Section de Gréasque
Section de Gréasque

Que faire pour les « fins de droits » ?

Un million de chômeurs devraient se retrouver en fin de droits en 2010, selon les estimations de >Pôle emploi. Soit une augmentation de 25 % par rapport aux années précédentes. Parmi eux, 600 000 n’auront droit ni à l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ni au RSA « socle » (ex-RMI). Soit parce qu’ils ne rempliront pas les conditions d’activité antérieure nécessaires pour accéder à l’ASS, soit parce qu’ils vivent dans un ménage dont les revenus sont supérieurs au plafond de ressources admis pour ces deux minima sociaux. Dans le deuxième cas, ils ne seront donc pas totalement dépourvus de ressources, mais les revenus de leur ménage seront parfois considérablement réduits.

Alors que la sortie de crise se fait toujours attendre, que faire pour ces personnes qui risquent de se retrouver durablement sans emploi ou alternativement au chômage et dans des petits boulots ? Plusieurs pistes ont été évoquées : prolonger, de manière exceptionnelle, les durées d’indemnisation prévues dans l’actuelle convention Unedic ; assouplir les règles d’attribution de l’ASS ; reconduire le dispositif de l’allocation équivalent retraite (AER) supprimé depuis le 1er janvier 2010 [1] .

(suite…)

“Il faut inventer de nouvelles protections sociales”

Les transformations de la société sont à l’origine de nouvelles formes de pauvreté, qui doivent à leur tour s’accompagner de nouveaux droits. Entretien avec Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Extrait de La lettre de l’insertion par l’activité économique.

La France compte aujourd’hui plus de sept millions de personnes pauvres, selon les critères européens de pauvreté. Soit 13 % de la population. Quel regard portez-vous sur une société aussi riche que la nôtre qui conserve un tel taux de pauvreté ?
La coexistence de la richesse et de la pauvreté dans une même société est effectivement paradoxale, mais ce n’est pahttp://greasque.parti-socialiste.fr/wp-admin/post-new.php#s un mystère. Cela signifie que le régime économique sous lequel nous vivons ne fonctionne pas pour le bien de tous. Il y a des gagnants, mais il y a aussi des perdants au jeu de la concurrence. Cependant, se contenter de constater l’existence des pauvres est un peu court. La notion de pauvreté recouvre des réalités très diverses. Il y a les anciens pauvres du « quart monde » ; vers le milieu des années 1980, on a commencé à parler des « nouveaux pauvres », dont la situation est liée au développement du chômage de masse ; et depuis une dizaine d’années, on redécouvre les « travailleurs pauvres ». Ce qu’il faut analyser en fait, ce sont les dynamiques économiques et sociales qui expliquent la persistance de certaines formes de pauvreté et, surtout, l’apparition de nouvelles formes de pauvreté, telles celles qui sont produites par le chômage et par l’accroissement de la précarité des relations de travail.

Dans “La montée des incertitudes” (Seuil, 2009), vous soutenez l’idée que certains de nos concitoyens ne sont pas reconnus et traités comme des individus à part entière. Qu’entendez-vous par là ?
Depuis la fin du XIXe siècle, il s’était constitué un socle de ressources matérielles et de droits en matière de travail et de protection sociale : le droit à être soigné quand on est malade, le droit à la retraite quand on n’est plus en âge de travailler, le droit à un salaire décent, etc. C’est ce qu’on a appelé la « propriété sociale », qui est la base de l’indépendance sociale de l’individu.

Depuis une trentaine d’années, on observe d’importantes transformations sociales telles que la précarisation du marché du travail et l’affaiblissement des systèmes de protection. Certains y ont beaucoup gagné : ce sont les « individus par excès », ceux qui regorgent de ressources, de narcissisme, de pouvoir. D’autres, au contraire, y ont beaucoup perdu et n’ont plus accès à certaines dimensions de la propriété sociale. Ce sont ce que j’appelle les « individus par défaut », ceux auxquels il manque la possibilité réelle d’être des individus. Ils sont renvoyés à des formes inférieures de protections, délivrées sous condition de ressources, comme les minima sociaux, et n’ont pas accès aux supports nécessaires pour les aider à s’en sortir.

