Section de Gréasque
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«Montebourg pose un débat politique de fond»

Arnaud Montebourg à La Rochelle en fin de journée vendredi. (Photo Sébastien Calvet pour Libération)

 

INTERVIEW

Compagnon de route depuis 2009 puis collaborateur de l’ex-ministre de l’Economie, Valentin Przyluski demande à ce qu’on discute à gauche des choix économiques du gouvernement.

Il l’a d’abord accompagné dans sa campagne à la primaire présidentielle, puis travaillé avec lui au ministère de l’Economie. Compagnon de route d’Arnaud Montebourg depuis 2009, Valentin Przyluski revient sur le départ du ministre et insiste sur le «débat» qui doit s’ouvrir à gauche sur la politique économique menée.

Arnaud Montebourg pose depuis des mois un débat politique de fond sur l’orientation économique. Tout d’abord, il indique que l’ampleur des réformes structurelles et le transfert des ménages vers les entreprises ne sont pas compatibles avec un ajustement budgétaire aussi fort. Nos choix budgétaires et fiscaux en France ont ajouté de la crise à la crise. On a resserré trop vite. Tout le monde en est aujourd’hui conscient. La question de mieux prioriser les objectifs est donc une question légitime: la priorité doit être la croissance et l’emploi. Ensuite, il demande que la réorientation européenne issue du vote des Français en 2012 et 2014 soit mise en œuvre. Il y va de la crédibilité du politique élu au suffrage universel.

Ce débat ne devait-il pas rester en privé ?

Ce qu’Arnaud Montebourg prédit en privé au président de la République et au gouvernement est en train de se produire. Nous entrons en déflation. Or les mesures prises par le gouvernement sont procycliques et à contretemps ! Au vu de la situation économique, il y avait une clarification publique à faire: est-ce l’emploi la vraie priorité ? Jamais un pays dans une situation de déflation n’a remboursé sa dette. Il est important que les Francais sachent que ce débat a lieu en France, et qu’il est légitime comme l’a rappelé Paul Krugman ces trois derniers jours dans les colonnes du New York Times.

Pourquoi avoir décidé de rendre ce débat public au risque de sortir du gouvernement ?

Il fallait, après l’avoir fait sans succès dans les enceintes consacrées, lancer le débat dans l’opinion et que les choix soient publiquement faits: oui ou non les «trois tiers»d’Arnaud Montebourg sont-ils acceptables ? Nous sommes pour le pacte de compétitivité et pas contre les économies de dépense. Mais nous considérons que la question qui se pose est celle du rythme d’ajustement. Le déséquilibre entre les efforts demandés aux ménages et aux entreprises et le resserrement budgétaire produisent l’effet récessif constaté. Pourquoi le président de la République et le Premier ministre ont-ils fait ces choix? Quand on observe l’offensive sémantique de ces derniers jours, il est à craindre que les socialistes, au nom d’un légitimisme, se retrouvent engagés sur une ligne qui n’est pas la leur. Qui n’a jamais été décidée dans un congrès du parti ou votée lors de la primaire.

C’est-à-dire?

Certains en France souhaiteraient profiter de la conjoncture de la zone euro pour constater un échec économique structurel de la France. Ce sont ceux qui – même à gauche – expliquent que «la France est en faillite» et «l’Etat impotent». Pour ces gens-là, il ne faudrait pas que la croissance et l’emploi repartent trop vite pour pouvoir enfin réformer la France à la baguette. C’est la France des slogans. Pas des projets collectifs. Oui, la France a besoin de se moderniser. Mais les réformes doivent se faire en prévoyant les moyens d’adaptation à ces réformes. Il faut se donner les moyens de réformer ! Réformer le modèle social se fait avec des objectifs et des choix de société. Et être social-démocrate, c’est aussi en passer par le dialogue social, fort de ses convictions.

Comment observez-vous l’arrivée d’Emmanuel Macron ?

Je constate qu’un autre banquier de gauche, Mathieu Pigasse, conteste les politiques d’austérité… La polémique sur sa profession est donc peu probante de ce point de vue. Mais au-delà de la personne d’Emmanuel Macron qui est quelqu’un de compétent, nous sommes satisfaits de voir le ministère rester entier. Arnaud Montebourg a donné naissance au ministère de l’Economie réelle à Bercy. A un contre-pouvoir. Séparer les Finances et l’Economie c’était extrêmement important pour permettre de confronter des points de vue qui ne sont pas forcément alignés entre les forces productives et les intérêts financiers.

Lilian ALEMAGNA Envoyé spécial de Libération à La Rochelle le 30/08/2014

 

Il n’y aurait pas de dossier d’exclusion de Guérini au PS ?

