Section de Gréasque
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au sujet de la réforme des retraites

 La durée de cotisations nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein, qui est actuellement de 41,5 ans pour les personnes nées en 1955 et 1956, pourrait passer à 43 voire 44 ans. De fait, l’âge de départ devrait être repoussé à 63 ou 65 ans.

Après la  réforme du congé parental et plus largement celle des allocations familiales – le Gouvernement Ayrault s’attaque désormais à celle des retraites.

Comme l’a annoncé Marisol Touraine, la Ministre en charge des affaires sociales et de la santé… personne ne sera épargné par les mesures destinées à résorber le déficit des régimes des retraites.

Le rapport Moreau, qui servira de boîte à outils pour Matignon, a été rendu public vendredi 14 juin 2013. Il évalue les besoins à court terme (2020) des régimes de retraite et estime que la situation à l’horizon 2035 reste préoccupante.

Un calendrier de la réforme des retraites a également été publié par le Gouvernement. Celui-ci prévoit qu’une table ronde engagera la concertation avec les partenaires sociaux les 20 et 21 juin 2013. Cette concertation devrait se poursuivre jusqu’à mi-septembre.

Un projet de loi devrait voir le jour d’ici l’automne 2013 et être débattu au Parlement.

In fine, la loi réformant les retraites sera votée avant noël.

  • L’allongement de la durée de cotisations

Actuellement,  les salariés nés à partir de 1956 doivent justifier d’une durée d’assurance de 166 trimestres (ce qui équivaut à 41,5 ans de cotisation).

Le rapport Moreau propose au Gouvernement 2 solutions :

– faire passer la durée de cotisation au régime de retraite à 43 ans pour la génération 1962, puis à 44 ans pour les personnes nées en 1966, à raison de l’ajout d’un trimestre par génération ;

– ou opter pour une version moins rapide à un passage à 44 ans de cotisations, en allongeant la durée de cotisation d’un trimestre toute les 2 générations, pour aboutir par exemple à 42,25 ans pour les générations nées entre 1961 et 1962.

Si le Gouvernement choisit la première hypothèse, cela rapporterait 600 millions d’euros aux caisses de retraites à l’horizon 2020, alors que la seconde leur procurerait 3 fois moins.

Par ailleurs, les membres de la Commission estiment que les mesures de durée constituent la réponse la plus pertinente pour adapter le système de retraites à l’allongement de l’espérance de vie.

Le nombre d’année de cotisations permettant un départ à la retraite à taux plein pourrait donc passer de 41,5 à 44.

Bien qu’il ne soit pas prévu un recul de l’âge de départ à la retraite à proprement dit, cette mesure aurait bien pour conséquence indirecte de retarder le départ à la retraite pour beaucoup de salariés.

Les français doivent donc s’attendre à devoir travailler plus longtemps.

En outre, le rapport conclut qu’un nouveau recul de l’âge légal de départ à la retraiteproduirait peu d’effets à court terme, et apparait peu opportun, en raison des augmentations déjà significatives qui ont été introduites par la loi de 2010.

  • La taxation des pensions de retraites

Il est prévu dans le rapport, la contribution des retraités : les pensions de retraites pourraient être davantage taxées, et le taux de CSG – à présent établit à 6,6% – pourrait être alignés sur celui des actifs et par conséquent, passer à 7,5%. A elle seule, cette disposition rapporterait 2 milliards d’euros d’ici 2020.

Il propose aussi au Gouvernement une sous indexation exceptionnelle des pensions versées aux retraités afin de diminuer les dépenses de l’assurance vieillesse. Selon la Commission, cette hypothèse est envisageable en raison du niveau de vie des retraités, qu’elle estime comparable à celui des actifs. Si le Gouvernement optait pour cette mesure, le rapport émet comme conseil d’épargner les petites retraites. Le gel de l’évolution des pensions de retraite ferait gagner 6 milliards d’euros à l’Etat en 2016.

Parmi les autres mesures avancées par la Commission en charge du rapport, certains avantages fiscaux pourraient disparaitre.

Par exemple, l’exonération d’impôt de 10% pour frais professionnels dont les retraités bénéficient systématiquement – au même titre que les actifs – pourrait être supprimée. Les membres de la Commission estiment à 10 millions le nombre de ménages qui seraient perdants. Le rapport soumet également au Gouvernement la possibilité d’abaisser le taux d’abattement – au lieu de le supprimer – à 7, 5 voire 3%.

L’ensemble des différentes mesures – hors augmentation du taux de CSG – permettrait un gain de 500 millions à 2,7 milliards d’euros, selon les options qui seront retenues par le Gouvernement.

  • Modification du mode de calcul de la pension de retraite

Le rapport remis au Gouvernement préconise de revoir le mode de calcul de la pension de retraite des fonctionnaires dans un sens moins favorable pour eux.

Il souligne d’abord que la réforme de2012 aaligné le taux de cotisation des fonctionnaires sur ceux des salariés du privé à l’horizon 2020. Mais l’assiette de cotisation n’est pas la même : les primes perçues par les fonctionnaires n’y sont pas soumises.

