Section de Gréasque
Section de Gréasque

Jean-Christophe Cambadélis élu Premier secrétaire du Parti socialiste

Composition du Secrétariat national

Composition

Premier secrétaire – Jean-Christophe CAMBADELIS
Coordination, études – Guillaume BACHELAY
Trésorerie – Jean-François DEBAT
Élections, animation des SN fonctionnels – Christophe BORGEL
Fédérations, sections – Alain FONTANEL
Relations extérieures – Luc CARVOUNAS
Communication, réseaux sociaux, mobilisations militantes, campagnes du Parti – Sarah PROUST
Formation militante, rénovation du Parti – Emeric BREHIER
Organisation et adhésions – Laurent GRANDGUILLAUME
Suivi de l’opinion – Christine REVAULT-D’ALLONNES

4 Porte-parole [animation du porte-parolat : coordination]

  • Carlos DA SILVA
  • Olivier FAURE
  • Corine NARASSIGUIN
  • Rafika REZGUI
Pôle « Mondialisation / régulation / coopération » – Jean-Marc GERMAIN 
International, francophonie – Jean-Marc GERMAIN
Europe – Philippe CORDERY
Défense – Eduardo RIHAN CYPEL
Immigration, co-développement – Sandrine MAZETIER
Pôle « Production / répartition des richesses » – Karine BERGER 
Politique industrielle, numérique, économie sociale et solidaire – Juliette MEADEL
Innovations, PME – Patrice PRAT
Économie, fiscalité et comptes publics – Karine BERGER
Travail, emploi, formation professionnelle, dialogue social – François KALFON
Pôle « Préparation de l’avenir » – Clotilde VALTER 
Transition écologique, énergies, croissance bleue – Clotilde VALTER
Éducation, formation, culture – Colombe BROSSEL
Jeunesse, sports, vie associative, éducation populaire – Elsa DI MEO
Enseignement supérieur, recherche – Isabelle THIS SAINT JEAN
Pôle « Justice sociale / cohésion territoriale » – Carole DELGA 
Santé, petite enfance, protection sociale, autonomie – Marc MANCEL
Handicap, lutte contre l’exclusion – Kamel CHIBLI
Logement, ville, quartiers populaires – Samia GHALI
Ruralité, agriculture – Carole DELGA
Services publics, décentralisation, modernisation de l’Etat – Estelle GRELIER
Pôle « République / citoyenneté » 
Justice, libertés – Marie-Pierre DE LA GONTRIE
Sécurité publique – Myriam EL KHOMRI
Laïcité, institutions – Mathias FEKL
Droits des femmes, parité – Adeline HAZAN
Université d’été et Université permanente du PS – David ASSOULINE
David LEBON continuera à animer les fédérations d’Outremers

Jean-Noël Guerini : « Je quitte le Parti socialiste »

Paru ce jour, dans le blog de Jean Noel Guerini

guerini.jpg« A la tête du Conseil général, je me bats avec fierté pour les habitants des Bouches-du-Rhône, depuis de nombreuses années.

C’est pour moi un honneur. C’est aussi une immense responsabilité.

J’entends poursuivre cette action.

Désormais, je le ferai en quittant le Parti socialiste, au sein duquel je milite depuis 1967.

C’est une épreuve pour moi, mais j’y suis contraint.

Ce parti, je ne le reconnais plus. Je ne m’y reconnais plus.

Depuis maintenant quatre ans, je suis la cible d’attaques de socialistes, qui n’ont eu de cesse de me déshonorer, en distillant bien des contre-vérités, pour jeter le discrédit et la suspicion sur ce que j’ai fait et sur ce que je suis.

Ils n’ont eu de cesse d’instrumentaliser une interminable instruction judiciaire qui, certes, me vaut d’être mis en examen, mais dans laquelle je n’ai pas été jugé.

Comment ne pas rappeler que dans sa deuxième demande de levée d’immunité parlementaire, après trois ans d’enquêtes, d’écoutes, de violations du secret de l’instruction le juge lui-même écrit en octobre 2012 que « le rôle joué par Jean-Noël Guérini est naturellement difficile à cerner et surtout à critiquer ».

Aujourd’hui, près de cinq ans après le début de cette campagne où la haine et le fiel se sont déversés, il est prouvé que jamais je ne me suis enrichi et pas la moindre preuve matérielle contre mes supposés errements liés aux activités, peut-être condamnables de mon frère, n’a pu être fournie.

La presse a allègrement jugé, condamné, permettant à des socialistes d’instruire un procès politique, basé sur des fuites savamment orchestrées et orientées pour me nuire et me détruire.

Je ne me suis jamais soustrait à l’action de la justice, et je me défends, comme tout citoyen est en droit de le faire.

Dans ce contexte, force est de reconnaître que la présomption d’innocence ne vaut rien pour ceux qui viennent de précipiter le parti socialiste et la gauche marseillaise dans un véritable désastre électoral.

Ces petits personnages, qui n’ont de cesse de m’humilier, avec une méchanceté inouïe, pour masquer leur incapacité à présenter un projet politique pour la deuxième ville de France, ont jeté mon honneur aux chiens, dans un travail de sape qui les précipite vers le néant politique.

