Section de Gréasque
Section de Gréasque

La démolition en marche de nos acquis sociaux

Il y a soixante-six ans, les résistants avaient inventé une société plus juste. Aujourd’hui, elle est en pièces.

Les jours heureux. Merveilleux titre qui claque comme une insolente promesse d’espoir dans la nuit noire de 1944. Il fallait un sacré culot aux chefs de la Résistance, des gaullistes aux communistes, réunis clandestinement le 15 mars de cette année, pour adopter à l’unanimité le programme du Conseil national de la Résistance (son titre faisait référence à un film et une pièce de théâtre à succès). Non content de préparer la libération de la France, celui-ci posait déjà les bases d’une «véritable démocratie économique et sociale» : la Sécu, les retraites par répartition, les droits des travailleurs dans l’entreprise, les services publics… toutes ces réformes engagées à la Libération en sont issues.

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Le taux de chômage en France passe à 10,1 %, selon l’OCDE

Le taux de chômage a atteint 10,1 % en France au premier trimestre selon des données publiées mardi 11 mai par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Ce chiffre est en légère hausse comparé au dernier trimestre 2009 (+0,2 point). Le chômage est resté globalement stable à un niveau très élevé (8,7 %) dans toute la zone OCDE.

S’il est resté stable en mars sur un mois, le taux de chômage français a augmenté d’un point sur un an, comparé au mois de mars 2009, au vu des statistiques harmonisées de l’organisation, qui regroupe trente pays. L’Insee publiera début juin le taux de chômage en France au premier trimestre, calculé selon les critères du Bureau international du travail.

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L’ère technologique ou la fin du politique.

On se souvient des souffrances que portait l’âge industriel : la dureté de l’usine, le harassement des gueules noires, l’angoisse déjà à l’apparition des premiers chemins de fer mais aussi l’enthousiasme devant ce monde nouveau que célébraient Cendras et les futuristes, relayé par l’idéologie du Progrès et revendiquée par le Socialisme.

On n’a sans doute pas mesuré combien l’entrée dans l’Ère technologique nous coupait de ce modèle ancien, que, par exemple, la politique, ne pouvait plus être ce qu’elle était depuis le Siècle des Lumières. Et pourtant nous ne possédons aucun autre modèle identifiable d’un système politique. Voici ce qui devrait pourtant être le centre des préoccupations de nos philosophes et sur lesquelles devraient réfléchir ceux qui nous gouvernent. (suite…)

Saisonnier, un contrat d’avant-garde !

Lorsqu’un travailleur signe un contrat de type saisonnier, il signe en réalité un contrat d’avant-garde dans une société de plus en plus rétrograde. Un contrat d’avant-garde puisqu’il a toujours été synonyme de flexibilité, précarité et qu’il exige du travailleur adaptation, mobilité et abnégation.

L’ère de l’éloge du travail passe pour les 2 millions de saisonniers et autres CDD par la précarisation à outrance et l’émiettement du travail. Pourtant notre modèle de contrat (l’autre étant soit disant atypique) est basé sur le CDI à plein temps…mais avec un contrat précaire pas question de faire un prêt, de demander un logement, les difficultés s’accumulent et fragilisent ces travailleurs prêt à de gros sacrifices pour travailler en saison. Les travailleurs saisonniers repartis dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de l’industrie, de la santé, sont confrontés aux mêmes difficultés de reconnaissance, de connaissance de leur droit et du respect de ceux-ci (peu de saisonniers syndiqués, peu d’inspecteur du travail, de suivi médical….). Ils rencontrent des difficultés de logement et de santé. (suite…)

Grève des salariés d’Ikéa : un conflit symptomatique du blocage des salaires en France

Les principaux syndicats d’IKEA (CGT, FO et CFDT) appellent les 9.000 salariés de l’enseigne à une nouvelle grève “massive” ce samedi pour exiger une hausse salariale pour tous. Les syndicats ont appelé à cesser le travail dès jeudi soir après une réunion avec la direction qui n’a pas permis d’aboutir à un accord. Les syndicats demandent 4% de hausse des salaires pour tous alors que la direction leur a proposé, lors des discussions dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire, 2% d’évolution de la masse salariale, dont 1% d’augmentation collective, le reste en fonction du mérite.

Ce conflit est symptomatique du blocage qui existe en France en matière de négociation sur la hausse des salaires. Or, relancer la hausse des salaires est un enjeu majeur pour le pouvoir d’achat, pour la justice sociale et pour la relance.

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Appel contre le projet Darcos de mise à mort de la médecine du travail

À l’heure de la sous déclaration massive des accidents du travail, de l’augmentation des maladies professionnelles et des suicides au travail (comme cela a été révélé à France Télécom) à l’heure de la hausse des accidents cardiaques et vasculaires liés au stress et à la souffrance au travail, à l’heure où dérivent les méthodes de management et leurs exigences dévorantes de productivité, faut-il affaiblir ou renforcer la médecine du travail ?

Après plus de vingt ans de dégradation continue de la santé au travail, nul ne nie qu’il y ait besoin d’une grande réforme pour la reconstruire. Mais les salariés, les syndicats, les professionnels des questions de santé au travail sont terriblement inquiétés par les orientations de la « réforme » annoncée de M. Darcos.

