Section de Gréasque
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Votez François Hollande

Suzanne Maurel, Maire de Gréasque

et les élus socialistes


appellent à voter pour François Hollande
le 6 mai

«Le vote FN est avant tout une colère sociale»

[Dimanche 22 avril]. François Hollande à Vigeois en Corrèze. (Photo Sébastien Calvet pour Libération)

Interview François Hollande réagit pour la première fois depuis son succès au premier tour, dimanche :

Par LAURE BRETTON

Arrivé en tête du premier tour de la présidentielle avec 28,63% des suffrages, François Hollande explique quelle sera sa stratégie dans la bataille de l’entre deux tours.

Au lendemain du premier tour, quelle est votre analyse du vote des Français ?

J’ai remporté une première victoire, les Français m’ont placé en tête. C’est une première dans l’histoire de la Ve République. Le candidat sortant a perdu. Contrairement à ce qu’il plastronnait, il est arrivé second. Et sa prétendue «stratégie» fondée sur «le croisement des courbes» s’est écroulée.

Dans votre déclaration à Tulle, dimanche, vous en venez très rapidement au vote FN…

C’est normal, le résultat obtenu par le Front national est une donnée marquante du scrutin. Le vote FN a changé de nature entre 2002 et 2012. Il est moins haut dans un certain nombre de villes et il est plus fort dans des territoires ruraux qui en avaient été jusque-là préservés. Qu’est-ce que cela révèle ? Un mécontentement agricole, des électeurs qui, sans doute de droite, ont voulu sanctionner le candidat sortant en allant vers Le Pen. Et aussi un électorat de souffrance, composé de petits employés, d’artisans, d’ouvriers qui vivent vraiment un sentiment d’abandon. C’est ma responsabilité de m’adresser tout de suite à ces électeurs qui n’adhèrent pas forcément aux idées du FN, l’obsession de l’immigration en particulier, mais qui expriment, avant tout, une colère sociale.

Le vote Front national est-il un vote d’adhésion ou un vote protestataire ?

Les deux. Il y a pour une part une adhésion à l’extrême droite, clairement assumée, et même parfois une adhésion personnelle à Marine Le Pen. Et puis un vote d’utilisation, d’instrumentalisation, de protestation. Il exprime une volonté de sanctionner, pas simplement le candidat sortant, mais le système politique, l’Europe et la mondialisation.

A qui s’adresser entre les deux tours ?

D’abord à l’électorat de gauche qui, quel que soit son vote de premier tour, ne veut pas se détourner de son objectif et veut sanctionner Nicolas Sarkozy. L’erreur que je ne commettrai pas, c’est, pour parler aux autres, d’oublier les nôtres. Le vote Mélenchon, c’est un vote de transformation, de contestation, de colère, presque de manifestation dans tous les sens du terme. Jean-Luc Mélenchon a su avec talent incarner cette aspiration. De la même manière, l’électorat écologiste va bien au-delà du score d’Eva Joly. L’ignorer écarterait un certain nombre de citoyens qui ont envie de changement. Etre le président de tous ne veut pas dire être un président qui viendrait de nulle part. Je suis socialiste, je suis le représentant de la gauche, mais je m’adresse à tous les Français, car je veux être le président du rassemblement.

Quelle campagne allez-vous mener ?

D’abord, il faut mobiliser les électeurs qui ne sont pas venus voter. Il faut aller chercher celles et ceux qui peuvent se dire, à tort, que c’est déjà gagné. Deuxièmement, il faut parler à tous les républicains sincères qui ont à cœur l’intérêt de la France. Enfin, il y a l’électorat de Le Pen, dont une part vient de la gauche et devrait se retrouver du côté du progrès, de l’égalité, du changement, de l’effort partagé, de la justice, parce qu’il est contre les privilèges, contre la mondialisation financière, contre une Europe défaillante. A moi de les convaincre que c’est la gauche qui les défend.

Sarkozy s’est emparé du thème de l’Europe qui, selon lui, ne protège pas assez. Il veut s’adresser à la France du non. Vous aussi ?

Seule une très faible partie des électeurs du non s’est portée sur le candidat sortant. Il est identifié à l’Europe libérale et d’austérité telle qu’elle est. Il en a été le dirigeant et même l’inspirateur au moment de la crise. Il est vu comme celui qui n’a rien fait ou, pire, celui qui a défait. Que ce soit sur la faiblesse des dispositifs pour lutter contre la spéculation ou sur la question de l’immigration.

