Section de Gréasque
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Vous avez suivi et commenté les échanges entre les six candidats à la candidature, avec les journalistes et les riverains de Rue89. Synthèse

 

Baudry sur le débat des candidats à la primaire PS.Notre petit jeu des différences entre candidats à la primaire a (un peu) progressé ce jeudi soir. Pour la première fois depuis le début de la campagne, le 28 juin, les six postulants ont débattu entre eux.

C’est Hollande, avec son statut de favori, qui avait le plus à y perdre. Martine Aubry est venue le défier sur le terrain de la jeunesse en reprenant la promesse d’interdire les stages pour les diplômés (une proposition contenue dans le projet du parti) et en réitérant sa volonté de dépénaliser la consommation de cannabis.

Elle a aussi essayé de le pousser à la faute sur le nucléaire – lui qui tente de verdir son image.

Royal est apparue un peu absente, Baylet hors jeu. Montebourg et Valls, eux, ont eu l’occasion de s’affirmer.

Mais sur le fond, la soirée a été sans surprise.

Résumé de la soirée
Derrière les pupitres d’un plateau de France 2, qui ressemblait un peu à celui de « Questions pour un champion », Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls se sont d’abord présentés.

Dans ce premier tour de piste, seuls Montebourg et Royal ont parlé un peu d’eux-mêmes, de leur itinéraire personnel. Aubry donne quatre priorités (emploi, pouvoir d’achat, éducation, sécurité). D’autres n’enfoncent qu’un seul clou, comme Valls (réduire la dette) ou Montebourg (résister à la finance).

Hollande joue l’indignation pendant le tour de table

C’est Arnaud Montebourg qui est interrogé le premier. Même s’il refuse le mot « rupture », il propose de bousculer sérieusement le système. Il prône un retour au dirigisme économique : faire payer la dette au système financier (par une taxe), mettre les banques sous tutelle, mettre des protections aux frontières de l’Europe, bloquer les loyers…

Bref, un retour à l’encadrement qui existait avant les années 80 – une ère où la croissance était certes supérieure.

Le radical Jean-Michel Baylet a clamé son attachement à l’Europe fédérale, seul moyen selon lui de résoudre la crise.

Ségolène Royal a retrouvé ses accents de 2007 (« l’ordre juste » etc). Elle a mis l’accent sur la nécessité de pas chercher à résoudre la crise par la rigueur et les hausses d’impôt. Seule la relance permettra de le faire. Elle entend mettre en place une vaste réforme fiscale « plus simple, plus juste, plus équitable », dans laquelle seuls les riches seraient taxés d’avantage.

François Hollande joue la carte « indignation ». On est loin de l’image « Flamby » des Guignols de l’info. Il s’insurge contre la jeunesse abandonnée «150 000 jeunes sur 650 000 sortent de l’éducation sans diplôme ! ») et tempête contre la « richesse insolente »…

« Ma solution, c’est la réforme fiscale », dit Hollande. Sauf que sa solution figure dans le projet du parti : tous les candidats la défendent. Hollande a été poussé à clarifier sa position su le nucléaire : il n’envisage pas un retrait total.

Manuel Valls joue la carte du « parler vrai » et du réalisme. Il ne veut pas par exemple promettre aux Français une hausse de leur pouvoir d’achat, ce serait « leur mentir ». « Moi je ne veux pas une victoire de la gauche suivie d’une rupture de confiance ».

Vers la fin de son intervention, un quasi-lapsus à propos de l’immigration. « Il faut fermer la France… faire aimer la France ». Valls se pose par ailleurs comme « le garant de la sécurité », pour protéger « les plus faibles ».

Martine Aubry, a bouclé ce tour de table, insistant sur l’embauche des jeunes (elle propose d’interdire les stages pour les dipômés) et le pouvoir d’achat (« Je ne peux accepter que des gens aient à choisir entre se loger, se nourrir et avoir accès aux soins »).