Je pense, par exemple, aux jeunes de banlieues défavorisées, qui galèrent à la recherche d’un premier emploi. Les actions de la politique de la ville sont largement insuffisantes pour les aider réellement à s’en sortir. Je pense aussi aux demandeurs d’emploi de longue durée, qui doivent souvent se contenter du revenu de solidarité active (RSA) de base (ex-revenu minimum d’insertion) pour vivre et qu’on risque de laisser tomber sous prétexte qu’ils seraient « non reclassables » sur le marché du travail. Mais également à tous ces salariés précaires à qui il n’est jamais offert un emploi stable et les droits sociaux qui vont avec. Ou aux travailleurs pauvres, que le travail ne permet plus de sortir de la pauvreté.

Le RSA, que vous évoquiez, se divise en deux dispositifs : le RSA « de base », qui remplace le revenu minimum d’insertion (RMI) et fonctionne exactement de la même manière, et le RSA « chapeau », qui vise à apporter un petit complément de revenus aux ménages de travailleurs pauvres. Quel jugement portez-vous sur ce dispositif ?
Je ne ferai pas une critique absolue du RSA. Etant donné la situation actuelle du marché du travail, il vaut mieux, sans doute, qu’il ait été créé, car il permettra à un certain nombre de gens qui en ont bien besoin de compléter leurs revenus du travail. Mais en même temps, il risque de renforcer le processus de précarisation du marché du travail. Il y aura désormais sur ce marché des individus « soldés », pour lesquels les employeurs se diront que, comme ces salariés touchent le RSA, ils peuvent bien leur proposer des contrats courts ou des emplois à temps très partiels, sans jamais chercher à améliorer la qualité de ces emplois.

Résultat, un certain nombre d’individus risquent de « s’installer », malgré eux, dans le RSA, ce qu’on reprochait à certains allocataires du RMI. Ces gens viendront grandir la masse d’individus situés en dessous du salariat, ce que j’ai appelé le « précariat ».

Le RSA marque aussi un durcissement des politiques « d’activation des dépenses », dans un contexte conjoncturel pourtant peu propice au retour à l’emploi. Selon les discours de Nicolas Sarkozy sur le sujet, les allocataires du RSA de base pourraient se voir retirer leur allocation s’ils refusaient deux fois une offre d’emploi, si médiocre soit-elle. Ainsi, la logique de « contrepartie » est largement renforcée par rapport au RMI. On exige donc de plus en plus de ceux qui ont le moins, ce qui peut sembler paradoxal. Il ne faut pas oublier le fait que les individus sont inégalement armés pour pouvoir entrer dans une telle logique de contrepartie.

Justement, l’un des objectifs du RSA est de combattre la pauvreté laborieuse, mais il vise aussi à inciter les allocataires du RSA de base à reprendre un emploi. Dans un contexte où le chômage explose, où il n’y a pas suffisamment d’emplois à proposer à tout le monde, le RSA n’est-il pas condamné à disparaître ?
Je ne le pense pas, car ce dispositif peut aussi être considéré par certains – dangereusement – comme un moyen de lutter contre le chômage.
Le capitalisme actuel n’est pas capable de créer une société de « plein emploi », avec un véritable statut de l’emploi. A défaut, certains envisagent l’avènement d’une société de « pleine activité », où chacun travaillerait pour ne pas être considéré comme un oisif, un parasite, mais à des conditions minimales de salaires et de droits. Le RSA peut être un moyen de parvenir à cette société de pleine activité et de sous-salariat, en multipliant les activités dégradées.
Alors qu’on parlait, il y a une dizaine d’années, de « la fin du travail » (du nom d’un ouvrage de l’économiste Jérémy Rifkin, sorti en 1995), il y a aujourd’hui une survalorisation, une apologie inconditionnelle de la valeur travail. Mais il faut bien souligner qu’il y a travail et travail. Le seul travail qui est défendable est celui qui donne un minimum de droits et un salaire décent.