C’est un sujet dont vous avez peu parlé avant le premier tour…

C’est vrai que Nicolas Sarkozy l’a copieusement instrumentalisé depuis le début de sa campagne ! Il a annoncé qu’il voulait réduire de moitié l’immigration. Mais c’est un fait incontestable : il est depuis dix ans responsable de la politique migratoire et le flux annuel de nouveaux migrants n’a pas diminué. Tout simplement parce que l’immigration zéro n’est pas possible et l’immigration divisée par deux, à 100 000 personnes, supposerait de contrevenir à bien des principes de droit européen et international. Je me refuse à la caricature, je dénoncerai les mensonges sur la régularisation des sans-papiers. La gauche, depuis des années, considère que la maîtrise des flux migratoires doit être poursuivie avec une lutte plus efficace contre les filières clandestines. Sur ces questions, je n’ai ni mauvaise conscience ni davantage l’intention de verser dans la surenchère.

Après ce premier tour, vous êtes confiant ?

Nous avons réuni les conditions de la victoire, mais il y a une campagne à faire jusqu’au bout. Je suis donc tranquille et confiant. La preuve de l’inquiétude de Nicolas Sarkozy, voire de son improvisation, c’est qu’après avoir demandé deux débats de second tour, il en demande désormais trois ! Il a échoué à l’écrit, alors il voudrait multiplier les oraux dans l’espoir de se rattraper !

Ne craignez-vous pas cette confrontation ?

Non. Regardez tout ce qu’il avait claironné : que les courbes allaient se croiser, que j’allais faire moins de voix que Ségolène Royal en 2007. Tout a été démenti ! C’est ça, Nicolas Sarkozy, toujours l’esbroufe. Cela ne m’inquiète pas.

Comment abordez-vous le débat du 2 mai ?

Très sereinement. Je pense que ce doit être un moment d’élévation. Le candidat sortant veut en faire un pugilat, car il n’a pas le choix. Il est comme un coureur qui a été distancé et essaye d’attraper par le maillot celui qui est devant. Je veux être offensif sans tomber dans un combat de catch. Je rappellerai son bilan et je montrerai le chemin que je veux pour la France : le redressement dans la justice.

14 juillet 2011 : le discours anti-Sarkozy de Raymond Aubrac

ImprimerNicolas Sarkozy a vanté ce mercredi la mémoire de Raymond Aubrac, un de ces « héros de l’ombre qui ont sauvé l’honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue », ajoutant :

« Nous avons le devoir d’en maintenir le souvenir vivant au cœur de notre mémoire collective. »

Puisqu’il nous y invite, et que c’est un devoir, participons à cet exercice de mémoire, en retrouvant un souvenir assez récent : le 14 juillet dernier, à la Bastille, une centaine de militants des droits de l’homme étaient réunis pour protester contre la politique sécuritaire du gouvernement.

Voir le document

(Fichier PDF)

Parmi eux figurait Raymond Aubrac, 97 ans, qui a lu l’appel à manifester du collectif Non à la politique du pilori, diffusé dès juin :

« Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l’Etat s’acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les gens du voyage, les Français d’origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d’“assistés”… Elles ont ressorti le vieux mensonge d’une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation.

Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd’hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d’extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l’autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002.

Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics.

Nous refusons cette République défigurée ; celle que nous voulons, c’est la République “laïque, démocratique et sociale” que proclame notre Constitution ; celle du 14 juillet 1789, du Rassemblement populaire de 1936, celle enfin du Conseil national de la Résistance. Celle qui s’attache inlassablement à garantir à tous l’égalité en dignité et en droits, l’égale liberté, l’égal respect de la part de ceux qui les gouvernent.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel au rassemblement de toutes et tous, à la mobilisation des consciences pour le retour de cette République que nous voulons plus que jamais libre, égale et fraternelle.

Deux cent vingt-deuxième anniversaire de la prise de la Bastille, ce 14 Juillet est le dernier avant l’échéance présidentielle de 2012. Sachons nous en saisir, nous rassembler pour fêter la République de la meilleure manière qui soit : en appelant nos concitoyennes et concitoyens à faire respecter ses valeurs, aujourd’hui et demain. »

 

Document « rue89 » 11/04/2012

Le bilan de santé de Sarkozy

(Dessin Luz)

Que reste-t-il de cinq ans de sarkozysme? (1)«Libération» regarde dans le rétro et décrypte les principales réformes lancées par Nicolas Sarkozy en tant que président. Aujourd’hui, la santé.

Par ERIC FAVEREAU, CHARLOTTE ROTMAN, MARIE PIQUEMAL (Liberation)

En 2007, Nicolas Sarkozy n’a pas fait campagne en parlant de l’hôpital ou de la sécurité sociale. Mais une fois élu, il a initié des vastes réformes dans le secteur de la santé. Des pans entiers de l’activité hospitalière ont été réorganisés, parfois dans la douleur. Certains chantiers sont encore en cours.

