Métropole : le maire des Pennes-Mirabeau rend sa carte du PS

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« Je n’ai pas le sentiment de trahir le parti. C’est le parti qui me trahit ». Michel Amiel a attendu la réunion publique anti-Métropole organisée hier soir dans sa commune des Pennes-Mirabeau pour l’annoncer : il quitte le PS. Question de « cohérence ».

Il avait critiqué la loi Sarkozy sur la décentralisation en 2010. « Comment voulez-vous que je reste dans un parti qui nous fasse avancer dans la même voie ? » Dans la salle Tino-Rossi, cet amateur de musique classique s’est lancé devant plus de 700 personnes dans un concert de critiques contre la métropole, qualifiée tour à tour de « monstropole »,« d’usine à gaz », de« dinosaure ».

Mais son discours ressemblait moins à un condensé de bons mots qu’à un cri du coeur contre « l’État qui nous abandonne », voire contre les « Bretons », suspectés à demi-mot de se liguer contre les 109 communes hostiles au projet dans les Bouches-du-Rhône : Jean-Marc Ayrault, Marylise Lebranchu, le préfet à la Métropole Jean-Luc Théry et « le nouveau préfet » des Bouches-du-Rhône, Michel Cadot, qui a eu droit à un jeu de mots sur son patronyme : le premier dans le département, un de plus depuis le début de sa longue carrière de serviteur de l’État.

Le maire des Pennes-Mirabeau, désormais ex-socialiste, ne rejoint « ni l’UMP, ni le PC ». Entré en politique comme conseiller municipal en 1995, il continuera de siéger à l’hôtel de ville et au Conseil général avec « sa sensibilité de gauche ». Le premier à ne pas être surpris est Jean-Noël Guerini : le sénateur était informé depuis quelques jours de cette annonce. Il s’est dit « totalement solidaire de la décision d’un ami avec je travaille depuis plus de 20 ans ».

Au point de quitter lui-même le parti socialiste ? « Pour l’instantnon ».

Serait-ce alors le prélancement d’un parti Guérini en vue des prochaines sénatoriales ? « Non, ce n’est pas un problème lié à cette élection mais un problème de cohérence en termes d’aménagement du territoire. Si la Métropole avait capacité à régler tous les problèmes économiques et sociaux de Marseille, je serais le premier à dire oui ».

D’autres élus pourraient-ils prendre la porte de sortie du PS ? « Oui, j’en connais quelques-uns, des élus très importants qui prendront leur décision lorsque la loi sera votée en deuxième lecture » au Sénat.

Premier secrétaire du Parti socialiste dans le département, jusqu’à la mise sous tutelle de la fédération en mars dernier, Jean-David Ciot, lui aussi présent à cette tribune, a eu les mêmes informations. Le départ de Michel Amiel annonce-t-il une hémorragie d’élus PS dans les Bouches-du-Rhône ?

« Nombreux sont ceux qui me disent qu’ils se sentent trahis. En 2010, ils ont tous manifesté contre la Métropole. Force est de constater qu’on propose aujourd’hui le même projet, voté à la fois par l’UMP et des socialistes. J’ai prévenu le gouvernement. Mais Paris décide de passer en force. Le maire de Fos, René Raimondi, a déjà fait part de son intention de partir, si la loi était votée définitivement. Il y en a d’autres. Ce n’est pas un problème de concertation. Ils ont été reçus mais force est de constater que rien n’a bougé ».

Jean-David Ciot a décidé lui de garder sa carte d’adhérent : « Le PS est un parti démocratique. J’essaierai de me battre de l’intérieur, même en étant minoritaire ».


700 personnes en réunion publique Métropole : les opposants ne désarment pas

Ils commencent à s’y résoudre : le Parlement finira par voter le projet de loi officialisant la métropole marseillaise. Maire de Mimet, Georges Cristiani a rappelé le rapport de forces au Sénat : 312 pour, 24 contre. Et il y a peu de chances que l’Assemblée Nationale renverse la vapeur. « La France s’en fout« , a résumé Michel Amiel, le maire des Pennes-Mirabeau.

Première stratégie, défendue par le maire « sans étiquette » de Mimet : un grand rassemblement de tous les opposants au projet en septembre pour « ne pas laisser seuls » les quelques parlementaires sur leur position.

Deuxième tactique possible, également très applaudie, celle du député-maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF) : demander un référendum, « dans chaque communauté d’agglomération« .

Troisième possibilité, évoquée par le député Christian Kert (UMP) : la bataille d’amendements « pour rendre cette loi viable » même si « à la fin, on ne le votera pas« . Il est partisan, notamment d’une fiscalité à double déclic qui préserverait les finances des communes en dehors de Marseille, quand Jean-David Ciot (PS) « propose une solution qui est de créer un établissement public, sur quatre compétences seulement« . Une sortie de crise « sur laquelle je me battrai pendant le débat parlementaire« .

 

Patrice Maggio La Provence 14/06/2013

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