Vous l’avez dit, le marché du travail s’est largement précarisé depuis les années 1970. Comment la protection sociale et les droits sociaux peuvent-ils s’adapter à cette évolution ?
Certaines des transformations sociales de ces trente dernières années sont à mon sens assez irréversibles. Il faut donc les prendre en compte. Mais si l’on est sensible à certaines valeurs de solidarité, il faut attacher de nouveaux droits à ces transformations. Cela suppose notamment un changement de modus operandi de l’Etat social. Jusque-là, les individus étaient protégés par leur appartenance à de grandes catégories homogènes de la population correspondant à leur statut professionnel, et l’Etat était garant de ces protections. Aujourd’hui, l’Etat devrait davantage prendre en compte la singularité des trajectoires et devenir ainsi un Etat « animateur », un « Etat social actif ».
Cela supposerait notamment une sécurisation des parcours professionnels, dont certains économistes et juristes (Bernard Gazier, Alain Supiot) mais aussi les syndicats (notamment la CGT, avec son idée de « Sécurité sociale professionnelle ») parlent depuis une dizaine années. Cette sécurisation des parcours implique que de nouvelles protections soient attachées à la personne des salariés, pour lutter contre la précarité, pour leur permettre d’être plus mobiles, mais dans la sécurité. Cependant, aujourd’hui, le rapport de force n’est malheureusement pas en faveur des salariés.

Seriez-vous favorable à l’instauration d’un revenu d’existence, revenu minimal qui serait versé à tous sans aucune contrepartie ?
Non, car ce dispositif serait très dangereux. A mes yeux, un revenu convenable pour vivre décemment est de l’ordre du Smic. Si un revenu d’existence était créé, il serait certainement bien moindre, et ne permettrait pas le minimum d’indépendance économique nécessaire aux individus. Le bénéficiaire de ce revenu devrait donc faire autre chose pour compléter ce revenu, et serait amené à accepter n’importe quel petit boulot pour arrondir ses fins d’allocation. Ce qui, là encore, serait un facteur supplémentaire de dégradation du marché du travail. L’alternative à cette dégradation, ce serait d’attacher de nouveaux droits et de nouvelles protections aux nouvelles situations de travail.

En quoi le RMI, devenu RSA de base, est-il différent ?
La philosophie du RMI était très différente de celle du revenu d’existence : il s’agissait de donner un coup de main aux gens pour qu’ils s’en sortent. Dès sa création en 1989, il prévoyait la signature d’un contrat d’insertion avec chaque allocataire, visant à mettre en place toutes les actions nécessaires à son insertion sociale et professionnelle. Cela devait permettre de sortir d’une pure logique d’assistance. Certes, cela n’a pas très bien fonctionné : à peine la moitié des allocataires du RMI signaient effectivement un contrat d’insertion, et lorsqu’il était signé, il ne donnait pas toujours autant de résultats que souhaité. Mais c’est aussi parce qu’on ne s’est pas assez mobilisé autour de cette préoccupation d’insertion. Les entreprises, notamment, étaient très peu présentes dans les contrats d’insertion, alors que ce sont les premières actrices de l’insertion sur le marché du travail.

Le travail social a-t-il été à la hauteur dans cette lutte contre la pauvreté et l’exclusion ?
Les travailleurs sociaux exercent un métier très difficile. Le plus souvent, ils font ce qu’ils peuvent pour améliorer la situation des gens, mais sont pris dans un système de contraintes avec lequel ils doivent composer. On ne peut pas leur faire porter le chapeau de ce qui ne fonctionne pas sur le marché du travail. Aujourd’hui, dans les entreprises d’insertion et autres structures d’insertion par l’activité économique, par exemple, on parvient souvent à qualifier les personnes, à les former, à les remettre à niveau. Mais si à la sortie il n’y a pas de travail à leur proposer, c’est presque comme si on n’avait rien fait.

Vous critiquez la notion d’exclusion. Pour quelles raisons ?
Par paresse, on a tendance à recentrer la question sociale sur cette notion d’exclusion. J’estime que c’est une erreur, car c’est une notion statique, un mot-valise dans lequel on cristallise toute la misère du monde, mais qui n’explique rien sur les processus qui mènent à ces situations. Derrière cette notion, il y a l’idée qu’un sans-domicile fixe, un chômeur ou un jeune de banlieue est « exclu ». Cela nie complètement la différence entre ces situations et occulte la nécessité de chercher et de combattre les causes qui ont amené ces personnes-là où elles sont aujourd’hui.
Il est préférable à mon sens de parler de « désaffiliation » plutôt que d’exclusion. Ce concept est en effet plus dynamique et invite à tenter de comprendre comment se fait le processus de décrochage, qui passe par plusieurs stades successifs. Car on ne décroche pas du jour au lendemain et tous ne décrochent pas de la même chose. La trajectoire du jeune de banlieue discriminé sur une base ethnique n’est pas celle du chômeur de longue durée, ni celle du jeune très diplômé qui recherche un emploi, etc. Et leur avenir sera aussi très variable.