Ils critiquent, dénigrent, méprisent, se souciant uniquement de leur avenir personnel.

Croyant l’assurer, ils ont ainsi imposé à la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône une tutelle qui a paralysé son action durant la séquence électorale qui vient de s’achever.

La débâcle électorale de 2014 a rayé d’un trait de plume les victoires des socialistes acquises alors que je n’étais pas mis au banc de la rue Montgrand.

Je n’ai plus à être la victime désignée de ces imposteurs, qui après m’avoir étrillé, accablent l’ancien Premier ministre, alors qu’ils n’ont cessé de quémander soutien et aides à Matignon depuis mai 2012 !

Il est vrai que le gouvernement socialiste a beaucoup promis pour Marseille.

Je regrette que l’action n’ait pas suivi rapidement les déclarations d’intention, hormis pour la création d’une métropole rejetée par la quasi-totalité des maires du département et qui sera demain une aubaine pour l’opposition nationale.

Je le dis fortement et fermement : j’en ai assez d’être montré du doigt et d’être pris pour cible par des irresponsables, incapables de parler au peuple de Marseille et dont l’aveuglement a permis de faire élire un maire Front national dans le 7eme secteur de la ville peuplé de 150.000 habitants.

Le 6 octobre 2002, sous mon impulsion, les socialistes et la gauche rassemblée avaient battu l’extrême – droite à Vitrolles…

Autres temps, autres pratiques, autres résultats…

Je ne suis pas coupable de ces errements qui ont abouti à cette faute politique majeure dont les animateurs de la campagne socialiste à Marseille ne peuvent s’exonérer.

Pour dissimuler leurs propres échecs, ils persistent et veulent désormais changer les militants, au prétexte que ceux qui sont aujourd’hui la force du parti socialiste ne les suivent pas…

Dans un contexte difficile, tandis que l’action gouvernementale n’a pas été clairement lisible, ils creusent le tombeau des espérances de ceux et celles qui pensaient, peut-être naïvement après l’alternance de 2012, que la solidarité accompagnerait la responsabilité pour redonner à notre pays la place qui doit être la sienne.

Nous en sommes loin, hélas ! !

Vaillamment, avec détermination, j’ai mené le combat pour faire vivre le Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône.

J’ai décidé de tourner la page.

Je quitte le Parti socialiste mais je continue ma bataille politique.

Je reste au service des habitants de ce département en étant aux côtés de celles et ceux pour qui respect et fraternité ne sont pas des mots vides de sens ».

Il n’y aurait pas de dossier d’exclusion de Guérini au PS ?

Malgré l’annonce de notre premier secrétaire Harlem Désir, aucun dossier n’est arrivé sur la table de la haute autorité du parti socialiste. Difficulté technique de construction du dossier ou manque de volonté politique ?

Jean-Noël Guérini, le jour de la présentation de ses voeux à la presse, le 24 janvier.Jean-Noël Guérini, le jour de la présentation de ses voeux à la presse, le 24 janvier.
BG

À deux mois des municipales, Harlem Désir, notre premier secrétaire du parti socialiste avait fini par se décider. Oui, il allait exclure Jean-Noël Guérini, mis en examen pour association de malfaiteurs. D’autant plus que lors de ses voeux à la presse, le président du conseil général n’hésitait pas en sus à désigner comme sa « candidate de coeur » une Lisette Narducci se présentant sous l’étiquette PRG contre un candidat socialiste et annonçait sa candidature dissidente aux sénatoriales. L’annonce avait connu son petit succès médiatique. Deux mois plus tard pourtant, rien n’a bougé rue de Solférino. La toute nouvelle haute autorité qui devait instruire le dossier n’a jamais reçu de dossier. « Nous avons été saisis formellement puisqu’il y a eu cette annonce. Mais nous n’avons pas encore reçu la requête avec les griefs, les pièces et les annexes », confirme son président, l’avocat Jean-Pierre Mignard.

Cet organe indépendant composé de neuf personnalités du monde du droit dont quatre ne sont pas membres du parti socialiste se veut respectueux des formes qu’il calque sur les pratiques judiciaires habituelles. Il attend donc une argumentation précise dans cette procédure, « ne serait-ce que pour pouvoir avertir la personne visée des faits qui lui sont reprochés », explique Mignard. C’est à cet endroit que le bât blesse. Le parti n’est pas sûr de la solidité du dossier qu’il pourrait déposer à l’instruction que ce soit concernant les annonces du soutien de Guérini à Narducci ou de son cavalier seul dans la course vers la haute assemblée.

Le droit socialiste

Si l’on se fie aux statuts du parti, le principal argument qui pourrait justifier l’exclusion du sénateur socialiste est le suivant : « Lorsqu’un adhérent du parti est candidat à un poste électif pour lequel les instances régulières du parti ont investi un autre candidat, le Conseil national saisi par l’une des parties en cause constate que l’indiscipliné s’est lui-même mis en dehors du parti et le répute exclu ». La Haute autorité, saisie de ce dossier « de manière exceptionnelle » au vu de « la gravité des faits […] et au regard des conséquences pour la vie du parti », doit appliquer les mêmes règles.