Ensuite, dans un souci « d’équité », il propose de réduire l’écart entre salariés du privé et fonctionnaires, et de calculer le montant des pensions sur une période supérieure à 6 mois. Actuellement, sont pris en compte dans ce calcul, les traitements perçus au cours des 6 derniers mois précédents le départ à la retraite du fonctionnaire.  Le rapport ne fixe aucune autre période, mais estime qu’elle pourrait varier de 3 à 10 ans.

Notons que dans le cas d’un allongement de la durée de référence aux 10 dernières années,  la perte de pension – sans intégration des primes –  est estimée en moyenne à 3,6%.

C’est pourquoi, en contrepartie de cette perte, les primes – qui représentent une bonne partie de la rémunération des fonctionnaires – seront mieux prises en compte dans le calcul. Elles pourraient donc être intégrées partiellement dans les sommes prises en compte pour le calcul.

  • Hausse des cotisations d’assurance vieillesse

Pour renflouer les caisses de la retraite, le rapport propose d’augmenter de 0,1 point par an pendant 4 ans, le pourcentage des cotisations dues au titre de l’assurance vieillesse, pour les salaires dépassant un certain plafond.

Les cotisations d’assurance vieillesse constituent la ressource principale des régimes. C’est pourquoi le rapport recommande une telle hausse.

Elle serait supportée à parts égales entre l’employeur et le salarié.

La mesure permettrait de faire gagner 2,6 milliards d’euros à l’Etat.

Source : Rapport pour l’avenir des retraites, 14 juin 2013

jurytravail.com

 

Caselli et Unilever : la guerre est déclarée

Premier bras de fer de l’ère Hollande entre une multinationale qui veut fermer une usine en France et le nouveau pouvoir qui veut l’en empêcher. Eugène Caselli vient d’envoyer le premier scud. En attendant Montebourg qui vient d’annoncer sur BFM TV qu’il se rendrait demain vendredi à Marseille

Hugo Lara

Changement de ton. Eugène Caselli le président de la communauté urbaine Marseille Provence métropole (MPM) a convoqué la presse ce matin pour annoncer que MPM allait préempter les deux terrains et les bâtiments sur lesquels se trouvent aujourd’hui l’usine Fralib. Un vrai missile sol/air envoyé à la multinationale Unilever, propriétaire de Fralib et qui cherche depuis presque trois ans à fermer son usine provençale de fabrication de thé et de tisane, pour transférer sa production en Belgique et en Pologne où il fait beaucoup plus frais pour travailler.

 

 

Depuis 600 jours, les représentants CGT, suivis par de nombreux salariés mènent une guérilla judiciaire et médiatique pour tout faire pour empêcher que leur usine ferme. On s’en souvient, lors de la campagne présidentielle, rendre visite aux « Fralib » à Gémenos était devenu un must pour les candidats de gauche. L’actuel Président de la République et une partie de son gouvernement se sont rendus régulièrement sur place. Si le pouvoir précédent n’avait pas vraiment mis de bâtons dans les roues aux projets de fermeture de la multinationale – « cette usine est morte », indiquait sur Canal Plus il y a quelques mois Renaud Muselier – les dirigeants français se doutaient qu’ils n’allaient pas boire le thé de la même façon avec les nouveaux tauliers. Et notamment avec Montebourg, le « redresseur productif« , dont le dossier Fralib est sur le dessus de la pile de son beau bureau.

Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle, Unilever avait donc sorti sa dernière cartouche en annonçant que la société aubagnaise de chips Sibell, souhaitait racheter le terrain et les bâtiments et promettait la création de 50 emplois sur ce site, en priorité réservés aux salariés licenciés de Fralib. Une forte opportune proposition qui permettait à Unilever d’en finir définitivement avec son usine française. Plus de terrain, plus de bâtiment, et donc plus possible pour les Fralib de mettre en place leur projet de reprise qui vise à récupérer auprès de leur ancien employeur la marque Eléphant et les machines qui vont avec, afin de conserver l’outil de production, de trouver des partenaires financiers et industriels et de relancer l’activité. Ce dont Unilever ne veut évidemment pas entendre parler : « nous ne céderons jamais notre marque Eléphant », a répété la direction à plusieurs reprises.

En coopération avec le Premier Ministre

La ficelle était un peu grosse pour la CGT qui n’a jamais cru à la réalité de cette offre. « La société Sibell est déjà mal en point, on ne les voit pas investir dans un nouveau site de production et embaucher 50 personnes », expliquaient les représentants. Pour compliquer l’affaire, les terrains et les bâtiments ne sont pas propriétés de Fralib, qui est juste locataire, mais de deux mystérieuses SCI dont certaines mauvaises langues soupçonnent d’être des faux-nez de la multinationale. Simplement locataire, Unilever ne peut évidemment pas s’opposer à une si belle offre faite à son bailleur. Les représentants du personnel en lutte, voyant évidemment le coup venir et compris la manoeuvre ont décidé, là aussi en pleine élection présidentielle, d’occuper leur usine.  La réponse d’Unilever ne s’est pas faite attendre qui a immédiatement porté l’affaire devant les tribunaux pour « occupation illégale de ses terrains ». Et le tribunal de Marseille a ordonné aux Fralib d’évacuer l’usine, en leur laissant jusqu’au 1er juin pour faire leurs bagages.