Propos recueillis par Camille Dorival

Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Patrons voyous quasiment graciés pour cause de… crise !

De 575 millions d’euros, l’amende record infligée au “Cartel de la sidérurgie” par l’Autorité de la Concurrence a lamentablement fondu à 72 millions. La Cour d’appel de Paris a en effet estimé qu’il ne fallait pas stigmatiser les entreprises délinquantes… en période crise… Pince-moi je rêve. Aïeuuu…

S’il est un concept fondamental de notre culture économique libérale, c’est bien celui de la concurrence libre et non faussée. A tel point que feu le TCE l’avait élevé au rang d’objectif principal de l’Union Européenne, devant même les Droits de l’Homme. “C’est pas rien“, comme dirait l’autre. En France, c’est l’Autorité de la concurrence qui veille au respect de ce principe absolu, “pour la sauvegarde de l’ordre public économique“.

Fin 2008, ce gendarme de l’économie avait condamné onze entreprises de la sidérurgie à verser 575 millions d’euros pour s’être entendues sur les prix. Une amende “record”, que l’Autorité qualifiait toutefois de “minimum” au regard des infractions constatées. Si elle avait appliqué les barèmes de la Commission européenne, la douloureuse aurait atteint 1,5 milliard d’euros. Ce cartel a fonctionné pendant au moins cinq ans, de 1999 à 2004, faisant perdre entre 360 et 720 millions d’euros à ses pigeons (en premier lieu : les collectivités locales et les consommateurs, donc… nous, dans les deux cas).  (suite…)

Les dangereux délires d’Ubu Besson

Eric Besson assiste à un débat sur l'identité nationale, 15 janvier 2010Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a proposé, le 15 janvier, de faire signer à tous les jeunes Français, à leur majorité, une “charte des droits et des devoirs“. L’idée, aussi aberrante qu’elle soit, ne fait que refléter les dérives xénophobes d’une partie de la droite européenne, en pleine crise économique.

Un peu d’imagination, voyons ! Le stade Charléty est politiquement trop connoté, depuis qu’en 1968 la gauche y a rêvé à des lendemains qui chantent. Pourquoi pas la place de la Concorde ou l’esplanade des Invalides? Les Françaises et les Français âgés de 18 ans, dûment authentifiés comme tels, y seraient alignés au cordeau face à une tribune où le président de la République, flanqué de son ministre de l’Immigration, leur remettrait en les priant de la signer une “charte des droits et devoirs du citoyen“. Pour éviter les couacs, un texte de La Marseillaise aurait été au préalable distribué à chaque participant. Vrai, une sorte de première communion civique.  (suite…)

Le monde judiciaire entre en résistance

Classé dans : 07 – Justice — greasque @ 6:44

 La “répudiation” tardive de Rachida Dati n’aura pas suffi à couper le feu sous la marmite du petit monde de la justice. L’exaspération n’est plus feutrée mais désormais affichée au grand jour.

Fait rarissime, l’audience solennelle de la Cour de cassation, le 14 janvier dernier, a été l’occasion pour des centaines de magistrats, avocats et fonctionnaires de clamer ouvertement leur ras-le bol. Appelé à jouer les pompiers de service dans une ambiance rappelant le congrès des maires de fin d’année dernière, François Fillon a été accueilli par un slogan des plus explicites : “Assis, debout, mais pas couchés, non à une justice aux ordres“.

Jean-Louis Nadal, procureur général auprès de la Cour de cassation soit, le plus haut représentant du ministère public en France, a sonné le tocsin en estimant que le statut du parquet doit être reconsidéré. La suppression programmée du juge d’instruction, dont les pouvoirs d’enquête doivent être transférés à des procureurs marqués par un lien de subordination avec la Chancellerie, constitue la goutte qui fait déborder le vase.