Problème, confirme une source proche de Solférino, « la dissidence serait une raison de l’exclure mais elle n’est pas actée. Quant au soutien déclarée à Lisette Narducci, il ne s’est pas affiché dans son comité de soutien et il ne s’est pas promené avec elle. » Traduction, aujourd’hui encore, Jean-Noël Guérini est intouchable du strict point de vue du droit socialiste sauf à considérer que celui-ci a commis, dernier plan d’attaque prévu dans les statuts, « des manquements répétés aux principes de la charte éthique du parti », comme l’avait annoncé en janvier le secrétaire national aux fédérations, Alain Fontanel.

« Le comble du ridicule »

Cette hypothèse est pourtant la plus aléatoire. Il est toujours compliqué de construire un argumentaire juridique sur les seules valeurs éthiques d’autant plus que la haute autorité met au premier plan le respect de la présomption d’innocence. La rigueur judiciaire des neuf sages fait craindre un camouflet à Solférino, autant qu’un appel devant un tribunal de grande instance que pourrait décider Jean-Noël Guérini. « Imaginez qu’on exclut Guérini et que la justice dise que les éléments ne sont pas probants. Ce serait le comble du ridicule », appuie le secrétaire fédéral d’un PS 13 toujours sous tutelle, Jean-David Ciot. Celui-ci, ancien membre du cabinet de Guérini au conseil général, plaide pour qu’il « quitte de lui-même le PS ». Une option que l’intéressé a toujours refusée, envoyant même en ce début d’année un chèque de renouvellement de cotisation que le parti n’a pour l’heure pas encaissé.

« L’exclusion finira par se produire », souffle fataliste notre source proche de la direction du parti. Reste qu’en terme d’images, cet atermoiement ressemble de très près à une frilosité politique. Dans ce dossier, le parti n’a jamais cessé de privilégier l’enfumage aux actes. Durant la campagne présidentielle, François Hollande clamait que Guérini n’était plus au parti socialiste. Le 26 mars sur France Inter, Harlem Désir ne disait pas autre chose avant de lâcher, face à l’insistance de Patrick Cohen, que ce n’était pas encore tout à fait le cas. Contacté pour s’expliquer plus amplement, Solférino n’a pour l’heure pas donné suite, tout comme son secrétaire aux fédérations, Alain Fontanel.

Dans Le Canard enchaîné de cette semaine, la phrase suivante est attribuée au désormais ex premier ministre Jean-Marc Ayrault : « Je paye aussi l’incapacité du PS à renouveler depuis quinze ans ses candidats dans certains départements. Jean-Noël Guérini n’a même pas été exclu du PS. » Son successeur Manuel Valls pourrait bien se poser lui aussi quelques temps cette question. Quant à Patrick Mennucci qui a donné une semaine puis quinze jours au PS pour choisir entre lui et Guérini, il peut se préparer à faire ses valises…

Par Jean-Marie Leforestier, le 4 avril 2014

Jean-Noël Guérini candidat

Une fois sa carrière politique terminée, Jean-Noël Guérini pourra se recaser dans le spectacle, tendance Grand-Guignol. Chaque année, le président du conseil général invite les journalistes pour la cérémonie des voeux à la presse et, chaque année, il fait un show. L’an dernier, il avait surjoué sa convalescence après un malaise qui lui avait permis d’écourter une convocation du juge Duchaine. En 2014, l’homme fort du département a la grande forme, jamais plus à l’aise que lorsqu’il peut jouer les trouble-fêtes chez ses futurs ex-camarades socialistes en pleine période électorale.

« Je ne serai pas candidat aux élections municipales à Marseille », a-t-il affirmé après avoir laissé planer le doute l’an dernier sur ses intentions de rallier le Parti Radical de Gauche pour faire la nique à son parti de coeur. En revanche, il soutiendra ardemment Lisette Narducci dans les 2e et 3e arrondissements ainsi que tous les maires du département qui le lui demanderont. Pour Marseille, il a également cité le nom des différents conseillers généraux candidats qu’il pourrait soutenir, glissant aussi au passage le nom de Samia Ghali dans la liste. Celle-là même qu’il affrontera aux sénatoriales en septembre 2014. En revanche, personne ne pourrait lui faire dire qu’il soutient Patrick Mennucci. A la question, il répond : « Marseille a besoin d’une vision d’avenir, pas de la valse des egos ».

Il retrouvera sa candidate de coeur, Lisette Narducci lors des prochaines cantonales. Avec la réforme des collectivités locales, les circonscriptions cantonales sont en cours de redécoupage. En mars 2015, des couples mixtes de potentiels conseillers généraux seront proposés. Pour le canton du président sortant et candidat à sa succession -« le plus grand de tout le département »– cela sera son amie de 25 ans qui l’accompagnera. Et il annonce une surprise pour le nom de son suppléant si jamais il décède en cours de mandat. De ce côté là aussi, Guérini paraît sûr de lui : « Je suis candidat à l’injection de cellules souches pour rester en forme le plus longtemps possible ».

Par Benoît Gilles, le 24 janvier 2014 pour marsactu

Suzanne Maurel 1ère socialiste de Gréasque

Le vote du 10 octobre dernier a désigné avec une très large majorité la 1ère socialiste en la personne de SUZANNE MAUREL-CHORDI (Maire sortante)

Nous la félicitons et nous félicitons de son score

La fédération des Bouches-du-Rhône sous tutelle

Jean-Noël Guérini, lors de ses vœux de président du conseil général des Bouches-du-Rhône, le 30 janvier, à Marseille.