Jonglant avec les chiffres, elle a affiché sa connaissance de ces deux dossiers. Premier coup de griffe de la soirée : à propos de l’Education, elle déclare : « Je suis contente que François Hollande en fasse maintenant sa priorité. »

Aubry et Hollande se chicanent pendant le débat

Un prétendu débat s’ensuit. Chaque candidat parlant à tour de rôle, mais tous sont grossomodo d’accord. Arnaud Montebourg fustige l’austérité généralisée en Europe, « saignée des médecins de Molière ». Et s’en prend aux gouvernants européens : « Quand ils s’agit de secourir les banques, ils savent pietiner leurs traités. »

Hollande refuse de répondre à la question « regrettez vous d’avoir signé le traité de Maastricht ? » Valls invoque l’héritage de Pierre-Mendès France, et se fixe pour 2017 l’objectif de l’équilibre des comptes (ce que Martine Aubry refuse de faire).

Martine Aubry se démarque de François Hollande sur deux points :

  • sur le « contrat de génération » proposé par ce dernier : « ça coûte très cher ! » ;
  • sur le nucléaire : il faut en « sortir » si on considère que c’est dangereux.

S’ensuit le premier échange direct entre deux candidats :

– François Hollande : « Nous sommes tous d’accord… »
– Martine Aubry : « Non, nous ne sommes pas d’accord ! »
– François Hollande : « Et qu’est-ce qu’on fait de l’EPR de Flamanville ? »
– Martine : « Mais laisse-moi terminer… Flamanville, on attend, je pense que tu ne répondras pas autre chose que moi… »

Un petit sujet de divergence : la drogue. Aubry est pour la dépénalisation. Baylet pour la légalisation du cannabis. Valls et Montebourg sont totalement contre la libéralisation. Le second fait un lien entre le trafic et les banques (encore elles ! ) Hollande veut « soigner » les usagers de drogue.

Fin du débat, chaque candidat conclut en quelques mots. Royal veut « faire de la France un pays d’entrepreneur, un pays écologique, avec l’éducation au cœur de tout, faire des banlieues un chance et garantir la sécurité ».

Montebourg se présente comme le candidat des solutions nouvelles : « Vous aussi, écrivez l’histoire de France » ! » ; Valls vend les primaires, « formidable rendez vous démocratique » et se définit comme le candidat qui « aime la France » ; Aubry se présente comme quelqu’un de « carré » : « Je veux être présidente de la République, j’y suis prête ». Baylet a aimé l’émission.

Pascal Riché pour « Rue 89″

Petit précis d’une gauche qui gagne

La France vit une situation inédite. Pas un jour sans que les affres du déclin ne s’incarnent dans l’accumulation des crises : crise politique, crise morale, crise sociale, crise du rêve européen.

La crise sociale majeure que nous traversons est autant liée à la décompensation planétaire du capitalisme financier qu’à la maladie congénitale du sarkozysme : une réforme fiscale inique qui a permis de financer des cadeaux fiscaux aux plus aisés sur le dos du salariat français et en creusant, de manière abyssale, dettes et déficits publics. L’Etat « en faillite« , déjà en 2007, nécessitait pour François Fillon, pelle mêle gel des dépenses, révision générale des politiques publiques, réduction du nombre de fonctionnaire, étranglement des collectivités locales, modération salariale. Toutes bonnes mesures pour financer la fin des droits de succession, la défiscalisation des heures supplémentaires, des plus values sur les cessions d’entreprise ou le bouclier fiscal.

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Les primaires ouvertes, un pari intenable

En 2000, j’ai été un des rares responsables socialistes à critiquer publiquement le changement imposé par L. Jospin (quinquennat et inversion du calendrier électoral). J’avais mis en garde contre le double danger dans lequel il nous enfermait : idéologique (le renforcement du présidentialisme, aspect le plus inacceptable du fonctionnement de la Vème république), la perte automatique des élections législatives, en cas d’échec  à la présidentielle. C’est malheureusement ce qui s’est passé et nombre de ceux qui se sont tus à l’époque regrettent aujourd’hui de n’avoir rien dit.

C’est pourquoi, comme d’autres j’espère, je n’ai pas l’intention de rester silencieux devant une des dispositions proposées pour « rénover » le PS. La volonté à nouveau affichée par le Parti socialiste de se rénover n’est certes pas critiquable. Encore faudrait-il que les propositions qui sont faites soient à la mesure des intentions proclamées.