Et c’est là qu’Eugène Caselli a sorti sa silver bulett ce matin en demandant à préempter le terrain, ce qui bloque désormais la vente. Bien joué Eugène. Une opération qui s’est faite en parfaite coopération avec « le cabinet du Premier Ministre, et les différents ministères concernés » nous a indiqué le Président de MPM :

J’ai eu il y a 10 minutes Arnaud Montebourg à qui j’ai fait part de notre décision : à lui de jouer maintenant

Car si cette décision permet de gagner du temps, elle est surtout un signal fort envoyé à Unilever afin de les obliger à s’asseoir à la table des négociations. Vu le contexte, on imagine mal les dirigeants d’Unilever, qui ont appris la décision de Caselli par la presse, continuer leur blitzkrieg juridique, et encore moins le nouveau Ministre de l’Intérieur autoriser le préfet à faire donner les CRS pour évacuer l’usine. Pour l’instant,  la multinationale, qui nous a répondu par la voix de leur porte-parole est restée droite dans ses bottes :

Nous ne sommes pas propriétaire de ce terrain, donc nous n’avons pas de commentaires à faire. En revanche, nous redisons que nous souhaitons continuer à nous concentrer sur notre solution (vente à Sibell, ndlr) qui permet de créer 53 emplois, en plus des 103 reclassements dans le groupe que nous proposons, et qu’elle est la meilleure pour l’avenir des salariés

​C’est en tout cas un signe très fort envoyé par le nouveau pouvoir socialiste qui montre les dents et à décidé d’entrer dans un bras de fer avec les dirigeants d’une des plus grandes multinationales mondiales, qui a choisi clairement le camp de la CGT. « Nous sommes très satisfaits de cette initiative, qui constitue un véritable tournant dans notre lutte », nous a déclaré Gérard Cazorla un des leaders des Fralib. On attend maintenant la venue d’Arnaud Montebourg, l’ami des patrons, qui doit débarquer demain à Marseille. La guerre est déclarée.

Par pierre boucaud, le 24 mai 2012 marsactu.fr

retour sur la retraite

Le rétablissement du droit à la retraite à 60 ans est une question majeure pour la primaire comme pour la présidentielle 2012

Ce n’est pas un jeu de chat et de souris ni de petite phrase. C’est une question sensible, décisive.

C’est là-dessus depuis 2010 que Sarkozy a plongé dans les sondages, parce qu’il a voulu tuer la retraite à 60 ans.

8 millions de français ont manifesté au moins une fois en 2010 contre la sale loi Sarkozy-Woerth-Fillon de pillage de nos retraites.

Il y a 75 % de l’opinion qui est profondément attaché au retour au droit à la retraite à 60 ans.

Un droit c’est un droit, ça ne se mégote pas. Les 35 h c’est les 35 h ça n’est pas à la carte. 48 h c’est 48 h, la durée maxima d’ordre public social. Le Smic est le même pour tout le monde, ça ne se mendie pas branche par branche. L’ordre public social ne se découpe pas en tranches. 60 ans c’est 60 ans, ce n’est pas une retraite à la carte. L’ordre public social dans ce pays, ça signifie encore quelque chose.

Le droit légal de prendre sa retraite à 60 ans, c’est un droit, pas une obligation : mais c’est un droit pour tous, pas découpé en rondelles.

Je n’arrive pas à comprendre la pression qui s’exerce sur la position de Martine Aubry quand celle-ci semble s’excuser à la télévision : « – Je ne suis pas une caricature, je ne défends pas la retraite à 60 ans pour tous ».

Au contraire, il faut défendre vigoureusement UN DROIT pour tous contre les vraies caricatures de ceux qui fabulent sur une société avec des centenaires partout : ils n’ont jamais regardé de près le corps des humains qui travaillent entre 55 et 65 ans, encore moins ! un homme devant son marteau piqueur, (il y a 1,2 million d’ouvriers du bâtiment)…

Et il faut arrêter, hélas, de parler de l’allongement de l’espérance de vie : il est lié à la retraite à 60 ans et aussi au maintien d’une politique de santé pour tous. Aux USA, cela fait de nombreuses années que l’espérance de vie recule. Et même si elle augmentait, quelle importance, si le travail, lui n’augmente pas réellement au-dessus de 55 ans.

Pas un syndicaliste de ce pays, pas un salarié qui ne regarde pas cette question de près et qui ne soit pas troublé actuellement par ce que dit Martine Aubry.

Alors qu’on veut mobiliser pour la soutenir, c’est le principal point d’interrogation.

Il y va du sort de millions de salariés, de femmes surtout : retour vers une retraite misérable ou non ? Car ce dont il s’agit, c’est du niveau de la retraite perçue : y aura t il baisse massive du niveau de vie des retraités ou non ?