(suite…)

Les évaluations nationales du CM2 ont-elles un sens ?

Des enfants à l’école (Danilo Krstanovic/Reuters)

Les syndicats de profs dénoncent le test auquel sont soumis les élèves de CM2. Ils le jugent absurde et inefficace.
Jusqu’au 22 janvier, les 790 000 élèves de CM2 que dénombre la France vont plancher sur des évaluations nationales. Suite aux protestations suscitées l’an passé lors de leur mise en application, ces tests ont subi quelques modifications. Malgré un climat apaisé, de nombreuses voix persistent à dénoncer l’utilité de l’examen.

Premier point de discorde. Les enfants passent le test en plein milieu de leur année scolaire, six mois avant la fin du primaire.

Et malgré les changements apportés aux évaluations cette année, trois syndicats, le SNUipp-FSU, le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, ont envoyé, le 6 janvier, une lettre au ministre de l’Education Luc Chatel.

S’ils affirment soutenir la tenue d’une évaluation, ils réclament aussi comme de nombreux enseignants du primaire, une transformation de l’examen en profondeur.

Un test 6 mois avant la fin du primaire, est-ce efficace ?
Jean-Michel Blanquert, directeur général de l’enseignement scolaire, défend le choix du ministère :

« Nous n’avons pas trouvé meilleure date pour le moment : en janvier, les élèves ont eu le temps d’acquérir un grand nombre de connaissance. Et cela laisse le temps de réagir si l’on s’aperçoit qu’un élève est en difficulté. »

Pour un directeur d’école primaire située en ZEP, qui s’exprime anonymement (devoir de réserve oblige) l’argument n’a pas de poids :

« L’évaluation organisée jusqu’en 2005 à l’entrée en sixième, aujourd’hui supprimée, était plus judicieuse. Les professeurs pouvaient se servir des résultats pour ajuster leur programme dès le début de l’année scolaire. Il serait mieux d’organiser le test au début du CM1. »

D’après lui, le teste crée même un grand malaise parmi les enseignants de son école :

« Si l’on s’aperçoit au milieu de l’année que certains points n’ont pas été assimilés, cela signifie qu’il faudra les inclure au programme du second semestre, déjà bien chargé. A un moment, il faudra faire des choix… »

Le test désavantage certains élèves
Selon les trois syndicats et un grand nombre d’enseignants, les questions posées ne tiennent pas compte des différences de niveau existant entre les écoles. De quoi désavantager encore certains élèves.

Stéphanie Valmaggia, responsable du secteur premier degré au FSA-UNSA, témoigne :

« Les élèves sont interrogés sur les mêmes sujets, au même moment, partout en France. Il est cependant évident que les enseignements abordés depuis la rentrée n’auront pas été les mêmes dans une classe du centre-ville de Toulouse et dans une ZEP de Bobigny. »

L’évaluation a été améliorée depuis l’an dernier
Lors de la création de cette évaluation, les instituteurs avaient dénoncé bon nombre de défauts. Le gouvernement s’est efforcé de gommer certains d’entre eux.

Exit le système de notation binaire. Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp se souvient :

« L’année dernière, l’enfant devait répondre juste à 9 questions sur 10 pour obtenir la mention “connaissance acquise” à l’exercice. Les autres échouaient directement. […] Il n’y avait aucune différence faite entre un élève qui avait eu 0/10 ou 8/10 à l’examen, alors que l’évaluation aurait pu mettre en évidence des niveaux très disparates. »

Des enfants interrogés sur des points pas encore abordés
« Le niveau a été réajusté », affirme, côté ministère, Jean-Michel Blanquert. L’an passé, l’évaluation avait été estimée trop difficile par rapport aux compétences moyennes des élèves de CM2.

« Les enfants devaient analyser un texte très complexe, accompagné de questions de compréhension que beaucoup n’ont pas compris », dénonce Stéphanie Valmaggia. « Certains professeurs en sixième ont affirmé que leurs élèves n’auraient même pas pu y répondre. »

L’exercice n’a pas été forcément bien vécu par les élèves. Une enseignante normande qui a fait passer l’examen l’an passé confirme :

« Comme l’évaluation les interrogeait sur des points qui n’avaient pas encore été abordés en classe, les élèves ont pris peur, persuadés de ne pas être à la hauteur »

Face à ces inquiétudes, le directeur général de l’enseignement scolaire est ferme : « Les questions ne portent que sur des thèmes devant être abordés avant janvier. »

Mais selon les enseignants que nous avons contactés, il est encore trop tôt pour juger de cet effort annoncé.