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Primaires aux PS : le point de vue de P. Moscovicipri

La semaine qui s’écoule est consacrée, pour le Parti socialiste, à la préparation de sa convention sur la rénovation, avant le Conseil national du 8 juin. Mardi, Martine Aubry a réuni les principaux responsables du Parti, avant de présider le Bureau national, qui a examiné le texte d’Arnaud Montebourg. Ce projet, loin d’être sans qualités, sera amendé dans la semaine : j’ai moi-même fait quelques suggestions, dans le droit fil des remarques déjà exprimées ici. Je veux toutefois aujourd’hui vous dire mes espoirs et mes craintes, mes attentes et mes inquiétudes, devant le point central, le pilier de la rénovation : les primaires.

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Pour en finir une bonne fois pour toutes avec le cumul des mandats

dessin : RodhoPhilippe Baumel, membre du Conseil national du PS, dénonce une fois de plus le cumul des mandats. Cette pratique est selon lui en train de tuer le débat politique, en empêchant l’émergence de nouvelles personnalités et d’idées neuves.

« Touche pas au grisbi » ! Les tontons flingueurs adeptes du cumul de mandats ont dégainé. Martine Aubry est en ligne de mire et derrière elle l’idée d’une adaptation de la vie politique de notre pays aux nécessités de sa démocratisation et de sa revitalisation. L’idée d’aboutir à une règle générale sans délai et sans dérogation gêne. Elle gêne peu de monde mais elle gêne ceux qui, depuis plusieurs décennies, accaparent les mandats et accumulent les sièges.

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nos propositions pour la retraite

Les retraites sont notre avenir et notre bien commun, et nous portons la responsabilité de leur donner des ressources stables et sécurisées.

nos propositions pour la retraite

Le PS propose une réforme juste, efficace et durable, à travers 4 grandes priorités :

> Garantir le niveau de vie des retraités, menacé par les réformes de 1993 et 2003, qui n’ont rien réglé.

> Faire une réforme juste, en mettant à contribution tous les revenus, y compris ceux du capital; en prenant en compte la pénibilité; en maintenant l’âge légal de départ à 60 ans.

> Faire une réforme durable, avec un financement qui pérennise notre système par répartition,

> Des garanties collectives pour davantage de choix individuels, dans un cadre universel, solidaire et protecteur qui prenne en compte les parcours personnels

Martine et les cumulards

Les militants en ont rêvé, Martine l’a fait adopter. A 72% lors du référendum d’octobre 2009 sur la rénovation, les militants socialistes ont plébiscité l’application de la règle du non-cumul. Forte de ce vote sans appel, symbole d’une rénovation annoncée, la patronne du PS rappelle aux récalcitrants que “la question du non-cumul est derrière nous, les militants ont tranché.

L’argument ne suffit pas à fermer le ban. Après l’affaire Frêche ce nouveau dossier souligne l’antagonisme entre un PS des barons repliés sur leurs terres, facilement enclins à s’asseoir sur les statuts de leur parti et de l’autre Solférino et de nombreux militants exaspérés par une fronde devenue quasi-permanente.

Plus que la Chambre du seigle et de la châtaigne, la Haute assemblée incarne même pour les élus socialistes une façon d’exercer le pouvoir à l’ancienne, où l’on estime qu’il est nécessaire pour être efficace politiquement de concentrer tous les leviers en cumulant un maximum de mandats.

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Jeudi 27 mai – Journée avec Laurent Fabius

Laurent FABIUS viendra dans les Bouches-du-Rhône jeudi 27 mai. Le matin il débattra avec les acteurs de la culture des conséquences de la réforme des collectivités locales sur la culture à la Cartonnerie, à la Friche de la Belle de Mai (Marseille) à 10h.

Il rencontrera les élus du département à 17h à Salon-de-Provence pour un colloque sur les effets de la réforme des collectivités locales sur les territoires.

Le PS ébauche “un nouveau modèle productif”

Deux ans avant l’élection présidentielle de 2012, le Parti socialiste commence à avancer un projet économique et social. Rédigé sous la houlette de Pierre Moscovici, député du Doubs, le texte de 23 pages s’intitule “un nouveau modèle économique, social et écologique”. Il est examiné mardi 27 avril au Conseil national, le Parlement du parti, avant d’être soumis au vote des militants le 20 mai. Il a été revu une dernière fois en bureau national, lundi, dans le but de parvenir à un texte consensuel. Ce n’est pas encore un programme présidentiel, pas non plus un texte de congrès. Plutôt un exercice de cadrage, prudent, sur les points qui continuent de diviser le PS.

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