C’est son premier acte d’autorité et il ne sera pas sans conséquences. Mardi 19 mars, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, souvent accusé d’immobilisme, a décidé de frapper fort en mettant sous tutelle la direction de la puissante fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, estimant que ses « divisions » et ses « dysfonctionnements » sont « un obstacle à la bonne préparation »des élections municipales à Marseille et à Aix-en-Provence en 2014. M. Désir a pris sa décision seul avec sa garde rapprochée, sans en informer au préalable les instances locales, avant de faire voter la mise sous tutelle par le bureau national du parti.

 

Selon la direction du PS, la fédération, minée par les affaires et les luttes intestines, n’est pas en mesure d’organiser en octobre la primaire « citoyenne » pour désigner « en toute transparence et en toute équité » le candidat PS à la mairie de Marseille. « La fédé est complètement bloquée, le climat de division général. C’était intenable, il fallait agir », résume un proche de M. Désir.

Cette fédération de 9 000 membres, qui a fait et défait plus d’un congrès PS par le passé, ne cesse de se déliter. Le 5 mars, c’est son premier secrétaire fédéral, le député Jean-David Ciot, ancien collaborateur de Jean-Noël Guérini, longtemps roi de l’échiquier socialiste marseillais, qui a été mis en examen pour « recel de détournement de fonds publics ».

CARTON ROUGE

Ce nouvel épisode judiciaire intervient alors que la députée Sylvie Andrieux est jugée à Marseille depuis le 4 mars dans un autre dossier de malversations concernant la région PACA. « Le PS marseillais occupe plus de place dans les pages faits divers des journaux que dans les pages politiques, c’est néfaste pour tout le monde », estime un cadre local, qui ajoute : « On est à un an de la municipale, nous avons les moyens de gagner la deuxième ville de France, faisons-le proprement. »

La tenue du conseil fédéral le 14 mars, le premier depuis six mois, a été l’énième illustration des guerres internes au PS marseillais. Ni la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, ni le député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci, deux poids lourds locaux, chantres de la rupture avec l’ère Guérini, et chacun candidat à la primaire, n’y ont participé. « A un moment, il faut savoir dire : arrêtons de faire semblant que tout est normal », s’insurge Michel Pezet, ancien premier secrétaire fédéral, qui, le premier, a réclamé le 13 mars « la mise sous tutelle nationale » de la fédération.

Après l’Hérault en septembre 2010 et le Pas-de-Calais en juin 2012, voilà donc les Bouches-du-Rhône sous contrôle de Solférino. Déjà en 2011, la fédération avait frôlé le carton rouge après l’attaque d’Arnaud Montebourg, à l’époque chargé de la rénovation au PS, dénonçant le « clientélisme » guériniste et son « système de pression féodal reposant sur l’intimidation ».

Martine Aubry, alors premier secrétaire du PS, s’était contentée d’un rappel à l’ordre en commandant un rapport au sénateur Alain Richard, qui avait sommé la fédération d’abandonner « ses usages anciens » et « sa culture du rapport de force ». « On ne fait que mener à son terme la rénovation prônée par le rapport Richard », explique Alain Fontanel, le secrétaire national aux fédérations qui assurera la tutelle « jusqu’au 31 mars 2014 » avec Christophe Borgel, chargé des élections.

« SONDAGE DE NOTORIÉTÉ »

Un choix tardif qui divise les prétendants à la primaire marseillaise. « J’ai voté pour », assume Patrick Mennucci, membre du bureau national, qui considère que « ce n’est pas un mauvais signe que le national reprenne les choses en main ». A l’inverse, le président de la Communauté urbaine de Marseille, Eugène Caselli, s’étonne d’une « décision un peu décalée ». « Elle aurait eu du sens il y a plusieurs mois, mais aujourd’hui ? », s’interroge celui qui dit avoir une « détermination intacte à être candidat » mais craint que la mise sous tutelle donne aux militants « le sentiment d’être une fois de plus stigmatisés ».

M. Ciot, lui, avoue être « tombé des nues » après avoir appris la nouvelle mardi par un appel de M. Désir. Derrière la reprise en main, le premier secrétaire fédéral soupçonne Solférino de vouloir désigner son candidat sans passer par la case primaire. « Je n’ose penser que c’est une concession faite à Marie-Arlette Carlotti pour lui donner l’investiture », déclare-t-il alors que le PS a annoncé la réalisation d’un « sondage de notoriété » sur les candidats et que la ministre, en tête jusqu’à présent des intentions de vote, a toujours exprimé ses réserves quant à la mise en oeuvre d’une primaire. Réponse au plus tard le 13 avril, date du prochain conseil national consacré aux municipales.

 

 

LE MONDE | 20.03.2013 Bastien Bonnefous et Gilles Rof

Jean-David Ciot, tête de pont des anti-métropole

Député et maire du Puy-Sainte-Réparade, Jean-David Ciot est aussi le premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône. Malgré cette triple casquette, l’élu est fermement engagé auprès des 106 maires opposés à la métropole. Il explique sa position et évoque également le sujet brûlant des primaires socialistes.