Dessin d'illustration pour la série «Que reste-t-il de cinq ans de sarkozysme?» Du nettoyage en perspective avec la réforme du médicament

A l’origine, un scandale

Heureusement qu’elle était là… Irène Frachon, pneumologue à l’hôpital de Brest, a été l’élément central dans le scandale du Mediator, ce coupe-faim du laboratoire Servier autorisé jusqu’en novembre 2009. Irène Frachon a étudié les dossiers des patients auxquels avait été prescrite cette molécule, et a découvert que le Mediator avait pu provoquer entre «500 et 2000 morts». Déclenchant une enquête sur les mensonges du laboratoire Servier.

La mise en œuvre, un chantier ambitieux

Il y a eu d’abord un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales, en janvier 2011, qui a pointé la responsabilité de Servier, révélant des mensonges répétés. Puis une loi a été votée à l’automne 2011, réformant la sécurité sanitaire. Elle propose notamment de rendre obligatoires les déclarations de conflits d’intérêts dans le monde de la santé. (Lire l’interview du ministre de la santé dans Libé).

Les conséquences, une réforme inachevée

La loi va-t-elle assez loin? Comment rompre, ou déjà clarifier, les liens complexes entre chercheurs, médecins, et laboratoires pharmaceutiques ? Début 2012, la situation reste confuse, toujours marquée par le traumatisme post-Mediator. La nouvelle Agence de sécurité des médicaments a du mal à sortir de la tempête. En cours, une réévaluation de tous les médicaments.

 

Dessin d'illustration pour la série «Que reste-t-il de cinq ans de sarkozysme?» La loi Hôpital réorganise dans la douleur

A l’origine, nommer un patron à la tête de l’hôpital

La loi Hôpital, patients, santé et territoire (HPST) visait à faire fonctionner ensemble les hôpitaux, grands et petits, pour créer de véritables territoires de santé. Mais aussi décider d’un patron pour l’hôpital:  directeur ou médecin? «Il faut un patron à l’hôpital», a répété à tout-va Nicolas Sarkozy.

La mise en œuvre, ponctuée par des grèves

Après plusieurs grèves, plusieurs frondes et navettes parlementaires, la loi HPST, présentée au conseil des ministres par Roselyne Bachelot a été finalement votée, puis le texte est paru au Journal officiel le 22 juillet 2009. Il transforme la gouvernance à l’hôpital, en donnant beaucoup de pouvoir au directeur qui nomme les chefs de pôles. Il permet aussi de créer des regroupements hospitaliers, pour éviter que les petits établissements ne ferment faute de médecins.

Les conséquences, un budget plus que serré

La loi HPST a cristallisé beaucoup de conflits et de rancœurs. La réorganisation a été douloureuse. Deux ans plus tard, le malaise hospitalier reste entier. Et surtout il se nourrit d’une rigueur budgétaire inédite: pour la première fois, le personnel soignant a diminué dans les hôpitaux français.

 

Dessin d'illustration pour la série «Que reste-t-il de cinq ans de sarkozysme?» La justice sommée de se mêler de la folie

A l’origine, un meurtre

En décembre 2008, en Isère, un fait divers agite la France: un grand psychotique, en fugue de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, et surtout très mal pris en charge dans son secteur, poignarde un étudiant au hasard dans une rue de Grenoble. Comme à chaque fois, Nicolas Sarkozy demande une loi, cette fois pour modifier les placements en hôpitaux psychiatriques.

La mise en œuvre, l’intrusion du juge

Malgré de nombreuses protestations, au 1er août 2011, une nouvelle loi est entrée en vigueur. Elle modifie en profondeur les conditions de prise en charge des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques. D’un côté, elle oblige le juge à décider –au bout de deux semaines–, la poursuite ou non d’une hospitalisation sans consentement pour un patient. Ensuite, le texte autorise «des soins sans consentement» en ville, alors qu’auparavant la contrainte ne pouvait se porter que sur la décision d’hospitalisation.

Les conséquences, un secteur désorganisé

La première conséquence a été une désorganisation forte des secteurs de psychiatrie qui ont dû gérer la présence inédite du juge pour les hospitalisations sous contrainte. Ensuite, une lourdeur administrative: «Il y a plus d’une quinzaine de types de certificats, maintenant. On s’y perd», détaille un chef de secteur. Pour le reste, la psychiatrie publique se doit de vivre dans une grande rigueur budgétaire.

