Section de Gréasque
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L’ambigüité d’Europe Ecologie

Samedi soir, Daniel Cohn-Bendit a prononcé, lors du lancement de la campagne des régionales, un discours pour le moins intéressant.

Ainsi, si lui et les autres affirment que les écologistes se battent contre le pouvoir sarkozyste, ils espèrent néanmoins faire un score de 15 à 19% au premier tour le 14 mars prochain. C’est même le minimum imposé par Dany le Vert, un Dany qui n’est même pas candidat aux élections régionales.

Toutefois, c’est la suite du discours qui m’a attiré l’attention. En effet, non content de viser entre une cinquantaine et une centaine d’élus écologistes en 2012 lors des prochaines législatives, l’ancien leader de Mai 1968 souhaite « la fin de l’hégémonie d’un parti dans la gauche et le début d’un véritable partenariat de gestion les uns avec les autres ». Autrement dit, remettre en cause la soi-disant hégémonie du PS pour la remplacer par celle… d’Europe Ecologie, tout en souhaitant collaborer avec les socialistes.

Le beurre et l’argent du beurre ! Voilà, ce qu’ont certains écologistes dans la bouche depuis les élections européennes de juin dernier. Obnubilés par leur succès trompe-œil, les écologistes ont décidément les yeux plus gros que le ventre et montrent clairement leurs intentions. Leurs réelles intentions.

En voulant être candidate à la succession du PS, Europe Ecologie montre que sa priorité n’est pas de combattre avec le reste de la gauche une droite arrogante et sans compassion mais de se faire une place au soleil quitte à n’avoir aucune vision stratégique d’union. Par conséquent, l’UMP peut remercier Europe Ecologie pour un renfort assez inattendu !

José Bové, député européen en compagnie de Daniel Cohn-Bendit, Cécile Dufflot, secrétaire générale des Verts, et Dominique Voynet, sénatrice – maire écologiste de Montreuil, lors du lancement dimanche dernier de la campagne d’Europe Ecologie. Or, les écologistes confondent européennes et régionales. Les deux scrutins sont bien différents et il convient de rappeler également aux écologistes que si le Parti socialiste était un mouvement hégémonique, ces derniers n’auraient été que la portion congrue de l’Union de la gauche ! Rappelons également à Europe Ecologie (et tout particulièrement aux Verts) que les alliances passées avec les socialistes lui a permis d’avoir des élus notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat sans oublier les collectivités territoriales où nos chers élus écologistes participent à des majorités avec les socialistes !

Un peu d’honnêteté intellectuelle ne ferait pas de mal à Europe Ecologie mais aussi aux Verts qui tentent de se faire une virginité politique en se présentant comme la nouveauté du moment. On peut reprocher bien des choses au Parti socialiste mais pas le fait d’être hégémonique. La sortie de Daniel Cohn-Bendit est révélatrice de l’état d’esprit des écologistes sincères ou supposés (c’est-à-dire opportunistes) : devenir la première force de gauche à tout prix et ce, sans stratégie et sans vision pour l’avenir de la gauche et de la France !

Et lorsque certains élus écologistes de la première heure ont un brin de conscience et de réalisme, ces derniers sont purement et simplement sanctionnés ou écartés par Europe Ecologie. C’est le cas d’Alain Bucherie, qui a préféré rejoindre la liste d’union de la gauche menée par Ségolène Royal en Poitou-Charentes et qui ne mâche pas ses mots envers son ancien parti : selon lui « Les Verts deviennent un parti où la logique d’appareil prime sur les individus ; combien de conseillers régionaux sortants ou de militants locaux sincères restent sur le côté, pour laisser la place à des opportunistes labellisées Europe Ecologie ? » A cette question, certains y ont déjà répondu :   Martine Billard, députée de la 1ère circonscrption de Paris qui a rendu sa carte pour rejoindre le Parti de Gauche et que tout récemment, Hélène Blanchard, vice-présidente de la région Rhône-Alpes, a rejoint la liste de Jean-Jack Quéranne et le PS, jugeant que les Verts sont devenus un parti sexiste et trop idéologue.

Que les écologistes veulent se faire une place au soleil, pourquoi pas ! Mais qu’ils manquent de loyauté et surtout de responsabilité. L’heure n’est pas aux primaires à gauche pour savoir qui aura le privilège de s’opposer à la droite sarkozyste mais de s’unir afin de proposer une alternative à nos concitoyens. Et cela passe également par les régionales de mars prochain.


Parisot, Besson, quand Sarkozy fait le ménage

Pauvre Laurence Parisot. Elle rêvait de copiner avec Nicolas Sarkozy et il vient de la condamner à mort. Comme les empereurs romains il a baissé le pouce, expliqué à ses courtisans, affidés et seconds couteaux que la patronne du MEDEF, soudain chargée de tous les pêchés d’Israël, devrait être débarquée à la première occasion et aussitôt les chiens politico-patrono-médiatiques se sont rués sur la bête blessée.

C’est naturellement Alain Minc, sur ordre de son supérieur, qui a sonné l’hallali. Comment ? En opposant vicieusement (Sarkozy lui en a lui-même soufflé l’idée) le bon interlocuteur syndical que serait Bernard Thibault, leader de la CGT, à la déplorable dirigeante patronale qu’est sensée être Laurence Parisot ou encore en faisant l’éloge des « chefs d’entreprise » tout en critiquant le « patronat », idée reprise auprès des responsables UMP par le Président de la République. La raison de cette ire présidentielle ?
La chouchoute médiatique d’hier (ce qui déjà en soi était mal vu de l’Elysée) se serait révélée « parano – à moitié folle, précise-t-on même parfois – égocentrique et à la recherche continuelle de coups médiatiques » autrement dit son principal crime serait de se comporter…comme Sarkozy.
Et encore ? elle n’a pas soutenu avec autant d’énergie qu’elle aurait dû la suppression de la taxe professionnelle, « peu fiable » elle a taclé à plusieurs reprises des mesures gouvernementales « pour le plaisir de faire parler d’elle », elle a cherché à « se donner le beau rôle » en dénonçant à plusieurs reprises les rémunérations pharamineuses de certains grands patrons.
Mais, surtout, l’aile la plus conservatrice et la plus néo-libérale du patronat – celle qui était justement la plus proche de Nicolas Sarkozy – rameutée et excitée par Denis Kessler et son clan, renforcés par les ex-« pestiférés » de L’UILM, a systématiquement sapé sa position auprès du chef de l’Etat : avec ce refrain méprisant reprit en boucle « pendant qu’elle s’amuse à philosopher sur les questions de société pour complaire aux médias qui défend les intérêts patronaux ? ».
Adieu donc Laurence Parisot ! Mais ça promet : ne vient-on pas de promouvoir encore un peu plus l’ineffable baron Selliére dans l’ordre de la légion d’honneur ?

mobilité professionnelle …

Après la “rupture conventionnelle”, le MEDEF souhaite : La “mobilité professionnelle” sans retour !
Au MEDEF, à défaut d’avoir des idées pour embaucher, on n’en manque pas pour alléger les effectifs !

Le patronat a déjà obtenu la fameuse rupture conventionnelle, qui permet à un employeur et un salarié de se séparer d’un commun accord. Rupture décrite sur le site du Ministère du travail

“Dans les conditions fixées par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, issus de la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 « portant modernisation du marché du travail » (JO du 26 juin), l’employeur et le salarié peuvent convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie. »