Jean-David Ciot a le profil idéal pour devenir le président de la future métropole Aix Marseille Provence que souhaite ardemment le gouvernement. Socialiste, il vient du pays d’Aix, tient la fédé du département et s’entend plutôt bien avec Jean-Noël Guérini dont il était membre du cabinet jusqu’à qu’il en parte dans les conditions que l’on sait.  Il pouvait donc être un lien idéal entre des territoires qui se tournent le dos. Au lieu de cela, Jean-David Ciot s’est engagé dans le camp des « anti » et milite auprès des 106 autres maires, réunis hier pour une nouvelle étape de leur mobilisation.

Cette « conférence territoriale » se voulait le pendant de la conférence métropolitaine qui a cristallisé leur colère le 21 décembre dernier. C’est à cette occasion qu’ils avaient présenté leur contre proposition, baptisée Epoc, pour établissement public opérationnel de coopération. Cet Epoc a franchi une nouvelle étape hier avec la signature des maires pour la mise en place d’un Réseau de transport métropolitain. Mais, au-delà de ces avancées symboliques, Jean-David Ciot célèbre d’abord l’unité des édiles municipaux : « Ce qu’il faut mesurer, c’est qu’il y a un vrai rassemblement des maires au-delà des couleurs politiques. D’ailleurs, pendant la matinée, un maire de la communauté urbaine, celui de Gémenos, a choisi de nous rejoindre. Ce rassemblement se fait autour de l’hostilité à un projet centralisé tel que le proposerait la métropole ».

« Pas le début d’un texte sur la métropole »

Et si le maire du pays d’Aix manie ainsi le conditionnel, c’est aussi parce que peu d’éléments filtrent sur la nature même du projet métropolitain : « Le flou est entretenu sur le projet porté par le gouvernement et j’ai eu l’occasion de le dire à la fois au premier ministre et à Marylise Lebranchu. Celle-ci a beaucoup écouté, beaucoup consulté mais n’a pas donné grand chose. Sur la métropole, nous n’avons pas le début d’un texte ». Le député reproche à la ministre de ne distiller que des éléments de négociation notamment sur les compétences : le développement économique, les universités, la cohésion du territoire et l’écologie « mais on l’apprend au détour d’une conversation. Ce n’est pas normal ».

« Si la seule réponse aujourd’hui, c’est une collectivité unique de 10 000 fonctionnaires, de 90 communes, de deux millions d’habitants qui va mettre dix ans à se mettre en place alors qu’on vient à peine de créer les intercommunalités dans notre département, ça ne peut pas marcher. Nous voulons un organisme immédiatement opérationnel alors que l’on sait qu’avec la métropole, on va passer cinq ans à savoir quel est le rapport de force, qui a le pouvoir et qui ne l’a pas ».

En clair, les maires sont d’accord sur le diagnostic et la nécessité d’apporter des réponses sur les problèmes du territoire. En revanche, ils ne s’entendent pas sur l’outil à mettre en place pour y répondre. « Moi, je dis, discutons sur l’outil, répond Ciot. Et construisons une métropole qui puisse être accepté par 107 maires ». L’ancien collaborateur du cabinet de Jean-Noël Guérini ressort même du chapeau une proposition sur la transformation du conseil général  en « outil de coopération intercommunal ». Entre tous les scénarios en vigueur, le premier fédéral plaide pour discussion ouverte alors même que le gouvernement semble sourd à tout gauchissement de son projet. « Je crois qu’il y a dans le département, une tradition à manifester contre. Nous, les élus, avons notre part de responsabilité et nous ne sommes pas allés assez loin sur un certain nombre de sujets stratégiques ».

Primaires à Aix et Marseille

Une fois refermé ce volet métropolitain, Jean-David Ciot a remis sa casquette de patron du PS 13 pour aborder la question des primaires ouvertes entre les différents candidats socialistes aux municipales d’Aix et de Marseille. La semaine dernière, Harlem Désir organisait une réunion à Paris pour poser les bases de la déclinaison locale du dispositif qui avait tant profité au candidat Hollande. « J’ai assisté à cette réunion avec les candidats potentiels que le premier secrétaire avait repéré. Je regrette qu’ils ne soient pas tous venus. Personne n’a été refusé. En revanche, ce qui a été refusé, c’est que les candidats soient représentés. Je peux comprendre que certains aient des problèmes d’agenda mais, quand un premier secrétaire s’intéresse à Marseille et aux municipales, c’est plutôt un bon signe ». Il fait clairement référence à Marie-Arlette Carlotti qui a tenté d’imposer son chef de cabinet au sein de la réunion.

Pour ce qui est du fond, le premier fédéral doit travailler « sur des règles communes, un calendrier avec des primaires à l’automne et des candidatures en septembre ». Un groupe de travail sera placé sous l’autorité de Jean-Pierre Mignard « mais dans une direction collégiale », ce dernier « étant lui-même candidat ». « Il faut qu’il ait une autorité morale, y compris d’empêcher un candidat si celui-ci se comporte mal ».