 

Dessin d'illustration pour la série «Que reste-t-il de cinq ans de sarkozysme?» L’aide à la procréation attend encore sa révolution

A l’origine, une demande de la société

La loi de bioéthique doit être révisée tous les cinq ans. Le rendez-vous, prévu pour 2009, avait déjà du retard à l’allumage. Et, avant l’examen du texte à l’Assemblée, en 2011, Xavier Bertrand, alors Ministre de la santé, confiait à Libération: «Nous avons une loi, il n’y a pas de besoin de révolution.» Mais ce passage obligé devant les législateurs était très attendu par toute une partie de la société: les lesbiennes ou les femmes célibataires, obligées de s’exiler pour se faire inséminer, les associations ou enfants issus d’un don de gamètes et hostiles à l’anonymat du don, les couples ayant besoin d’une mère porteuse. Tous espéraient une réponse médicale à une «infertilité sociale».

La mise en œuvre, frileuse

Consultation, états généraux, missions… La révision des lois de bioéthique atterrit finalement dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 15 février 2011. Au Sénat, les élus modifient le texte, vers davantage d’ouverture…par exemple en votant l’autorisation des recherches sur l’embryon mais tout cela sera resserré lors de la deuxième lecture au Palais-Bourbon. La loi est promulguée et publiée le 7 juillet 2011.

Les conséquences, plutôt décevantes

Autoriser l’insémination aux femmes célibataires? C’est non. Aux couples de lesbiennes? Toujours non. Inventer un cadre légal pour la gestation pour autrui  ou, au moins, trouver une manière de régulariser des enfants français nés d’une mère porteuse à l’étranger ? Impossible. Permettre la levée de l’anonymat des dons de gamètes ? Envisagé par Roselyne Bachelot, ce changement a finalement été enterré. Pour ce qui est de la PMA (procréation médicalement assistée), on est presque au statu quo. L’exode des couples infertiles ne risque pas de se tarir. Chaque année, plusieurs milliers d’entre eux se rendent à l’étranger pour se faire aider à concevoir un bébé. (Lire ici la tribune de Geneviève Delaisi de Parseval)

 

Dessin d'illustration pour la série «Que reste-t-il de cinq ans de sarkozysme?» Les malades victimes de la réforme de l’assurance maladie

A l’origine, la recherche d’économies

Tout un tas de mesures ont été adoptées ces dernières années, grignotant les remboursements des soins par la sécurité sociale. Beaucoup sont passées inaperçues car techniques, d’autres ont fait un peu plus de bruit, comme la baisse des indemnités journalières pour une partie des salariés malades. Mises bout à bout, toutes ces mesures, souvent prises par voie réglementaire, constituent une régression du droit des malades.

La mise en œuvre, par petites touches

Le quinquennat de Sarkozy, c’est d’abord des déremboursements de médicaments à la pelle. C’est aussi la hausse du reste à charge pour les actes de soins dits coûteux. Le ticket modérateur, part qui reste à la charge du patient, n’est désormais plafonné que pour les frais supérieurs à 120 euros (et non 91 jusqu’ici). Par ailleurs, un décret a rendu plus difficile le remboursement des frais de transport, le patient doit désormais apporter la preuve de son incapacité médicale à se rendre seul à l’hôpital. Enfin, dernier exemple d’attaque en date: la baisse des indemnités journalières pour les salariés malades. La sécurité sociale verse désormais 1200 euros maximum d’indemnités chaque mois contre 1470 euros auparavant.

Les conséquences, désastreuses

Les malades sont les premières victimes de ces attaques. Les associations s’inquiètent et alertent sur une réalité: de plus en plus de salariés malades cachent leur pathologie à leur employeur, continuant à travailler pendant leur traitement, pris à la gorge financièrement.

Une justice pénale contre les maux du travail

Alors que le système judiciaire laisse au bord du chemin les victimes de l’amiante, «la création d’un parquet social –au même titre qu’il existe un parquet antiterroriste– spécialisé dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail constituerait un signal politique fort de justice», assure Delphine Mayrargue, secrétaire nationale adjointe du PS au travail et à l’emploi et membre de l’équipe de campagne de François Hollande.