Malgré l’annonce de notre premier secrétaire Harlem Désir, aucun dossier n’est arrivé sur la table de la haute autorité du parti socialiste. Difficulté technique de construction du dossier ou manque de volonté politique ?

Jean-Noël Guérini, le jour de la présentation de ses voeux à la presse, le 24 janvier.Jean-Noël Guérini, le jour de la présentation de ses voeux à la presse, le 24 janvier.
BG

À deux mois des municipales, Harlem Désir, notre premier secrétaire du parti socialiste avait fini par se décider. Oui, il allait exclure Jean-Noël Guérini, mis en examen pour association de malfaiteurs. D’autant plus que lors de ses voeux à la presse, le président du conseil général n’hésitait pas en sus à désigner comme sa « candidate de coeur » une Lisette Narducci se présentant sous l’étiquette PRG contre un candidat socialiste et annonçait sa candidature dissidente aux sénatoriales. L’annonce avait connu son petit succès médiatique. Deux mois plus tard pourtant, rien n’a bougé rue de Solférino. La toute nouvelle haute autorité qui devait instruire le dossier n’a jamais reçu de dossier. « Nous avons été saisis formellement puisqu’il y a eu cette annonce. Mais nous n’avons pas encore reçu la requête avec les griefs, les pièces et les annexes », confirme son président, l’avocat Jean-Pierre Mignard.

Cet organe indépendant composé de neuf personnalités du monde du droit dont quatre ne sont pas membres du parti socialiste se veut respectueux des formes qu’il calque sur les pratiques judiciaires habituelles. Il attend donc une argumentation précise dans cette procédure, « ne serait-ce que pour pouvoir avertir la personne visée des faits qui lui sont reprochés », explique Mignard. C’est à cet endroit que le bât blesse. Le parti n’est pas sûr de la solidité du dossier qu’il pourrait déposer à l’instruction que ce soit concernant les annonces du soutien de Guérini à Narducci ou de son cavalier seul dans la course vers la haute assemblée.

Le droit socialiste

Si l’on se fie aux statuts du parti, le principal argument qui pourrait justifier l’exclusion du sénateur socialiste est le suivant : « Lorsqu’un adhérent du parti est candidat à un poste électif pour lequel les instances régulières du parti ont investi un autre candidat, le Conseil national saisi par l’une des parties en cause constate que l’indiscipliné s’est lui-même mis en dehors du parti et le répute exclu ». La Haute autorité, saisie de ce dossier « de manière exceptionnelle » au vu de « la gravité des faits […] et au regard des conséquences pour la vie du parti », doit appliquer les mêmes règles.

Problème, confirme une source proche de Solférino, « la dissidence serait une raison de l’exclure mais elle n’est pas actée. Quant au soutien déclarée à Lisette Narducci, il ne s’est pas affiché dans son comité de soutien et il ne s’est pas promené avec elle. » Traduction, aujourd’hui encore, Jean-Noël Guérini est intouchable du strict point de vue du droit socialiste sauf à considérer que celui-ci a commis, dernier plan d’attaque prévu dans les statuts, « des manquements répétés aux principes de la charte éthique du parti », comme l’avait annoncé en janvier le secrétaire national aux fédérations, Alain Fontanel.

« Le comble du ridicule »

Cette hypothèse est pourtant la plus aléatoire. Il est toujours compliqué de construire un argumentaire juridique sur les seules valeurs éthiques d’autant plus que la haute autorité met au premier plan le respect de la présomption d’innocence. La rigueur judiciaire des neuf sages fait craindre un camouflet à Solférino, autant qu’un appel devant un tribunal de grande instance que pourrait décider Jean-Noël Guérini. « Imaginez qu’on exclut Guérini et que la justice dise que les éléments ne sont pas probants. Ce serait le comble du ridicule », appuie le secrétaire fédéral d’un PS 13 toujours sous tutelle, Jean-David Ciot. Celui-ci, ancien membre du cabinet de Guérini au conseil général, plaide pour qu’il « quitte de lui-même le PS ». Une option que l’intéressé a toujours refusée, envoyant même en ce début d’année un chèque de renouvellement de cotisation que le parti n’a pour l’heure pas encaissé.

« L’exclusion finira par se produire », souffle fataliste notre source proche de la direction du parti. Reste qu’en terme d’images, cet atermoiement ressemble de très près à une frilosité politique. Dans ce dossier, le parti n’a jamais cessé de privilégier l’enfumage aux actes. Durant la campagne présidentielle, François Hollande clamait que Guérini n’était plus au parti socialiste. Le 26 mars sur France Inter, Harlem Désir ne disait pas autre chose avant de lâcher, face à l’insistance de Patrick Cohen, que ce n’était pas encore tout à fait le cas. Contacté pour s’expliquer plus amplement, Solférino n’a pour l’heure pas donné suite, tout comme son secrétaire aux fédérations, Alain Fontanel.