Par Benoît Gilles, le 15 février 2013 dans Marsactu.fr

 

Résultat du vote du 1er Fédéral dans les B-d-Rh

 

 Premier Secrétaire Fédéral
SECTIONS inscrits National Votants blancs /nuls exprimés Jean-David CIOT Nathalie PIGAMO
Département
AIX EN PROVENCE 1 EST 184 112 6 106 50 56
AIX EN PROVENCE 2 OUEST 157 87 2 85 40 45
ALLAUCH LA POUNCHE 234 100 7 93 74 19
ALLAUCH LOGIS 9 249 99 6 93 67 26
ALLAUCH VILLAGE 323 125 13 112 82 30
ARLES 100 69 4 65 49 16
AUBAGNE 49 23 1 22 9 13

 

 AURIOL 15 0 0
BERRE MITTERRAND 249 41 1 40 28 12
BERRE DEFFERRE 240 169 6 163 152 11
BOUC BEL AIR 19 8 1 7 0 7
CABRIES 16 12 0 12 2 10
CARNOUX 5 5 0 5 3 2
CASSIS 23 14 0 14 12 2
CHATEAUNEUF les MARTIGUES 118 64 0 64 54 10
CHATEAURENARD 34 17 0 17 16 1
CIOTAT (LA) 79 57 1 56 26 30
CORNILLON CONFOUX 8 7 1 6 3 3
CUGES LES PINS 14 10 0 10 2 8
EGUILLES 21 14 2 12 6 6
ENSUES LA REDONNE 29 15 0 15 9 6
FARE LES OLIVIERS (LA) 26 17 0 17 15 2
FONTVIEILLE 13 6 1 5 1 4
FOS SUR MER 91 55 2 53 41 12
FUVEAU 14 4 0 4 2 2
GARDANNE 53 26 5 21 13 8
GIGNAC LA NERTHE 86 21 1 20 18 2
GRANS 5 5 0 5 5 0
GREASQUE 22 14 3 11 2 9
ISTRES 31 23 2 21 8 13
LAMBESC 28 19 2 17 12 5
LANCON 18 13 0 13 7 6
MALLEMORT 24 15 0 15 13 2
MARIGNANE 38 25 4 21 17 4
MARTIGUES 57 28 1 27 24 3
MAUSSANE 102 94 1 93 90 3
MEYRARGUES 8 7 0 7 7 0
MEYREUIL 16 12 0 12 4 8
MIRAMAS 98 58 0 58 44 14
MOURIES 5 0 0
PELISSANNE 25 13 1 12 4 8
PENNES MIRABEAU (LES) 155 96 2 94 84 10
PENNE S/HUVEAUNE (LA) 28 20 8 12 7 5
PEYNIER 19 16 1 15 13 2
PEYROLLES 27 10 0 10 7 3
PLAN DE CUQUES 20 10 0 10 3 7
PORT DE BOUC 13 9 0 9 6 3
PORT ST LOUIS DU RHÔNE 14 10 1 9 6 3
PUY STE REPARADE (LE) 57 37 0 37 33 4
ROGNAC 32 27 0 27 25 2
ROGNES 22 17 0 17 17 0
ROQUE D’ANTHERON (LA) 22 14 0 14 13 1
ROQUEFORT LA BE 16 9 0 9 7 2
ROQUEVAIRE 17 15 1 14 12 2
ROUSSET 99 65 0 65 61 4
ROVE (LE) 7 7 0 7 7 0
ST CANNAT 32 19 0 19 11 8
ST CHAMAS 14 10 0 10 1 9
STES MARIES DE LA MER 7 7 0 7 7 0
ST MARTIN DE CRAU 100 98 1 97 84 13
ST MITRE 21 14 1 13 11 2
ST REMY DE PROVENCE 37 22 1 21 8 13
ST VICTORET 25 11 0 11 8 3
SALON DE PROVENCE 114 46 3 43 17 26
SAUSSET LES PINS 23 12 0 12 7 5
SEPTEMES 22 19 1 18 18 0
SIMIANE-COLLONGUE 36 19 1 18 9 9
TARASCON 11 6 0 6 1 5
TRETS 27 21 1 20 16 4
VALLEE DES BAUX 10 0 0
VELAUX/COUDOUX 66 42 1 41 19 22
VENELLES 31 16 0 16 14 2
VITROLLES 80 50 1 49 35 14
TOTAL 4130 2277 98 2179 1578 601
Pourcentages 55,13% 4,30% 95,70% 72,42%
Marseille
Marseille 301 228 74 1 73 10 63
Marseille 302 A 226 129 3 126 119 7
Marseille 302 B 196 101 3 98 93 5
Marseille 303 176 31 1 30 29 1
Marseille 304 140 76 0 76 3 73
Marseille 305 104 61 1 60 40 20
Marseille 306 102 62 1 61 25 36
Marseille 307 153 71 13 58 23 35
Marseille 308 129 59 7 52 17 35
Marseille 309 154 60 4 56 26 30
Marseille 310 124 57 3 54 38 16
Marseille 311 156 62 2 60 48 12
Marseille 312 129 51 0 51 35 16
Marseille 313 NORD 215 77 2 75 63 12
Marseille 313 SUD 223 113 0 113 105 8
Marseille 314 253 87 3 84 67 17
Marseille 315 1 325 84 0 84 74 10
Marseille 315 2 272 97 4 93 77 16
Marseille 316 1 195 97 0 97 78 19
Marseille 316 2 192 118 2 116 91 25
TOTAL 3692 1567 50 1517 1061 456
Pourcentages 42,44% 3,19% 96,81% 69,94% 30,06%
Entreprises
Eurocopter 9 6 0 6 0 6
HOPITAL d’ALLAUCH 74 7 1 6 3 3
CAISSE D’EPARGNE 10 5 1 4 1 3
CONSEIL GENERAL 124 69 1 68 68 0
POLICE 27 16 0 16 15 1
PTT 21 11 2 9 2 7
TOTAL 265 114 5 109 89 20
Pourcentages 8103 43,02% 4,39% 95,61% 81,65% 18,35%
TOTAL 8087 3958 153 3805 2728 1077
Pourcentages / national 48,94% 3,87% 96,13% 71,70% 28,30%