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Les drames  provoqués depuis des décennies par l’amiante ont resurgi dans l’actualité ces dernières semaines à travers trois informations. Prenons-les chronologiquement: le 13 février, le tribunal de Turin, en Italie, condamne à seize ans de prison deux dirigeants du groupe Eternit, le géant suisse de l’amiante, pour «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» ayant causé la mort de 3 000 personnes. Le 1er mars, la Cour d’appel de Douai, en France, condamne neuf victimes de l’amiante à rembourser une partie des indemnités perçues. En ce même mois de mars, nous apprenons que le ministère du travail devrait réviser les règles de prévention de l’exposition à l’amiante à la suite d’études menées en… 2009 recommandant d’élargir le périmètre des fibres d’amiante à prendre en compte. Il s’agit de protéger les salariés de fibres plus fines et plus courtes que celles déjà sous surveillance. La dangerosité de ces fibres d’amiante est donc connue depuis 2009, rappelée en août 2011 par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Le Parti socialiste a demandé un moratoire sur les chantiers de l’amiante; le gouvernement actuel s’apprête lui, tranquillement, dans une vision bureaucratique et mercantile à repousser l’application de nouvelles mesures à 2015.

En France, l’amiante humilie ses victimes (demande de remboursement des indemnités); en France, l’amiante tue (opérations de désamiantage réalisées dans des conditions risquées); en France, l’amiante reste une zone d’ombre et de honte. La question n’est pas ici de savoir si des erreurs de calcul ont été commises dans le versement d’indemnités à des victimes; la question n’est pas de savoir si nous pouvons nous payer le luxe d’être plus exigeant que la Chine dans la protection des travailleurs. Ces questions ne devraient tout simplement pas se poser. En revanche, une autre question mérite d’être posée: pourquoi, alors que la dangerosité de fibres jusqu’alors ignorée est rendue publique dès 2009, ni les entreprises de désamiantage, ni les pouvoirs publics n’ont-ils impulsé une dynamique de recherche et d’innovation permettant de travailler à de nouvelles méthodes et de nouveaux outils d’enlèvement de l’amiante?

Revenons au tribunal de Turin. Ce qui est possible de l’autre côté des Alpes se heurte chez nous à des imbroglios judicaires et à une inertie du parquet. Les victimes ont droit à des indemnités, mais cela ne saurait leur retirer cette dignité que représente le droit à un procès pénal. Comme si, en France, l’indemnisation suffisait pour solde de tout compte.

C’est pourquoi, me semble-t-il, le drame de l’amiante est aujourd’hui à rapprocher des drames provoqués par une organisation du travail indigne. Les suicides, ces dernières années, de salariés de Renault, de France Telecom, de Pôle emploi, et ces jours-ci encore à la Poste et au sein de l’inspection du travail, ont révélé l’ampleur de la souffrance provoquée par des pratiques managériales et des exigences de rentabilité inhumaines –inhumaines parce qu’inatteignables et non respectueuses de la dignité humaine.

François Hollande s’engage à redonner de la dignité au travail, c’est-à-dire à respecter les femmes et les hommes au travail. Cet engagement passera notamment par la mise en place d’un dispositif de notation sociale obligeant les entreprises à appliquer des critères de qualité de l’emploi et de conditions de travail. La définition de ces critères constituera un enjeu essentiel de négociation sociale. Dans le domaine social, nous avons besoin de sécurité, d’innovation et de justice.

Au regard de l’exemple italien en matière de lutte contre l’impunité des dirigeants d’entreprises responsables de catastrophes sanitaires et d‘exposition des salariés au danger, la création d’un parquet social –au même titre qu’il existe un parquet antiterroriste– spécialisé dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail constituerait un signal politique fort de justice.

MEDIAPART 26 Mars

L’angoisse référendaire

sur le blog de Françoise Fressoz editorialiste au Monde
Ce n’est pas une pluie mais un déluge. Un déluge de propositions référendaires pour le prochain quinquennat qui conduit le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé à dire stop. »Et pourquoi pas un référendum sur la taille des micros ! », s’est-il exclamé, mercredi 15 février, dans l’émission Questions d’info (LCP, Le Monde, France info, AFP).

Nicolas Sarkozy plaide pour un référendum sur la formation des chômeurs et évoque l’hypothèse d’un autre sur l’immigration et l’expulsion des sans-papiers. François Fillon en veut un pour inscrire la règle d’or dans la constitution. Le PS prend la droite au mot en déposant une motion référendaire sur la TVA sociale voulue par le gouvernement. Où s’arrêtera le délire ?

En réalité, trois raisons poussent Nicolas Sarkozy à réhabiliter l’arme référendaire, au risque d’en abuser :

D’abord « la campagne au peuple » qu’il veut mener, maintenant qu’il est candidat, pour tenter de remonter son handicap. Il convoque le peuple contre « les biens pensants » pour faire sauter les blocages. C’est une démarche très gaullienne mais qui prend un vilain tour lorsque se greffe dessus un discours anti-chômeurs et anti-immigrés.