Dire qu’on redistribue les richesses et baisser drastiquement le niveau des retraites, c’est tromper.
Dire qu’on refuse l’austérité et la rigueur et l’imposer aux personnes âgées, c’est tromper.
Dire qu’on lutte contre le chômage des jeunes et vouloir maintenir les «seniors» au travail, c’est tromper.
Nous sommes en plein boom démographique depuis 11 ans. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse, sans réduction du temps de travail sur la semaine, sur l’année, sur la vie.

A quoi ça sert de défendre les 35 h en allongeant (d’ailleurs en vain) la durée du travail sur la vie ?

Et attention, les salariés sont avisés, ils ont largement débattu en 2010 de la question des retraites, ils savent ! La question des retraites vaut des millions de voix.

Si on dit « le retour à l’âge légal de 60 ans, ce ne sera pas pour tout le monde », il y a des millions de salariés qui le perçoivent comme un très mauvais signal.

Qui est le « pas pour tout le monde » ? Les jeunes qui commencent à avoir un CDI en moyenne vers 29 ans ? Les « seniors » dont 1 sur 2 est au chômage à 55 ans (et cela s’est aggravé ces dernières années) ?

La vérité c’est que dans la vie réelle, les salariés cotisent 36 annuités.

On n’est pas dans le fantasme, là, mais dans la réalité. Depuis que la droite a imposé 40 puis 41,5 annuités, c’est allé à l’envers dans la vie réelle, les salariés ont été obligés de travailler moins, ils sont licenciés, chômeurs, inaptes, malades, écartés du travail à partir de 55 ans. Dans ces conditions, imposer 41,5 annuités, c’est les faire sauter à la perche sans perche. Ils n’y arrivent pas. Cela se traduit par 5,5 années de décote donc une retraite infiniment plus basse avec laquelle il n’est pas possible de vivre décemment. C’est une mort sociale.

Et pourtant dans la lettre de Martine Aubry diffusée à un million d’exemplaires aux Français : « Je veux vous parler de la France« , il est écrit (page 5) : « …le rétablissement du droit à prendre sa retraite à 60 ans, et à taux plein pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ou exercé des emplois pénibles…« .

Il faut être clair : ceux qui sont fatigués, usés et qui ont commencé tôt doivent pouvoir partir AVANT 60 ans.

Dès l’âge de 55 ans, 2 maladies sur 3 sont en effet liées au travail, la biologie du corps humain est inchangée et, dans le bâtiment ou dans les transports et d’autres métiers à forte pénibilité physique et mentale, c’est cela qui se discute !

Ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent mais les accidents cardiaques et vasculaires, il y en 250 000 par an et entre 1/3 et 50 % sont liés au travail ! 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, doivent-ils avoir cotisé toute leur vie sans bénéficier d’un seul jour de retraite ?

Entre 60 et 65 ans ce sont les plus belles années de la retraite, et entre 60 et 65 ans, ce sont les plus dures années au travail.
Pour tout le monde.

Tous les salariés doivent avoir le droit de partir à 60 ans s’ils le souhaitent et de façon décente sans décote. Le nombre d’annuités nécessaires pour le taux plein peut être discuté, mais il ne peut être irréaliste. Si c’est 41,5 annuités, seul un petit nombre est en position de l’atteindre à 60 ans, voir à 62 ans dans l’état actuel du marché du travail.

L’honnêteté, c’est de partir du réel, de le reconnaître : si la moyenne de travail réelle des Français est de 36 annuités, c’est le chiffre qui doit être retenu. Si cela augmente dans la vie réelle et que cela monte à 37, puis 38, puis 39, puis 40, que le nombre d’annuités cotisées exigées suive !

Mais fixer un objectif inatteignable, c’est inacceptable, c’est une tromperie.

Pour le financement, il y a une variable que la droite s’est toujours refusée à faire jouer alors qu’elle les a sans cesse baissées : il faut faire varier les cotisations salariales en fonction des besoins du paiement des retraites.

Gérard Filoche pour « Démocratie et socialisme »

Emploi, temps libre… Réflexion

Un entretien lumineux et profond avec le philosophe André GORZ (1923-2007) sur l’emploi, le temps libre, et plus encore.

Au sens anthropologique, on appelle habituellement «travail» l’activité par laquelle les humains façonnent et transforment leur milieu de vie. C’est d’abord la malédiction biblique : le monde n’est pas naturellement propice à la survie des humains, il n’est pas «un jardin planté pour eux», disait Hegel. La vie humaine est «improbable», écrivait Sartre, elle rencontre cette improbabilité comme un ensemble d’adversités, de maladies, de raretés.

Au sens philosophique, le concept de «travail» englobe les dimensions multiples de l’activité humaine.

PONOS-La philosophie grecque distinguait le travail-corvée — ponos — qu’il faut accomplir jour après jour pour entretenir le milieu de vie et produire sa subsistance. C’est aussi bien le travail ménager que le travail agricole dont les hommes, dans les sociétés traditionnelles, se déchargent sur les femmes et les esclaves.