« Une évaluation en parfaite cohérence avec les réformes du gouvernement »
Jean-Michel Blanquert ne s’en cache pas :

« L’évaluation a été mise en place un semestre après la création de l’aide personnalisée, qui a fait son apparition au début de l’année scolaire 2009. Les évaluations peuvent détecter les élèves qui rencontrent des problèmes. Ceux-ci bénéficient par la suite d’un suivi individuel et des stages intensifs gratuits pendant le printemps et l’été. »

Pour le directeur d’école située en ZEP, cela sonne le glas de l’évaluation :

« L’aide personnalisée est un échec : elle est organisée la plupart du temps le soir, les enfants sont fatigués. Ces deux heures hebdomadaires ne sont absolument pas productives. Nous avons l’impression que ces tests ne servent qu’à vanter les réformes du gouvernement, sans pour autant avoir un quelquonque intérêt pour les enfants. »


Désaccord sur les résultats : sont-ils exploitables ?

En raison de l’opposition de certains enseignants en 2009, la question de la véracité des résultats publiés par le gouvernement se pose : de nombreux professeurs avaient refusé de faire passer les tests ou ne les ont pas transmis au gouvernement. « Comme les questions n’abordaient pas toujours des sujets vus en classe, nous avons décidé de ne pas utiliser les résultats », confirme l’enseignante normande.

Si le gouvernement avance que 70 % des évaluations ont été exploitables, le FSE-UNSA affirme pour sa part que seules 30 % d’entre elles ont été renvoyées au ministère. Si les évaluations semblent plus adaptées cette année, les instituteurs attendent la fin de la semaine pour se prononcer.

mobilité professionnelle …

Après la “rupture conventionnelle”, le MEDEF souhaite : La “mobilité professionnelle” sans retour !
Au MEDEF, à défaut d’avoir des idées pour embaucher, on n’en manque pas pour alléger les effectifs !

Le patronat a déjà obtenu la fameuse rupture conventionnelle, qui permet à un employeur et un salarié de se séparer d’un commun accord. Rupture décrite sur le site du Ministère du travail

“Dans les conditions fixées par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, issus de la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 « portant modernisation du marché du travail » (JO du 26 juin), l’employeur et le salarié peuvent convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie. »

Ségolène Royal : 16 790 440

C’est le nombre de Français qui ont glissé dans l’urne un bulletin Ségolène Royal le dimanche 6 mai 2007, au second tour de la présidentielle. Bien loin des 18 983 138 voix de Nicolas Sarkozy. Cela faisait douze ans que le représentant de la gauche ne s’était pas qualifié au second tour de l’élection structurante de la vie politique après le cinglant échec de Lionel Jospin en 2002. De cette défaite, ou plutôt cette «non-victoire», que Ségolène Royal a du mal à admettre (ne disait-elle pas au soir de ce dimanche qu’elle emmènerait ses électeurs vers «d’autres victoires» ?), elle a fait un bouclier contre les attaques de ses amis et une machine à devenir incontournable. En 2004, en prenant la région Poitou-Charentes à la droite, la «Zapatera» se construisait une image de battante. Les primaires socialistes de 2006 n’ont été qu’une formalité. Ses «débats participatifs», ses slogans parfois à l’emporte-pièce, ses approximations, ses néologismes (la «bravitude») n’empêchent pas une popularité importante. Sa manière de faire de la politique plaît à ses supporteurs (ses fans, disent certains) qui voient en «la dame en blanc» un recours. Mais, ces derniers mois, elle a perdu de ses soutiens dans l’opinion : selon un sondage publié en cette fin d’année, les trois quarts des Français jugent qu’elle est un handicap pour le PS.

Pascal Virot « liberation.fr »

SDF contre grippe A : choisis ton camp, camarade !

Le pataquès au sujet de la grippe A semble à nouveau s’essouffler, couvert par les trompettes mercantiles des fêtes de Noël.

