d’un premier emploi. Les actions de la politique de la ville sont largement insuffisantes pour les aider réellement à s’en sortir. Je pense aussi aux demandeurs d’emploi de longue durée, qui doivent souvent se contenter du revenu de solidarité active (RSA) de base (ex-revenu minimum d’insertion) pour vivre et qu’on risque de laisser tomber sous prétexte qu’ils seraient « non reclassables » sur le marché du travail. Mais également à tous ces salariés précaires à qui il n’est jamais offert un emploi stable et les droits sociaux qui vont avec. Ou aux travailleurs pauvres, que le travail ne permet plus de sortir de la pauvreté.

Le RSA, que vous évoquiez, se divise en deux dispositifs : le RSA « de base », qui remplace le revenu minimum d’insertion (RMI) et fonctionne exactement de la même manière, et le RSA « chapeau », qui vise à apporter un petit complément de revenus aux ménages de travailleurs pauvres. Quel jugement portez-vous sur ce dispositif ?
Je ne ferai pas une critique absolue du RSA. Etant donné la situation actuelle du marché du travail, il vaut mieux, sans doute, qu’il ait été créé, car il permettra à un certain nombre de gens qui en ont bien besoin de compléter leurs revenus du travail. Mais en même temps, il risque de renforcer le processus de précarisation du marché du travail. Il y aura désormais sur ce marché des individus « soldés », pour lesquels les employeurs se diront que, comme ces salariés touchent le RSA, ils peuvent bien leur proposer des contrats courts ou des emplois à temps très partiels, sans jamais chercher à améliorer la qualité de ces emplois.

Résultat, un certain nombre d’individus risquent de « s’installer », malgré eux, dans le RSA, ce qu’on reprochait à certains allocataires du RMI. Ces gens viendront grandir la masse d’individus situés en dessous du salariat, ce que j’ai appelé le « précariat ».

Le RSA marque aussi un durcissement des politiques « d’activation des dépenses », dans un contexte conjoncturel pourtant peu propice au retour à l’emploi. Selon les discours de Nicolas Sarkozy sur le sujet, les allocataires du RSA de base pourraient se voir retirer leur allocation s’ils refusaient deux fois une offre d’emploi, si médiocre soit-elle. Ainsi, la logique de « contrepartie » est largement renforcée par rapport au RMI. On exige donc de plus en plus de ceux qui ont le moins, ce qui peut sembler paradoxal. Il ne faut pas oublier le fait que les individus sont inégalement armés pour pouvoir entrer dans une telle logique de contrepartie.

Justement, l’un des objectifs du RSA est de combattre la pauvreté laborieuse, mais il vise aussi à inciter les allocataires du RSA de base à reprendre un emploi. Dans un contexte où le chômage explose, où il n’y a pas suffisamment d’emplois à proposer à tout le monde, le RSA n’est-il pas condamné à disparaître ?
Je ne le pense pas, car ce dispositif peut aussi être considéré par certains – dangereusement – comme un moyen de lutter contre le chômage.
Le capitalisme actuel n’est pas capable de créer une société de « plein emploi », avec un véritable statut de l’emploi. A défaut, certains envisagent l’avènement d’une société de « pleine activité », où chacun travaillerait pour ne pas être considéré comme un oisif, un parasite, mais à des conditions minimales de salaires et de droits. Le RSA peut être un moyen de parvenir à cette société de pleine activité et de sous-salariat, en multipliant les activités dégradées.
Alors qu’on parlait, il y a une dizaine d’années, de « la fin du travail » (du nom d’un ouvrage de l’économiste Jérémy Rifkin, sorti en 1995), il y a aujourd’hui une survalorisation, une apologie inconditionnelle de la valeur travail. Mais il faut bien souligner qu’il y a travail et travail. Le seul travail qui est défendable est celui qui donne un minimum de droits et un salaire décent.