Ensuite, la crainte de ne pouvoir faire passer certaines réformes, en cas de réélection. Ce sera le cas de la règle d’or sur le retour à l’équilibre des comptes publics. Nicolas Sarkozy s’est entendu avec Angela Merkel pour l’adopter, mais elle nécessite une révision constitutionnelle pour entrer en vigueur. Si le Sénat de gauche s’y oppose, le futur gouvernement ne disposera pas au parlement de la majorité des trois cinquièmes pour la faire adopter. Il ne lui restera que l’appel au peuple.

Enfin, Nicolas Sarkozy anticipe de possibles blocages liés à la situation inédite dans laquelle il se trouve. S’il parvient à se faire réélire, il sera le premier président de la République à voir son horizon borné puisque la Constitution limite désormais la durée du mandat présidentiel à deux quinquennats.

Jusqu’à présent, il a toujours plaidé que cela lui offrirait une liberté totale de mouvement car n’ayant plus rien à perdre, il pourra réformer à sa guise. En réalité, on peut tout aussi bien plaider qu’à peine élu, il ne sera plus obéi au doigt et à l’œil par une majorité dont le souci premier sera de faire émerger un nouveau leader. Le recours au peuple sera une arme pour tenter de rendre les assemblées plus dociles .

L’abus référendaire est aussi l’expression d’une angoisse : celle d’une possible perte de puissance. C’est l’angoisse référendaire .

Le Figaro révèle l’arme secrète de Sarkozy : le calendrier de La Poste

Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images, rue89

Le calendrier de La Poste 2008

L’Elysée ne dispose pas seulement de sondages hyper-secrets. Le Palais dispose aussi d’un document stratégique, ultra-confidentiel, et qui pourrait bien s’avérer décisif dans la stratégie de campagne : le calendrier de La Poste. C’est Le Figaro qui, courageusement, choisit de briser l’omerta, de porter le fer dans la plaie, et de divulguer ce secret de campagne. On n’y pense pas assez, mais ce document comporte une partie hautement sensible : la liste des Saints du jour, entre lesquels le non-candidat Sarkozy s’apprête à slalomer, pour choisir le jour de sa déclaration.

Ainsi, Le Figaro annonce en exclusivité mondiale que l’événement n’aura pas lieu le 14 février (Saint-Valentin, trop mièvre), ni le 20 (Saint-Aimée, choix « qui pourrait être perçu comme un excès de confiance »). Exclus aussi le 24 février (Saint-Modeste, trop hollandoïde) et plus surprenant, le 15 (Saint-Claude, trop connoté civilisations supérieures). Restent « trois jours neutres », le 13 (Sainte-Béatrice), le 17 (Saint-Alexis) et surtout le 16 (Sainte-Julienne, francisation de Giulia, allusion délicate que les connaisseurs apprécieront).

A éviter : la Sainte-Vie chère et la Sainte-Dégradation

Le Figaro ne le dit pas, mais le candidat devra aussi éviter quelques obstacles laïcs, comme la Sainte-Statistique du chômage, la Saint-Commerce extérieur, la Sainte-Vie chère, la Sainte-Dégradation, et d’une manière générale, tous les mercredis, jour de publication du Canard enchaîné, toujours susceptible de gâcher un effet d’annonce. Ne parlons même pas des congés scolaires.

Dans cette cruelle situation, le plus simple eût été de saisir une date positive, susceptible de mettre en valeur la dimension internationale du candidat, comme la Sainte-Angela. Cette estimable sainte ayant la bonne idée d’être célébrée le 27 janvier, ce serait, en outre, une manière élégante de se retirer dans l’honneur.

Sarkozy, c’est fini : les signes qui ne trompent pas

 

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D’aucuns passent leur temps à décortiquer les sondages, comparer les élections, multiplier les projections savantes pour essayer de prévoir au millimètre près le futur vote. Exercices laborieux et chronophages, pétris d’algorithmes et d’incertitudes. Alors qu’il suffit d’observer certains signes avant-coureurs qui ne trompent pas : les rats. Quand les rats quittent le navire, c’est qu’il coule ! C’est pas Costa qui dira le contraire…

Ainsi cet ancien conseiller éducation de Sarkozy (2007-2009) qui se fend d’une tribune dans Le Monde pour clamer : « Après deux ans auprès du président Sarkozy, pourquoi je voterai Hollande ».