Une expression entendue à la radio l’autre jour est passée inaperçue. “Un premier pic a été atteint”. Ben oui, faut pas le clamer trop fort, mais l’épidémie est désormais sur la pente descendante, même si paraît-il ça pourrait reprendre.

On peut tout de même hasarder un premier bilan : selon le site officiel, on comptait au 21 décembre 168 morts, et 4 347 125 personnes vaccinées, bien motivées par la propagande de la pire espèce complaisamment répandue et qui insinuait que le virus était en train de muter et avait une tendance sympathique à bouffer les poumons… SuperNonotte, convaincue dans un premier temps de s’abstenir par un pédiatre et un généraliste, a failli céder à la panique et emmener les gamins à la piquouze.

Il y a 15 jours, donc en pleine hystérie, j’ai amené mon gamin chez le généraliste pour un autre bobo, et je m’attendais à trouver une salle d’attente bondée et tout le monde affublé de masques… Rien de tout ça, les deux pelés et les trois tondus habituels… Le médecin m’a dit que depuis le début, il n’avait vu que 8 cas de grippe, bénins, sans savoir si c’était la “A” ou l’autre, celle dont tout le monde se cogne. Il faut dire que le test qui permet de les différencier coûte 250 euros, et que donc personne ne l’utilise…  8 cas pour un généraliste dans un village de 2000 habitants qui en compte deux, pas de quoi en faire un fromage. D’ailleurs, 168 morts, cela peut paraître beaucoup. Surtout quand on
va filmer les familles éplorées pour avoir de belles images au 20 heures, alors qu’on se contente de donner les chiffres bruts des millions de morts du paludisme, du Sida ou de la famine, selon un ignoble procédé de propagande dont les médias sont friands…

La grippe “ordinaire”, dont personne ne parle jamais, fait entre 3000 et 7000 morts tous les ans. Et tout le monde s’en fout. Il va bien falloir reconnaître que, comme la vache folle, le bug de l’an 2000 et la grippe aviaire, nous avons été victimes d’un nouvel épisode de peur médiatique savamment orchestrée dont les buts principaux sont de faire
vendre des journaux, faire prospérer l’industrie pharmaceutique, détourner l’opinion des vrais problèmes et faire croire que le gouvernement s’occupe de vous (alors que son seul but est de favoriser les riches et les puissants, en installant méthodiquement et de manière irréversible le libéralisme).

Malgré cette peur artificiellement créée Rozelybe Bachelot n’a toujours pas réussi à écouler 5% de ses 94 millions de vaccins ! 1 sur 20 ! Que va-t-elle faire du reste 338 SDF sont morts depuis le début de l’année, et qu’ils étaient même 399 en 2008.

Aussi incroyable que cela puisse paraître au consommateur ordinaire de médias, il faut se rendre à cette évidence :

il y a donc 2 fois plus de morts dans la rue que de la grippe A.
Pourtant, dans le cas des SDF, nul besoin d’acheter des millions de vaccins : le remède est simple ! Il suffit de construire suffisamment de logements (ce qui accessoirement crée des emplois socialement utiles) et de donner à tout le monde les moyens d’y habiter.

Aux ricaneurs endoctrinés qui prétendraient que ce n’est pas possible, il suffit de voir comment en Espagne des millions de logements sont sortis de terre en quelques années, dans un pur but de spéculation financière… Ils sont pour la plupart toujours vides.

Il y aurait 100 000 SDF en France… Avec le cadeau de 4 milliards d’euros annuels faits aux restaurateurs, il y aurait de quoi donner 30 000 euros à chaque SDF ! Résoudre le problème du logement en France semble donc davantage une question de volonté que de moyens…

Toujours à propos de propagande, notons avec quel cynisme TF1 et les autres instillent dans l’esprit des gens que les SDF qui meurent dans la rue sont ceux qui le veulent bien, car il refusent les hébergements d’urgence… C’est ce qu’un de mes voisins a osé m’affirmer l’autre jour, lorsque nous devisions sur les -14 degrés ambiants. Il est évident que
le SDF est maso, que si on lui donnait un logement décent et les moyens de le louer, il refuserait encore…

Encore plus instructif, le camarade Dagrouik rappelle dans un récent billet qu’il y a tout juste 3 ans, lors de la campagne présidentielle, Sarkozy promettait, avec l’enflure verbale qui le caractérise, de régler le problème dans les 2 ans… Que de la gueule, comme d’habitude. Extrait, cruel mais réaliste : “Je veux si je suis élu président de la
République que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Le droit à l’hébergement, c’est une obligation humaine. Si on n’est plus choqué quand quelqu’un n’a plus un toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s’en trouvera remis en cause
”.