POIESIS-Après le ponos, il y a la poiesis : le travail de l’artisan, de l’artiste, du «producteur». Le travail comme poiesis n’est plus, à la différence du ponos, asservi complètement aux nécessités et aux contraintes matérielles de la subsistance. Il peut s’en émanciper en devenant création, invention, expression, réalisation de soi. C’est cette dimension du travail qui intéresse avant tout Hegel et ensuite Marx : le travail par lequel je m’individualise, me fais personne, inscris dans la matérialité du monde l’idée que je me fais de ce qui doit être.

PRAXIS-Enfin, il y a le travail comme praxis, que Hannah Arendt appelle «l’agir» (Handeln). La praxis est essentiellement l’activité non utilitaire qui tend à définir les conditions et les normes de la «bonne vie». Cela comprend le débat politique et philosophique, la réflexion, l’enseignement, une grande partie de ce qu’on appelle aujourd’hui le «relationnel» et la «production de sens», l’Eros.

Il peut sans doute y avoir des chevauchements et des interpénétrations entre ces dimensions de l’activité humaine. Elles se distinguent par leur sens, leur intentionnalité beaucoup plus que par leur contenu. Élever un ou des enfants, par exemple, comporte du ponos — des besognes fastidieuses continuellement à refaire — mais n’est pas réductible à cela ; ou alors la finalité, le sens du travail éducatif en tant que praxis a été perdu.

Le salariat, ou la dépossession du travail
L’important, c’est que, dans ces définitions, le travail est quelque chose qu’on fait dans un but dont on est conscient. Or, le capitalisme n’a pu se développer qu’en abstrayant le travail de la personne qui le fait, de son intention, de ses besoins, pour le définir en soi comme une dépense d’énergie mesurable, échangeable contre n’importe quelle autre et dont les prestataires, les «travailleurs», sont à beaucoup d’égards interchangeables. Le «travail abstrait», «travail sans plus», inventé par le capitalisme, est une marchandise que le patron achète et dont il détermine souverainement la finalité, le contenu, les heures et le prix. C’est un travail qu’il donne à faire à un travailleur qu’il paie.

Le salariat est donc la complète dépossession de la personne active : elle est dépossédée du résultat ou produit de son activité, de son emploi du temps, du choix des finalités et contenus du travail, et des moyens de travail que les employeurs, à la fin du 18ème siècle, ont commencé à monopoliser pour pouvoir contraindre les gens — les tisserands en premier — à travailler pour un patron et pour tuer toute possibilité d’auto-production, d’auto-activité.

C’est en ce sens que le travail dont nous parlons quand nous disons que nous «avons» et «n’avons pas» un travail, est une invention du capitalisme. Longtemps, le salariat a été perçu comme une forme d’esclavage, et «l’abolition du salariat» était encore au programme de la CGT il y a une trentaine d’années. Pendant le récent mouvement des chômeurs, j’ai entendu un militant CGT dire : «C’est vrai, demander du travail, c’est aussi demander à être exploité.»

Se réapproprier le travail
Si nous prenons «travail» au sens propre de faire, réaliser, agir, créer, peiner, le travail ne peut jamais manquer. Contre le chômage, ce qu’il faut alors exiger, c’est non pas qu’on nous «donne» du travail à faire, mais qu’on abolisse la monopolisation des moyens de travail, des moyens de production par le capital, en sorte que nous puissions nous réapproprier le travail, ses moyens et son résultat. Nous les rapproprier collectivement et aussi, pour partie, individuellement. C’est de cette réappropriation qu’il est question chez le jeune Marx quand il écrit que le communisme, c’est l’élimination du travail (salarié) et sa «transformation en auto-activité».

Cette réappropriation a été pratiquement impossible jusqu’ici en raison de la subdivision du travail productif en spécialités cloisonnées. Elle devient techniquement possible avec l’informatisation et l’automatisation. Par celles-ci, la création de richesses demande de moins en moins de travail (salarié), distribue de moins en moins de salaires. Ce qui est produit de manière pleinement automatique ne pourra finalement être distribué, vendu, acheté, que si le pouvoir d’achat distribué n’est plus le salaire d’un travail. L’idée d’un «revenu social» ou de minima sociaux garantis inconditionnellement va dans ce sens. La revendication par le mouvement des chômeurs et précaires d’un minimum garanti égal aux trois quarts du SMIC est un pas très important dans cette direction.

Le dérangeant temps libre du chômeur
Je pense que dans une société où l’emploi devient de plus en plus précaire, de plus en plus discontinu, où le travail salarié stable et à plein temps cesse d’être la norme — ce qui est le cas pour 45% des Allemands, pour 55% des Britanniques et des Italiens, pour environ 40% des Français — et où, à l’échelle d’une vie, le travail ne représente plus qu’un septième ou un huitième du temps de vie éveillé après l’âge de 18 ans, les détenteurs du pouvoir économique et politique craignent par-dessus tout une chose : que le temps hors travail salarié puisse devenir le temps dominant du point de vue social et culturel ; que les gens puissent s’aviser de s’emparer de ce temps pour «s’employer» à y faire eux-mêmes ce qu’eux-mêmes jugent bon et utile de faire.