Dans Le Canard enchaîné de cette semaine, la phrase suivante est attribuée au désormais ex premier ministre Jean-Marc Ayrault : « Je paye aussi l’incapacité du PS à renouveler depuis quinze ans ses candidats dans certains départements. Jean-Noël Guérini n’a même pas été exclu du PS. » Son successeur Manuel Valls pourrait bien se poser lui aussi quelques temps cette question. Quant à Patrick Mennucci qui a donné une semaine puis quinze jours au PS pour choisir entre lui et Guérini, il peut se préparer à faire ses valises…

Par Jean-Marie Leforestier, le 4 avril 2014

Jean-Noël Guérini candidat

Une fois sa carrière politique terminée, Jean-Noël Guérini pourra se recaser dans le spectacle, tendance Grand-Guignol. Chaque année, le président du conseil général invite les journalistes pour la cérémonie des voeux à la presse et, chaque année, il fait un show. L’an dernier, il avait surjoué sa convalescence après un malaise qui lui avait permis d’écourter une convocation du juge Duchaine. En 2014, l’homme fort du département a la grande forme, jamais plus à l’aise que lorsqu’il peut jouer les trouble-fêtes chez ses futurs ex-camarades socialistes en pleine période électorale.

« Je ne serai pas candidat aux élections municipales à Marseille », a-t-il affirmé après avoir laissé planer le doute l’an dernier sur ses intentions de rallier le Parti Radical de Gauche pour faire la nique à son parti de coeur. En revanche, il soutiendra ardemment Lisette Narducci dans les 2e et 3e arrondissements ainsi que tous les maires du département qui le lui demanderont. Pour Marseille, il a également cité le nom des différents conseillers généraux candidats qu’il pourrait soutenir, glissant aussi au passage le nom de Samia Ghali dans la liste. Celle-là même qu’il affrontera aux sénatoriales en septembre 2014. En revanche, personne ne pourrait lui faire dire qu’il soutient Patrick Mennucci. A la question, il répond : « Marseille a besoin d’une vision d’avenir, pas de la valse des egos ».

Il retrouvera sa candidate de coeur, Lisette Narducci lors des prochaines cantonales. Avec la réforme des collectivités locales, les circonscriptions cantonales sont en cours de redécoupage. En mars 2015, des couples mixtes de potentiels conseillers généraux seront proposés. Pour le canton du président sortant et candidat à sa succession -« le plus grand de tout le département »– cela sera son amie de 25 ans qui l’accompagnera. Et il annonce une surprise pour le nom de son suppléant si jamais il décède en cours de mandat. De ce côté là aussi, Guérini paraît sûr de lui : « Je suis candidat à l’injection de cellules souches pour rester en forme le plus longtemps possible ».

Par Benoît Gilles, le 24 janvier 2014 pour marsactu

Interview de François Hollande – Un candidat avant l’été 2011


Voici l’interview publiée dans Libération mardi 1er juin 2010.

La direction du PS, qui se penche ce soir en bureau national sur le rapport d’Arnaud Montebourg consacré à la rénovation, envisage d’organiser les primaires à l’automne 2011. François Hollande, ex-premier secrétaire, plaide pour une désignation beaucoup plus précoce.

(suite…)

Les dangereux délires d’Ubu Besson

Eric Besson assiste à un débat sur l'identité nationale, 15 janvier 2010Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a proposé, le 15 janvier, de faire signer à tous les jeunes Français, à leur majorité, une “charte des droits et des devoirs“. L’idée, aussi aberrante qu’elle soit, ne fait que refléter les dérives xénophobes d’une partie de la droite européenne, en pleine crise économique.

Un peu d’imagination, voyons ! Le stade Charléty est politiquement trop connoté, depuis qu’en 1968 la gauche y a rêvé à des lendemains qui chantent. Pourquoi pas la place de la Concorde ou l’esplanade des Invalides? Les Françaises et les Français âgés de 18 ans, dûment authentifiés comme tels, y seraient alignés au cordeau face à une tribune où le président de la République, flanqué de son ministre de l’Immigration, leur remettrait en les priant de la signer une “charte des droits et devoirs du citoyen“. Pour éviter les couacs, un texte de La Marseillaise aurait été au préalable distribué à chaque participant. Vrai, une sorte de première communion civique.  (suite…)