C’est un projet qui va dans le sens de celui du Medef auquel, pourtant, tous les syndicats de salariés se sont opposés unanimement en 2009. Il propose carrément de violer le cadre de responsabilité du médecin du travail pour qu’il serve de bouclier protecteur à celui des employeurs. Il est en contradiction de manière rédhibitoire avec les principes du Code de Déontologie médicale inscrits dans la Loi. Il projette d’organiser les prochains services de santé au travail (SST) en donnant total pouvoir au patronat : seront juges et parties ceux-là mêmes qui créent les risques.

Plus que jamais les médecins du travail et les autres acteurs des SST seront cantonnés dans des activités éloignées de la défense de la santé des travailleurs. Il s’agit de la mort de toute réelle prévention en santé au travail. Il s’agit de « démédicaliser » la seule spécialité dont l’objet est le lien entre la santé et le travail. Il s’agit de prendre prétexte de la pénurie (réversible) de médecins du travail en les remplaçant par des infirmiers alors que ceux-ci ne peuvent pas se substituer aux médecins et qu’ils n’ont pas de statut protégé. Il s’agit de transférer ces missions aux directeurs des services interentreprises de santé au travail (SST) c’est-à-dire aux Conseils d’Administration composés majoritairement d’employeurs (2/3). Il s’agit de déposséder les « commissions de contrôle » de leurs prérogatives notamment en ce qui concerne le droit d’opposition à la mutation ou au licenciement des médecins du travail, alors qu’au contraire ce droit d’opposition devrait être étendu pour que tout « Intervenant en Prévention des Risques Professionnels » bénéficie d’un statut de « salarié protégé ».

Comment une « prévention » peut-elle exister, sans entretien clinique régulier avec les salariés, en espaçant les visites tous les 3 ans ? L’aptitude et l’inaptitude seraient définies du point de vue patronal : actuellement ces notions n’ont pas de définition légale, le médecin du travail les apprécie au cas par cas selon les risques pour la santé liés au poste de travail. Une nouvelle définition écrite dépendrait exclusivement de la capacité du salarié à effectuer la totalité des tâches prescrites : elle aurait une « simplicité » radicale, binaire (apte ou inapte) et reviendrait à supprimer toute notion d’aménagement de poste et d’adaptation des tâches à l’homme.

Le Medef voulait aussi que le médecin-conseil puisse déclencher une procédure obligatoire de retour au travail pendant l’arrêt de travail. L’employeur serait libéré de ses obligations de reclassement dès la visite de reprise. Après cette visite unique, et dans un délai de 21 jours, le salarié déclaré inapte pourrait être licencié. Les voies de recours, aujourd’hui possibles auprès de l’inspection du travail, seraient renvoyées à des dispositions non précisées. Le projet de X. Darcos reprend les mêmes intentions, très dangereuses pour les salariés victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Au contraire de tout cela, une véritable prévention en santé au travail est nécessaire et possible.

L’indépendance professionnelle exige que les préventeurs soient à l’abri des pressions de ceux qui les paient. Avec le mode de production en flux tendu et la recherche effrénée de gain de productivité, les conditions de travail se dégradent partout, tous les secteurs sont « à risques », bureaux comme ateliers. Une authentique médecine de prévention, en adéquation avec les constats sur le terrain, peut tirer sa grande pertinence de l’entretien clinique régulier des salariés avec le médecin du travail. Il faut que la médecine du travail authentique et spécifique soit un véritable service public indépendant, avec les moyens nécessaires, la formation, les effectifs, et la prévention apparaîtra redoutablement efficace, progressive et finalement « économique » dans l’intérêt des salariés.

Que tous les acteurs de progrès refusent ensemble le projet Darcos de mise à mort de la médecine du travail POUR une authentique médecine du travail, indépendante, dans l’intérêt exclusif de la santé des salariés !

Signez cet appel sur le site non-mort-medecine-travail.net/

Patrons voyous quasiment graciés pour cause de… crise !

De 575 millions d’euros, l’amende record infligée au “Cartel de la sidérurgie” par l’Autorité de la Concurrence a lamentablement fondu à 72 millions. La Cour d’appel de Paris a en effet estimé qu’il ne fallait pas stigmatiser les entreprises délinquantes… en période crise… Pince-moi je rêve. Aïeuuu…

S’il est un concept fondamental de notre culture économique libérale, c’est bien celui de la concurrence libre et non faussée. A tel point que feu le TCE l’avait élevé au rang d’objectif principal de l’Union Européenne, devant même les Droits de l’Homme. “C’est pas rien“, comme dirait l’autre. En France, c’est l’Autorité de la concurrence qui veille au respect de ce principe absolu, “pour la sauvegarde de l’ordre public économique“.

Fin 2008, ce gendarme de l’économie avait condamné onze entreprises de la sidérurgie à verser 575 millions d’euros pour s’être entendues sur les prix. Une amende “record”, que l’Autorité qualifiait toutefois de “minimum” au regard des infractions constatées. Si elle avait appliqué les barèmes de la Commission européenne, la douloureuse aurait atteint 1,5 milliard d’euros. Ce cartel a fonctionné pendant au moins cinq ans, de 1999 à 2004, faisant perdre entre 360 et 720 millions d’euros à ses pigeons (en premier lieu : les collectivités locales et les consommateurs, donc… nous, dans les deux cas).  (suite…)