Avec le recul du poids du travail salarié dans la vie de tous et de chacun, le capital risque de perdre le pouvoir sur les orientations culturelles de la société. Il fait donc tout pour que les gens, et principalement les plus ou moins jeunes, demeurent culturellement incapables d’imaginer qu’ils pourraient s’approprier le temps libéré du travail, les intermittences de plus en plus fréquentes et étendues de l’emploi pour déployer des auto-activités qui n’ont pas besoin du capital et ne le valorisent pas.

Nous avons donc affaire, en France plus encore que dans les pays voisins, à une campagne idéologique très soutenue pour verrouiller, pour tuer l’imagination sociale, pour accréditer l’idée que le travail salarié est la seule base possible de la société et de la «cohésion sociale», que sans emploi on ne peut rien faire, on ne peut disposer d’aucun moyen de vivre «dignement» et activement. Pour ce faire, nos minima sociaux restent misérables. On accrédite l’idée qu’un droit à un revenu découplé d’un emploi est de l’assistanat, comme si les centaines de milliers d’emplois partiels à salaire partiel, créés tout exprès pour «insérer» des chômeurs — les insérer dans quoi, s’il vous plaît ? — n’étaient pas de l’assistanat sous une autre forme tout aussi humiliante, puisqu’on dit en quelque sorte aux plus ou moins jeunes chômeurs : «En vérité, on n’a aucun besoin de vous, de votre force de travail ; on va vous rendre service, on va vous occuper un peu en vous payant un peu.»

C’est quoi, un travail qu’on vous donne à faire pour vous rendre service ? En réalité, c’est le capitalisme qui se rend service de cette façon. Il fait subventionner des employeurs pour qu’ils aient la bonté d’employer des gens au rabais. Il veille à ce que les gens se conçoivent comme ne pouvant être que de la force de travail sur un marché de l’emploi, et que, s’ils ne trouvent pas d’employeur, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, c’est-à-dire au fait qu’ils (

ne sont pas assez «employables».

Tout le discours dominant fait comme s’il n’y avait pas des causes systémiques, structurelles à la contraction du volume de travail rémunéré, comme si les stages formation, les stages en entreprise etc. allaient, en rendant les gens plus employables, leur assurer un emploi. En réalité, ces stages ont une fonction idéologique inavouée : ils consolident et développent l’aptitude à l’emploi au détriment de l’aptitude au temps libre, et cela dans un contexte où il y a de moins en moins de travail-emploi et de plus en plus de temps libéré.

La peur du vide
On fabrique méthodiquement des gens incapables de se concevoir comme les sujets de leur existence, de leur activité et de leurs liens sociaux, des gens qui dépendent totalement de ce que des employeurs privés ou publics leur donnent à faire. Et puis on ne leur donne rien à faire de consistant, rien que des boulots d’assistés. Il y a de quoi les rendre enragés.

Il faut d’abord percer à jour cette stratégie de domination qui jette les gens dans une dépendance à l’égard de l’emploi plus totale que jamais, alors que l’emploi devient totalement aléatoire ; et ensuite exiger non pas de l’emploi — «du travail» — mais la possibilité de vivre en l’absence d’un emploi, pendant les intermittences de l’emploi, grâce à un revenu de base inconditionnellement garanti. J’ajoute : ce revenu de base doit être compris non pas comme ce qui vous dispense de rien faire, mais au contraire comme ce qui vous permet de faire plein de choses bonnes, belles et utiles qui ne sont pas rentables du point de vue de l’économie capitaliste de marché, ni susceptibles d’être homologuées, standardisées, professionnalisées.

Le refus du «travail de merde»
Le changement de mentalité et la mutation culturelle s’opèrent déjà depuis pas mal de temps. C’est un cheminement d’abord souterrain sur lequel il existe des enquêtes et témoignages passionnants chez les Anglais, les Allemands, les Nord-Américains. Le retrait vis-à-vis du travail-emploi, le refus de s’y investir, l’aspiration à d’autres modes de vie d’activité, de rapports sociaux, de priorités dans la vie, tout ça est très répandu en France aussi, chez les plus ou moins jeunes surtout, mais il n’y a pas chez nous un journal comme The Idler en Angleterre qui reflète l’énorme mouvement multiforme des gens qui refusent de «s’insérer» dans une société qu’ils vomissent et qui (avec la devise « fuckwork ») refusent le «travail de merde».