 

Liste des secrétaires de section élus par les militants

 

SECTIONS DE MARSEILLE

 Marseille 301

Eric SCOTTO
         

 Marseille 302 A

Théodore DALLARI
         

 Marseille 302 B

Rolland LEANDRI
         

 Marseille 303

Claude PIZZO
         

Marseille 304

Jean-Jacques BONFIL
       

Marseille 305

Jean-François NOYES

Marseille 306

       
  Claude MOSER
         

Marseille 307 

Louis FABRE
         

Marseille 308

Annie LEVY-MOZZICONACCI
         

 Marseille 309

Sylvain BORGNI
         

 Marseille 310

René OLMETA
         

 Marseille 311

Denis BARTHELEMY
       

 Marseille 312

Christophe MASSE
         

 Marseille 313 NORD

Jacky MUSELI
         

 Marseille 313 SUD

Mélanye LORENZI
       

 Marseille 314

José-Marie BARSOTTI
         

 Marseille 315 Est 1

Gilbert GARLANDO
       

 Marseille 315 Ouest 2

Rébia BENARIOUA
         

 Marseille 316 1

Gérard MARCHI
         

 Marseille 316 2

Alain PLAZA
         
         

 

SECTIONS DU DEPARTEMENT

   

AIX EN PROVENCE OUEST

Jacky LECUIVRE
     

ALLAUCH LA POUNCHE

Danièle SERISOLA
     

ALLAUCH  LOGIS NEUF

Janine MARY
     

ALLAUCH VILLAGE

Hélène ABERT
     

ARLES

Mohamed RAFAI
     

AUBAGNE

Gérard RAMPAL
     

BERRE  MITTERRAND

Priscilla GARCIA
     

BERRE DEFFERRE

Wanda WARRUS
     

BOUC BEL AIR

Albert PICQUET
     

CABRIES

Patricia SHEARER
     

CARNOUX

Robert SIRVENT
     

CASSIS

Jean-Pierre PERONE
     

CHATEAUNEUF les MARTIGUES

Claude RIBIERE
   
     

CHATEAURENARD

Christophe THEVENON
     

CORNILLON CONFOUX

Fernand FENASSE
     

CUGES LES PINS

Claude GÜBLER
     

EGUILLES

Jean-Claude CAVALLO
     

ENSUES LA REDONNE

Jean-Michel OLIVE
     

FOS SUR MER

Hervé BERNE
     

FUVEAU

Maria DEMOULIN
     

GARDANNE

Grégory CALEMME
     

GRANS

Dominique LE BŒUF
     

GREASQUE

Jean-Bernard BILLARD
     

LAMBESC

Bernard VEYRUNES
     

LANCON

Michel DONTAINE
         

LA CIOTAT

Saïd ZENAFI
         

LA FARE LES OLIVIERS

Pierre MELI
     

LA PENNE SUR HUVEAUNE

Thierry BATTAGLIA
         

LA ROQUE D’ANTHERON

Michel BOURDAIS
         

LE PUY SAINTE REPARADE

Marie-Béatrice REDON
         

LE ROVE

Michel JAUFFRET
         

LES PENNES MIRABEAU

Michèle AUREILLE
         

MALLEMORT

Ella DARROUZES
     

MARIGNANE

Vincent GOMEZ
     

MARTIGUES

Sophie DEGIOANNI
     

MAUSSANE

Jérôme SANTILLI
     

MEYRARGUES

Frédéric ORSINI
     

MEYREUIL

Abdelkader OSMAN
     

MIRAMAS

Christophe CAILLAULT
     

PELISSANNE

Noël CHAVE
     

PEYNIER

Hervé BOURGOGNE
     

PEYROLLES

Maurice OCCELLI
     

PLAN DE CUQUES

Jacques HATEM
     

PORT DE BOUC

Salah REBBADJ
     

PORT SAINT LOUIS DU RHÔNE

Oula AZOUZ
     

ROGNAC

Mario MARTINET
     

ROGNES

Michel MENEZ
     

ROQUEFORT LA BEDOULE

Sadry GUITA
     

ROQUEVAIRE

Etienne TRENTESAUX
     

ROUSSET

Dominique BOZZI
     

SAINT CHAMAS

Michel TOUIN
     

SAINTES MARIES DE LA MER

Michel CONTRERAS
     

SAINT MARTIN DE CRAU

Jean CHAPUT
     

SAINT MITRE LES REMPARTS

Vincent KINDA
     

SAINT REMY DE PROVENCE

Fatiha ZOIOUI
     

SAINT VICTORET

Bernard ALIAGA
     

SALON DE PROVENCE

Patrick CHINI
     

SAUSSET LES PINS

Maria RAYNAUD
     

SEPTEMES LES VALLONS

Alain LAURENS
     

SIMIANE-COLLONGUE

Christian ARNAUD
     
     