Il faut dire qu’il est déçu cet homme, il faut le comprendre. Ancien directeur de cabinet de Xavier Darcos et ancien directeur adjoint de celui de Luc Ferry, l’éducation c’est son rayon. Dans un premier temps, comme les ouvriers d’Arcelor Mittal à Gandrange ou les grossistes de Rungis, il y a cru : « Le technicien que j’étais faisait confiance à l’énergie de cet homme politique hors norme, à son discours républicain, à sa volonté de rupture. » Il était sous le charme. Hélas, cela n’a pas suffit : « J’ai travaillé deux ans dans l’équipe de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. C’était un honneur. Ce furent deux années d’espérances déçues. »

Un amour déçu, c’est toujours triste. En plus, il lui a fallu trois ans pour arriver à en parler. C’est dire l’importance du traumatisme. Dans ces cas là, la blessure est si grande que le problème ne peut pas être traité à chaud, il faut du temps. Tous les psychothérapeutes vous le diront. Il faut arriver à faire le deuil, à prendre du recul. Et c’est ce qu’il a fait pendant trois ans dans les bureaux ternes et froids de la Cour des Comptes où il avait été nommé conseiller-maître en Conseil des ministres en mai 2009 : « Je m’en suis longtemps voulu de n’avoir pas su me faire entendre du président. Avec le recul, je pense que c’était mission impossible. »

On sent que cela n’a pas été tous les jours facile pour lui : ruminer le passé, culpabiliser… Mais que s’est-il passé au juste pendant ces deux ans à l’Elysée, qui puisse expliquer un tel trauma ?

Entre deux hésitations, avec pudeur, il nous en dit quelques mots : « Car dans le premier cercle des conseillers présidentiels – dont je n’étais pas -, la mêlée des conservateurs, des libéraux et des budgétaires formait un rideau infranchissable. »

En fait, il était conseiller mais n’avait pas accès au maître qui était entouré de requins de la pire espèce. Les « conservateurs » et les « libéraux », dont les simples militants de droite se méfient déjà comme de la peste, n’étaient rien à coté des « budgétaires » qui étaient à la solde de la « finance internationale » et « voulaient soutirer des dizaines de milliers d’emplois » ! Et là, dans cette jungle, il a dû supporter – dès 2007 et 2008 ! – leurs idées, mauvaises en effet : la lettre de Guy Moquet ou le jumelage avec un enfant juif gazé. Et tout cela sans rien dire, jamais. C’est normal, tout le monde ne peut pas être grande gueule comme cette allumée de Simone Veil

Aujourd’hui, il va mieux. Il entrevoit un espoir de bonheur en la personne de son ancien prof de Sciences Po, François Hollande. Pour lui il a les yeux de Chimène. Pour son équipe aussi. Car Hollande a la meilleure équipe qui soit : « Il a auprès de lui Vincent Peillon, qui connaît bien l’éducation nationale. […] Je connais les principaux experts qui, autour de Vincent Peillon, forment l’équipe « éducation » du candidat socialiste. Ce sont les mieux informés, les plus intelligents, les plus clairvoyants du moment. » C’est sûr, c’est pas comme Sarkozy qui n’avait que des conservateurs, des libéraux, des « budgétaires »… et lui.

Ce qui est dommage dans tout ça, c’est qu’il ne pourra peut-être pas participer à l’aventure, vu qu’à la Cour des Comptes, on est inamovible…

Sarkozy victime de l’apaisement de la crise d’euro: si la tempête se calme, on peut changer de capitaine

C’est le dernier argument de Nicolas Sarkozy qui est en passe de s’envoler : celui du président qui protège dans la tempête. Pour deux raisons. D’abord François Hollande a réussi son exercice de présidentialité, lors de son discours du Bourget, ce dimanche 22 janvier. Ensuite, parce la tempête se calme. Avec l’accord de Bruxelles de décembre, les émissions des emprunts d’Etat qui se déroulent bien et la Grèce en passe de trouver un accord avec ses créanciers, la menace extérieure s’estompe. M. Sarkozy y a contribué, mais s’en sort éclopé avec la perte du triple AAA, sanction plus politique qu’économique. Surtout, c’est la France intérieure qu’il faut construire avec la multiplication des plans sociaux et l’envolée du chômage. De même, M. Sarkozy avait bien résisté au plus fort de la crise bancaire suite à la faillite Lehman Brothers, sous sa présidence de l’Union européenne en décembre 2008. Il était retombé, à l’hiver 2009, lorsque la crise était devenue française. Ainsi, le président ne cesse d’avoir des accents churchilliens. Mais se trouve-t-on sous le Blitz en 1940 ou au début de la reconstruction en 1944 ? Les Britannique avaient préféré le travailliste Attlee en juillet 1945.

 

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Le sommet «social» : le quitte ou double d’un président kamikaze

En mettant la TVA sociale au cœur de sa fin de mandat, Sarkozy fait le pari qu’une mesure impopulaire le fasse apparaître courageux.