Ceux qu’on appelle «les exclus» ne sont pas tous des victimes qui ne demandent qu’à être «réinsérés», ce sont aussi des gens qui choisissent une vie alternative, en marge de la société. Mais s’ils sont marginaux, c’est parce qu’ils sont condamnés à n’être que des individus, donc impuissants à rien changer. Si vous avez cinq millions de personnes qui refusent cette société à titre individuel, ça ne va pas la changer. Mais si vous avez un mouvement qui regroupe tous ceux qui entendent travailler moins et consommer et vivre autrement, et qui les regroupe dans le but politique de militer pratiquement pour un changement de la façon de vivre, de produire et d’être ensemble, alors vous avez une traduction des choix individuels en choix collectifs dont l’énoncé va déclencher des débats, des conflits, s’inscrire dans l’espace public, obliger à la prise en compte de questions jusque-là négligées et faire évoluer le niveau de conscience.

Notre tâche, celle des intellectuels, c’est de proposer cette traduction en projet collectif d’une multiplicité de choix, de rébellions, de tâtonnements, d’expérimentations, et de stimuler par cette traduction la prise de conscience de ce qu’un autre monde, une autre société sont possibles et désirables. C’est ce que Guattari, les Italiens, appellent «la production de subjectivité». Il s’agit de faire prendre conscience de possibilités que le discours dominant cache. Il s’agit de libérer l’imagination, le désir. La parole, l’écrit, les activités culturelles, la musique, le théâtre, le cinéma sont essentiels à cette libération, à cette fécondation. Si nous ne savons pas exprimer ce que nous sentons, nous sommes incapables aussi de vouloir et d’agir en conséquence.

Le pouvoir de créer
Cette libération de l’imagination et du désir est à la fois nécessaire au capitalisme dans l’actuelle phase de mutation et potentiellement mortelle pour lui. Son problème, c’est de stimuler l’autonomie, la créativité des gens et, en même temps, de la contrôler, de se l’asservir. En somme, d’obtenir que les gens se produisent librement mais qu’ils effectuent cette libre production d’eux-mêmes sur ordre, dans les limites qui leur sont tracées, pour maximiser le profit de «leur» entreprise.

Nous entrons dans une ère où le savoir, la connaissance sont les principales forces productives et la forme principale du capital fixe. L’accumulation, la concurrence sur les marchés, se font principalement par le capital-savoir. À l’échelle de la société, nous passons beaucoup plus de temps à produire du savoir qu’à le mettre en œuvre de façon productive. Nous passons beaucoup plus de temps à nous produire, c’est-à-dire à développer nos capacités et compétences, qu’à produire nos productions.

Ce sont les capacités communicationnelles, relationnelles, cognitives, affectives, imaginatives que nous développons en dehors de notre temps de travail immédiat qui nous permettent de réaliser en deux heures de travail direct davantage que nos grands-parents en 20 ou 40 heures. Il devient donc de plus en plus absurde de ne payer les gens que pour le temps passé à mettre en œuvre leurs compétences.

Et si les détenteurs du savoir — virtuellement nous tous — s’apercevaient finalement que la forme principale du capital, c’est eux qui la détiennent, mieux : qu’ils sont le capital, la nécessité de rentabiliser ce capital au maximum n’aura plus aucun sens. En effet rien ne m’oblige à m’exploiter, à «m’autovaloriser» au maximum. La production de soi pourra cesser d’être le moyen de l’accumulation et de l’enrichissement monétaire pour devenir fin en elle-même.

Oser l’exode du travail
La transformation du temps libre en temps libéré, c’est-à-dire en un temps employé à autre chose qu’à perdre sa vie à la gagner, exprime donc un changement qualitatif au plan culturel. Chaque citoyen pourrait disposer de ce temps libéré comme d’une opportunité pour construire un nouvel espace de vie. Mais, la plupart du temps, ce temps libre est ressenti comme une source d’angoisse et de dénuement, en premier lieu par les chômeurs eux-mêmes. Parce que la construction de nouveaux espaces de vie serait, dans les conditions politiques actuelles, une aventure solitaire, une soustraction de soi à la collectivité, et non une entreprise collective à mener tous ensemble.

Rien ne valide socialement le projet d’une telle construction ; par aucun signe la société ne dit aux gens : faites-le, la collectivité met des lieux, des espaces, des moyens à votre disposition, dans les quartiers, dans les communes. Cette société refuse d’envisager l’existence de chômeurs qui ne soient pas malheureux, qui ne soient pas demandeurs d’emploi, qui ne vivent pas comme une privation d’emploi le fait d’être ne serait-ce que temporairement sans un job.

Une transformation est de toute évidence nécessaire. La chose a été parfaitement exprimée par les étudiants allemands au cours de leur grève de novembre-décembre 1997. Au départ, cette grève était motivée par la misère croissante des universités, dont les moyens ne cessent d’être rognés sous prétexte qu’elles produisent bon an mal an des centaines de milliers de diplômés «inemployables» au lieu de dispenser du «savoir utile». Du savoir utile à qui ? À quoi ? À qui ferait-on croire qu’il suffit de fabriquer des masses de gens immédiatement «employables» pour que tout le monde trouve un emploi ?