TRETS

Nathalie GASTAUD
     

VELAUX/COUDOUX

Christian POITEVIN
     

VENELLES

Christian BONHOMME
     

VITROLLES

Frédéric de SOUZA
     

SECTIONS D’ENTREPRISE

 

EUROCOPTER

Alain TEISSIER
     

HOPITAL d’ALLAUCH

Thierry ESPOSITO
     

CAISSE D’EPARGNE

André CORNILLE
     

CONSEIL GENERAL

Antoine PIOMBO
     

POLICE

Alphonse GIOVANNINI
     

PTT

Christian CABROL

Une justice pénale contre les maux du travail

Alors que le système judiciaire laisse au bord du chemin les victimes de l’amiante, «la création d’un parquet social –au même titre qu’il existe un parquet antiterroriste– spécialisé dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail constituerait un signal politique fort de justice», assure Delphine Mayrargue, secrétaire nationale adjointe du PS au travail et à l’emploi et membre de l’équipe de campagne de François Hollande.

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Les drames  provoqués depuis des décennies par l’amiante ont resurgi dans l’actualité ces dernières semaines à travers trois informations. Prenons-les chronologiquement: le 13 février, le tribunal de Turin, en Italie, condamne à seize ans de prison deux dirigeants du groupe Eternit, le géant suisse de l’amiante, pour «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» ayant causé la mort de 3 000 personnes. Le 1er mars, la Cour d’appel de Douai, en France, condamne neuf victimes de l’amiante à rembourser une partie des indemnités perçues. En ce même mois de mars, nous apprenons que le ministère du travail devrait réviser les règles de prévention de l’exposition à l’amiante à la suite d’études menées en… 2009 recommandant d’élargir le périmètre des fibres d’amiante à prendre en compte. Il s’agit de protéger les salariés de fibres plus fines et plus courtes que celles déjà sous surveillance. La dangerosité de ces fibres d’amiante est donc connue depuis 2009, rappelée en août 2011 par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Le Parti socialiste a demandé un moratoire sur les chantiers de l’amiante; le gouvernement actuel s’apprête lui, tranquillement, dans une vision bureaucratique et mercantile à repousser l’application de nouvelles mesures à 2015.

En France, l’amiante humilie ses victimes (demande de remboursement des indemnités); en France, l’amiante tue (opérations de désamiantage réalisées dans des conditions risquées); en France, l’amiante reste une zone d’ombre et de honte. La question n’est pas ici de savoir si des erreurs de calcul ont été commises dans le versement d’indemnités à des victimes; la question n’est pas de savoir si nous pouvons nous payer le luxe d’être plus exigeant que la Chine dans la protection des travailleurs. Ces questions ne devraient tout simplement pas se poser. En revanche, une autre question mérite d’être posée: pourquoi, alors que la dangerosité de fibres jusqu’alors ignorée est rendue publique dès 2009, ni les entreprises de désamiantage, ni les pouvoirs publics n’ont-ils impulsé une dynamique de recherche et d’innovation permettant de travailler à de nouvelles méthodes et de nouveaux outils d’enlèvement de l’amiante?

Revenons au tribunal de Turin. Ce qui est possible de l’autre côté des Alpes se heurte chez nous à des imbroglios judicaires et à une inertie du parquet. Les victimes ont droit à des indemnités, mais cela ne saurait leur retirer cette dignité que représente le droit à un procès pénal. Comme si, en France, l’indemnisation suffisait pour solde de tout compte.

C’est pourquoi, me semble-t-il, le drame de l’amiante est aujourd’hui à rapprocher des drames provoqués par une organisation du travail indigne. Les suicides, ces dernières années, de salariés de Renault, de France Telecom, de Pôle emploi, et ces jours-ci encore à la Poste et au sein de l’inspection du travail, ont révélé l’ampleur de la souffrance provoquée par des pratiques managériales et des exigences de rentabilité inhumaines –inhumaines parce qu’inatteignables et non respectueuses de la dignité humaine.

François Hollande s’engage à redonner de la dignité au travail, c’est-à-dire à respecter les femmes et les hommes au travail. Cet engagement passera notamment par la mise en place d’un dispositif de notation sociale obligeant les entreprises à appliquer des critères de qualité de l’emploi et de conditions de travail. La définition de ces critères constituera un enjeu essentiel de négociation sociale. Dans le domaine social, nous avons besoin de sécurité, d’innovation et de justice.

Au regard de l’exemple italien en matière de lutte contre l’impunité des dirigeants d’entreprises responsables de catastrophes sanitaires et d‘exposition des salariés au danger, la création d’un parquet social –au même titre qu’il existe un parquet antiterroriste– spécialisé dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail constituerait un signal politique fort de justice.

MEDIAPART 26 Mars