«Il ne faut surtout pas surjouer ce sommet social, sinon on va se planter. On sait très bien que les organisations syndicales ne vont pas nous faire de cadeaux à la sortie…» C’est un ministre proche de Nicolas Sarkozy qui parle. Et c’est en effet une des grandes difficultés de ce rendez-vous. Ne pas trop en attendre, pour ne pas risquer une déception. Ne pas le banaliser, pour continuer d’en faire un moment politique important. Une certitude en tout cas : ce sommet social n’a rien d’un sommet social. Les organisations syndicales sont conviées pour être entendues, certainement pas pour être associés. L’heure n’est plus à la démocratie sociale. Mais à la campagne électorale. Et ce sommet en est la principale porte d’entrée.

Feuille de route.«A partir de demain s’ouvre pour nous une période cruciale», reconnaît Benoist Apparu, le ministre du Logement. «Décisive» serait le bon mot, car le président-candidat tente là un énorme coup de poker. Que l’on peut résumer simplement : au lieu de faire des propositions pour son prochain quinquennat, il espère voter des lois avant la fin du premier. Et partir au combat avec l’une des mesures les plus impopulaires, la TVA sociale. A l’Elysée, les organisations sociales risquent de ne pas vouloir évoquer le sujet. Ni probablement celui des pactes compétitivité-emploi, censés ouvrir une brèche sur les 35 heures. Mais là n’est pas le problème. Le Président et sa majorité sont convaincus de tenir le bon diagnostic et la seule posture possible. Le diagnostic d’abord : pour la droite, la France souffre d’un déficit de compétitivité. En cause : un coût du travail, excessif à cause d’une sécurité sociale dont le financement repose presque exclusivement sur le travail. D’où le projet de transférer une partie des cotisations sur la TVA, et peut-être un peu de CSG. La posture maintenant : transformer l’impopularité, en crédibilité et courage. «Il faut créer un effet de contraste avec Hollande, qui ne dit rien sur rien», poursuit un ministre.

Voilà pour la feuille de route. C’est joli sur le papier. Mais très risqué. A l’Elysée, on a conscience que la TVA sociale a très mauvaise réputation dans l’opinion : outre qu’elle se traduit par une baisse du pouvoir d’achat, elle est associée à l’idée d’un plan de rigueur, voire d’un cadeau aux entreprises (cf. l’épisode malheureux de la TVA restauration). Pour faire passer la pilule, il y aurait bien une option, défendue par Xavier Bertrand, le ministre de l’Emploi : transférer une petite partie des charges salariales sur la TVA et donc faire augmenter (un tout petit peu) le salaire net. Mais même de cela, plusieurs ministres (Le Maire, Baroin, Pécresse, Juppé…) et les principaux conseillers du Président n’en veulent pas. Au nom de la cohérence : réduire le coût du travail, ce n’est pas redonner du pouvoir d’achat. Et Nicolas Sarkozy ? «Il n’a pas fait son choix», affirme un ministre. Ce qui affole la majorité.

Porte-avions. Les élus UMP ne cachent pas leur scepticisme, parfois même leur colère. Comme souvent, la députée Chantal Brunel met les pieds dans le plat : «Je ne vote pas de hausse de la TVA ! Ou alors, il faut aussi que ça se traduise par une augmentation sur les feuilles de paie», expliquait-elle hier. Son collègue Lionel Luca, animateur de la Droite populaire, ne veut pas entendre parler de cette mesure «incompréhensible pour les Français». Qu’on ne compte pas sur lui pour «jouer les kamikazes» en allant se fracasser sur le porte-avions à la fin de la guerre.

Pour contrer ce député frondeur, le secrétaire d’Etat Thierry Mariani – fondateur de la Droite populaire – a multiplié les protestations de fidélité au chef de l’Etat. «En temps de crise, il faut des hommes d’Etat. Regardez la Grande-Bretagne qui fait un triomphe à Thatcher. Jamais une campagne ne s’est faite dans un tel contexte. Le Président est condamné à prendre tous les risques.» A ceux qui suggèrent qu’on n’engage pas un tel chantier à 100 jours des élections, Mariani oppose la réplique de l’Elysée : «On ne peut tout de même pas rester spectateurs de cette crise pendant six mois, jusqu’à l’élection de la prochaine majorité.» Hier, à l’Assemblée, tous les députés sarkozystes martelaient cet argument. «Il faut y aller, il faut assumer», expliquait Alain Gest, tandis qu’Eric Ciotti se rassurait en affirmant que «l’immense majorité du groupe UMP, soudée derrière le Président, pense qu’on ne sortira des difficultés que par la vérité et par le courage». C’est le pari fou de la droite : le «courage» de l’impopularité finira par rendre son candidat populaire.

  Alain Auffray et Grégoire Biseau Liberation.fr