Le problème à résoudre n’est pas celui de l’inadaptation des diplômés au marché du travail, mais comme l’écrit une étudiante berlinoise, Sandra Janssen, celui de «la contraction du marché du travail». Comment la société doit-elle préparer les jeunes à cette «contraction continuelle du marché du travail» ? En faisant exactement le contraire de ce que font les gouvernements : c’est-à-dire en acceptant que les études, les diplômes ne peuvent déboucher sur des carrières ni garantir un emploi, que leur but ne peut plus être utilitaire et fonctionnel. Leur but doit être de donner aux gens un accès libre inconditionnel, illimité à la «culture» (Bildung, en allemand), c’est-à-dire de leur permettre d’acquérir les moyens qui les rendent capables de s’orienter dans ce monde éclaté, d’y produire et inventer eux-mêmes les repères, les règles, les buts, les liens qui leur soient propres et leur soient communs.

Selon la formule du président des étudiants de Bonn, Oliver Schilling : «Nous ne voulons pas être des individus fonctionnellement programmés. Nous devons combattre la réduction des gens en outils aux mains du capital.» Le droit de tous d’accéder «sans restrictions à la culture la plus large possible» est indispensable «à la survie d’une société démocratique à l’ère du sous-emploi permanent. Il faut préparer le citoyen à assumer de façon créative son inutilité économique». Tout cela implique évidemment aussi un revenu de base garanti inconditionnellement à tout citoyen.

L’allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources

L'allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources

Au 1er janvier dernier, le gouvernement a supprimé l’allocation équivalent retraite (AER) destinée aux chômeurs proches de la retraite. Alors que la réforme entrant en vigueur le 1er juillet a repoussé l’âge légal de départ à 62 ans, plus de 30 000 demandeurs d’emploi âgés seraient privés de ressources.À la fin du mois de juillet, les revenus de René Némoz, Villeurbannais de 58 ans, vont connaître un gros trou d’air. À cette date, cet ancien menuisier du bâtiment, qui a plus de 41 années de travail derrière lui, aura épuisé ses trois années de droit au chômage et il ne pourra plus toucher ses 1300 € d’indemnisation mensuelle. Jusqu’ici, il pensait avoir droit à l’allocation équivalent retraite (AER), une aide financée par l’État de 33 € par jour, soit un peu moins de 1000 € par mois.                 (suite…)

Du chômage à l’engrenage du travail saisonnier

 

Il est jeune, sans attache, bronzé toute l’année et fêtard. L’été, il sert des cocktails sur la plage, l’hiver il donne des cours de ski. Le saisonnier. Sauf qu’en réalité, il ressemble de moins en moins à cela. Aujourd’hui, le saisonnier type est mère de famille, la cinquantaine approchant, ne croit plus au CDI et se demande comment tenir encore 12 ans avant la retraite.              (suite…)

25 % des salariés gagnent moins de 750 €!

Dailymotion - clicvelayC’est l’un des titres de FO-hebdo cette semaine : un quart des 25 millions de salariés gagnent moins de 9 000 euros annuels. Soit 6,25 millions de personnes gagnant 750 € par mois, 73 % du SMIC.

« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques. » Pour en vouloir autant aux statistiques, Mark Twain devait sans doute être plus à l’aise avec la littérature qu’avec les mathématiques. Le romancier américain se fait le porte-parole de ceux pour qui des chiffres ne seraient décrire la réalité sans la pervertir. Mais sa critique porte en réalité non pas sur les statistique elles-mêmes, mais sur ce qu’on leur fait dire.                 (suite…)

Pour la présidente du MEDEF , « l’année 2011 commence bien pour les femmes »…

Le texte prévoyant l’instauration de quotas de femmes dans les conseils d’administration a été votée.
« C’est une belle nouvelle pour la parité et la valorisation des femmes dans les entreprises ». Pour Laurence Parisot, l’année 2011 commence bien pour les femmes. Cette obligation concerne toutes les sociétés anonymes cotées, celles du secteur public et celles de plus de 500 salariés et dont le chiffre d’affaires net ou le total du bilan dépasse 50 millions d’euros et ce durant trois exercices consécutifs.      (suite…)

Rocard pour la semaine de travail à moins de 35 heures

Une mesure qui va de pair, dit-il, avec le recul nécessaire de l’âge de la retraite.

L’ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard a préconisé samedi de remettre le thème du temps du travail «sur la table des négociations entre syndicats et patronat». Il a prôné un abaissement de la durée légale «à moins de 35 heures par semaine».                      (suite…)

Philippe Manière explose le mur du çon sur Europe 1

Modern TimesTous les soirs vers 19h10, Demorand fait « s’affronter » sur Europe 1 un invité de « gauche » et un invité de droite. Il choisit en général des sujets assez caricaturaux pour que le papier à cigarettes qui sépare les deux « adversaires » devienne le sujet d’une discussion très animée. Et malgré tous ses efforts, il arrive souvent que les deux « combattants » soient au regret de devoir constater leur accord quasi total sur le sujet du jour. C’est bien révélateur d’une époque où la doctrine capitaliste et libérale a été adoptée par la quasi totalité des partis politiques français (et pas seulement français, hélas),                    (suite…)