En attendant, tous les bourgeois qui marchent dans les rues piétonnes de Metz, les bras chargés d’onéreux cadeaux inutiles, manquent de buter tous les 50 mètres sur un SDF la main tendue…

beaucoup de bruit pour pas grand chose…


Julien Dray, le député PS de l’Essonne, ne devrait pas être cité devant le tribunal correctionnel, selon un rapport adressé par le procureur de Paris mardi 15 décembre au parquet général, rapporte lemonde.fr. Il pourrait faire l’objet d’un simple rappel à la loi, de même que le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo.

L’enquête préliminaire impliquant Julien Dray portait sur des mouvements de fonds suspects entre 2006 et 2008 en sa faveur, pour un montant de 351.027 euros, et provenant d’associations dont le député est proche, notamment les Parrains de SOS Racisme et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme, et cinq autres dirigeants de l’association avaient été placés en garde à vue en juin dans le cadre de l’enquête.

Le parquet de Paris écrit dans son rapport:

Aucun élément objectif de l’enquête, ni aucune déclaration, ne permet d’apporter la preuve, avec suffisamment de certitude, qu’il connaissait l’origine véritable des fonds (…), encore moins qu’il soit intervenu dans la mise en place du système.

Les remboursements intervenus, l’absence de plainte de la part des associations concernées qui n’estiment pas avoir subi de préjudice, la relative modicité des sommes en jeu, conduisent à considérer que la saisine du tribunal correctionnel par voie de citation directe n’apparaît pas nécessaire pour réparer le trouble public susceptible d’avoir été causé par les agissements des protagonistes de cette affaire. La voie alternative aux poursuites du rappel à la loi semble être suffisante

Pour Huchon, Julien Dray “pourrait reprendre la tête de liste PS dans l’Essonne”
Julien Dray pourrait réintégrer les listes socialistes pour les régionales en Ile-de-France. Selon Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région et candidat à sa succession, Julien Dray pourrait, “s’il le souhaite, reprendre la tête de liste dans l’Essonne” si M. Dray n’est effectivement pas renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Le 24 novembre, le conseil fédéral du Parti socialiste l’avait écarté “dans la douleur” des listes socialistes pour les élections régionales en Ile-de-France. mais lors de la Convention nationale du 12 décembre, à Tours, lors de la ratification des listes, il avait été précisé qu’un codille était apposé à la liste socialiste pour l’île de France afin de ménager une place à Julien Dray si celui-ci se sortait de ses tracas judiciaire. Cela semble bien être le cas !

Jean-Paul Huchon qui a jugé “bizarre” que la presse ait eu la primeur de cette information s’est néanmoins réjoui : “Si ces informations étaient avérées, ce serait une bonne nouvelle pour Julien, une bonne nouvelle pour moi et une bonne nouvelle pour les socialistes.” “J’ai eu Julien au téléphone et je pense qu’il aura à cœur de reprendre la campagne, tout a été préparé pour son retour“, a précisé le président de la région.

Pour l’ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, interrogé par Public Sénat, “il vaudrait mieux que Julien Dray reprenne toute sa place dans la vie politique (…) et la tête de liste dans l’Essonne” dès que les informations divulguées par Le Monde seront confirmées. Si tel était le cas, “ce serait une leçon pour tous ceux qui ont blessé la présomption d’innocence“, a averti M. Hollande, qui s’adressait “d’abord à la presse“, mais aussi “au monde politique” et à ses “propres camarades“.

M. Dray avait été écarté de la tête de liste dans l’Essonne au profit de Carlos Da Silva, premier secrétaire fédéral de l’Essonne. Ce dernier avait promis de se retirer si M. Dray était finalement “en situation de ne pas dépendre du calendrier judiciaire“.