Ségolène Royal : 16 790 440

C’est le nombre de Français qui ont glissé dans l’urne un bulletin Ségolène Royal le dimanche 6 mai 2007, au second tour de la présidentielle. Bien loin des 18 983 138 voix de Nicolas Sarkozy. Cela faisait douze ans que le représentant de la gauche ne s’était pas qualifié au second tour de l’élection structurante de la vie politique après le cinglant échec de Lionel Jospin en 2002. De cette défaite, ou plutôt cette «non-victoire», que Ségolène Royal a du mal à admettre (ne disait-elle pas au soir de ce dimanche qu’elle emmènerait ses électeurs vers «d’autres victoires» ?), elle a fait un bouclier contre les attaques de ses amis et une machine à devenir incontournable. En 2004, en prenant la région Poitou-Charentes à la droite, la «Zapatera» se construisait une image de battante. Les primaires socialistes de 2006 n’ont été qu’une formalité. Ses «débats participatifs», ses slogans parfois à l’emporte-pièce, ses approximations, ses néologismes (la «bravitude») n’empêchent pas une popularité importante. Sa manière de faire de la politique plaît à ses supporteurs (ses fans, disent certains) qui voient en «la dame en blanc» un recours. Mais, ces derniers mois, elle a perdu de ses soutiens dans l’opinion : selon un sondage publié en cette fin d’année, les trois quarts des Français jugent qu’elle est un handicap pour le PS.

Pascal Virot « liberation.fr »

beaucoup de bruit pour pas grand chose…


Julien Dray, le député PS de l’Essonne, ne devrait pas être cité devant le tribunal correctionnel, selon un rapport adressé par le procureur de Paris mardi 15 décembre au parquet général, rapporte lemonde.fr. Il pourrait faire l’objet d’un simple rappel à la loi, de même que le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo.

L’enquête préliminaire impliquant Julien Dray portait sur des mouvements de fonds suspects entre 2006 et 2008 en sa faveur, pour un montant de 351.027 euros, et provenant d’associations dont le député est proche, notamment les Parrains de SOS Racisme et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme, et cinq autres dirigeants de l’association avaient été placés en garde à vue en juin dans le cadre de l’enquête.

Le parquet de Paris écrit dans son rapport:

Aucun élément objectif de l’enquête, ni aucune déclaration, ne permet d’apporter la preuve, avec suffisamment de certitude, qu’il connaissait l’origine véritable des fonds (…), encore moins qu’il soit intervenu dans la mise en place du système.

Les remboursements intervenus, l’absence de plainte de la part des associations concernées qui n’estiment pas avoir subi de préjudice, la relative modicité des sommes en jeu, conduisent à considérer que la saisine du tribunal correctionnel par voie de citation directe n’apparaît pas nécessaire pour réparer le trouble public susceptible d’avoir été causé par les agissements des protagonistes de cette affaire. La voie alternative aux poursuites du rappel à la loi semble être suffisante

Pour Huchon, Julien Dray “pourrait reprendre la tête de liste PS dans l’Essonne”
Julien Dray pourrait réintégrer les listes socialistes pour les régionales en Ile-de-France. Selon Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région et candidat à sa succession, Julien Dray pourrait, “s’il le souhaite, reprendre la tête de liste dans l’Essonne” si M. Dray n’est effectivement pas renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Le 24 novembre, le conseil fédéral du Parti socialiste l’avait écarté “dans la douleur” des listes socialistes pour les élections régionales en Ile-de-France. mais lors de la Convention nationale du 12 décembre, à Tours, lors de la ratification des listes, il avait été précisé qu’un codille était apposé à la liste socialiste pour l’île de France afin de ménager une place à Julien Dray si celui-ci se sortait de ses tracas judiciaire. Cela semble bien être le cas !

Jean-Paul Huchon qui a jugé “bizarre” que la presse ait eu la primeur de cette information s’est néanmoins réjoui : “Si ces informations étaient avérées, ce serait une bonne nouvelle pour Julien, une bonne nouvelle pour moi et une bonne nouvelle pour les socialistes.” “J’ai eu Julien au téléphone et je pense qu’il aura à cœur de reprendre la campagne, tout a été préparé pour son retour“, a précisé le président de la région.

Pour l’ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, interrogé par Public Sénat, “il vaudrait mieux que Julien Dray reprenne toute sa place dans la vie politique (…) et la tête de liste dans l’Essonne” dès que les informations divulguées par Le Monde seront confirmées. Si tel était le cas, “ce serait une leçon pour tous ceux qui ont blessé la présomption d’innocence“, a averti M. Hollande, qui s’adressait “d’abord à la presse“, mais aussi “au monde politique” et à ses “propres camarades“.

M. Dray avait été écarté de la tête de liste dans l’Essonne au profit de Carlos Da Silva, premier secrétaire fédéral de l’Essonne. Ce dernier avait promis de se retirer si M. Dray était finalement “en situation de ne pas dépendre du calendrier judiciaire“.