Vous l’avez dit, le marché du travail s’est largement précarisé depuis les années 1970. Comment la protection sociale et les droits sociaux peuvent-ils s’adapter à cette évolution ?
Certaines des transformations sociales de ces trente dernières années sont à mon sens assez irréversibles. Il faut donc les prendre en compte. Mais si l’on est sensible à certaines valeurs de solidarité, il faut attacher de nouveaux droits à ces transformations. Cela suppose notamment un changement de modus operandi de l’Etat social. Jusque-là, les individus étaient protégés par leur appartenance à de grandes catégories homogènes de la population correspondant à leur statut professionnel, et l’Etat était garant de ces protections. Aujourd’hui, l’Etat devrait davantage prendre en compte la singularité des trajectoires et devenir ainsi un Etat « animateur », un « Etat social actif ».
Cela supposerait notamment une sécurisation des parcours professionnels, dont certains économistes et juristes (Bernard Gazier, Alain Supiot) mais aussi les syndicats (notamment la CGT, avec son idée de « Sécurité sociale professionnelle ») parlent depuis une dizaine années. Cette sécurisation des parcours implique que de nouvelles protections soient attachées à la personne des salariés, pour lutter contre la précarité, pour leur permettre d’être plus mobiles, mais dans la sécurité. Cependant, aujourd’hui, le rapport de force n’est malheureusement pas en faveur des salariés.

Seriez-vous favorable à l’instauration d’un revenu d’existence, revenu minimal qui serait versé à tous sans aucune contrepartie ?
Non, car ce dispositif serait très dangereux. A mes yeux, un revenu convenable pour vivre décemment est de l’ordre du Smic. Si un revenu d’existence était créé, il serait certainement bien moindre, et ne permettrait pas le minimum d’indépendance économique nécessaire aux individus. Le bénéficiaire de ce revenu devrait donc faire autre chose pour compléter ce revenu, et serait amené à accepter n’importe quel petit boulot pour arrondir ses fins d’allocation. Ce qui, là encore, serait un facteur supplémentaire de dégradation du marché du travail. L’alternative à cette dégradation, ce serait d’attacher de nouveaux droits et de nouvelles protections aux nouvelles situations de travail.

En quoi le RMI, devenu RSA de base, est-il différent ?
La philosophie du RMI était très différente de celle du revenu d’existence : il s’agissait de donner un coup de main aux gens pour qu’ils s’en sortent. Dès sa création en 1989, il prévoyait la signature d’un contrat d’insertion avec chaque allocataire, visant à mettre en place toutes les actions nécessaires à son insertion sociale et professionnelle. Cela devait permettre de sortir d’une pure logique d’assistance. Certes, cela n’a pas très bien fonctionné : à peine la moitié des allocataires du RMI signaient effectivement un contrat d’insertion, et lorsqu’il était signé, il ne donnait pas toujours autant de résultats que souhaité. Mais c’est aussi parce qu’on ne s’est pas assez mobilisé autour de cette préoccupation d’insertion. Les entreprises, notamment, étaient très peu présentes dans les contrats d’insertion, alors que ce sont les premières actrices de l’insertion sur le marché du travail.

Le travail social a-t-il été à la hauteur dans cette lutte contre la pauvreté et l’exclusion ?
Les travailleurs sociaux exercent un métier très difficile. Le plus souvent, ils font ce qu’ils peuvent pour améliorer la situation des gens, mais sont pris dans un système de contraintes avec lequel ils doivent composer. On ne peut pas leur faire porter le chapeau de ce qui ne fonctionne pas sur le marché du travail. Aujourd’hui, dans les entreprises d’insertion et autres structures d’insertion par l’activité économique, par exemple, on parvient souvent à qualifier les personnes, à les former, à les remettre à niveau. Mais si à la sortie il n’y a pas de travail à leur proposer, c’est presque comme si on n’avait rien fait.

Vous critiquez la notion d’exclusion. Pour quelles raisons ?
Par paresse, on a tendance à recentrer la question sociale sur cette notion d’exclusion. J’estime que c’est une erreur, car c’est une notion statique, un mot-valise dans lequel on cristallise toute la misère du monde, mais qui n’explique rien sur les processus qui mènent à ces situations. Derrière cette notion, il y a l’idée qu’un sans-domicile fixe, un chômeur ou un jeune de banlieue est « exclu ». Cela nie complètement la différence entre ces situations et occulte la nécessité de chercher et de combattre les causes qui ont amené ces personnes-là où elles sont aujourd’hui.
Il est préférable à mon sens de parler de « désaffiliation » plutôt que d’exclusion. Ce concept est en effet plus dynamique et invite à tenter de comprendre comment se fait le processus de décrochage, qui passe par plusieurs stades successifs. Car on ne décroche pas du jour au lendemain et tous ne décrochent pas de la même chose. La trajectoire du jeune de banlieue discriminé sur une base ethnique n’est pas celle du chômeur de longue durée, ni celle du jeune très diplômé qui recherche un emploi, etc. Et leur avenir sera aussi très variable.

Propos recueillis par Camille Dorival

Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).