Section de Gréasque

Section de Gréasque

Un pays debout face à la terreur

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Lundi 12 janvier 2015

 Près de 4 millions de personnes ont défilé en France dimanche 11 janvier, scandant «Je suis Charlie» et «On n’a pas peur». A Paris, la foule était si dense que la préfecture a un moment renoncé à compter. Il s’agirait de la plus forte mobilisation jamais enregistrée dans le pays. à Gréasque, un rassemblement avait eu lieu la veille, devant le monument aux morts, où, après un court discours du maire, une minute de silence avait été observée

Un élan magnifique 

EDITORIAL

L’espoir, avec le chagrin, marchait en tête du cortège. Dévastée, en pleurs, fatiguée du tumulte, mais chavirée par une solidarité grande comme la mer, l’équipe deCharlie a marché dans Paris, suivie par plus d’un million et demi de personnes, c’est-à-dire par la République. Elle a cheminé sous les applaudissements d’une population fervente massée sur les trottoirs et les balcons, où l’on voyait, presque à chaque fenêtre, un calicot «Je suis Charlie», une couverture de l’hebdo et même des unes de Libé. Avec elle, les familles des victimes juives du supermarché, les proches des policiers tués et une troupe de journalistes, pour une fois populaires, suivis par quarante chefs d’Etat. La plus grande manifestation depuis la Libération ! Quelque chose d’inouï s’est passé dimanche dans les rues de France. Contre la violence, contre l’obscurantisme, contre la division des communautés, le pays de Voltaire et de Cabu s’est soulevé dans un immense élan civique. La République a été frappée au cœur. Deux jours plus tard, la République est debout.

Les fâcheux disent que les valeurs se perdent, qu’il n’y a plus de transmission, que la société de médias et de marché a décérébré les citoyens, anémié le sens civique, abaissé la démocratie. Mais où ces marcheurs du 11 janvier ont-ils puisé leur motivation, sinon dans les souvenirs de l’école républicaine, dans les leçons de l’actualité, dans les enseignements de l’Histoire ? Qui donc leur a appris tout cela, sinon ces profs qu’on dit découragés, ces éducateurs qu’on dit si peu nombreux, ces élus si décriés, ces journalistes dont on fustige toujours la «bien-pensance» sans comprendre qu’on dénigre dans le même temps les valeurs communes de tolérance et de liberté. On croit les citoyens anesthésiés. Ils viennent de se dresser dans un élan magnifique, comme jamais depuis plus de cinquante ans.

C’est que la compassion pour les victimes n’était pas seule en jeu. En frappant l’équipe de Charlie, en tuant quatre Français juifs, en abattant des policiers, les assassins ont porté atteinte aux fondations de la République, l’expression libre, la protection des minorités et l’acceptation des différences, l’ordre pacifique maintenu par une police républicaine. Chacun a ressenti, au plus profond de lui-même, que tout ce qui le protège, tout ce qui lui assure une vie adulte et responsable, tout ce à quoi il croit a été attaqué par les fanatiques. Marcher pour dire non. Marcher pour être libre.

Le pur diamant de cette journée fraternelle va-t-il s’évanouir comme dans un rêve ? Ceux qui ne croient plus à rien le diront. C’est le contraire qui est vrai. Les fractures ne sont pas seulement dans la réalité, dans la société. Elles sont dans les esprits. La bataille se joue dans les têtes. Eh bien cette mobilisation restera dans les mémoires comme une borne, un amer, un sémaphore démocratique ! Comment la faire fructifier ? C’est tout simple : combattre, tous les jours, ici et maintenant, demain et plus tard, avec force, avec patience, la peste identitaire. Chacun a droit à sa patrie, à sa religion, à sa tradition, à ses racines. Personne n’a le droit de les imposer aux autres. Le principe qui nous réunit le plus, les Français l’ont dit avec force, c’est l’acceptation des différences. Les cinglés du dogme, les exaltés du nationalisme, les adversaires de la Raison sont les fauteurs de trouble. Ils croient défendre leur identité, ils défigurent la République. De leur défaite renaîtra l’espoir.

Par Laurent Joffrin

 

 

Les parlementaires de gauche des Bouches-du-Rhône horrifiés devant l'assaut meurtrier contre le Journal Charlie Hebdo

La France a été l’objet d’un attentat terroriste

Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste

La France a été l’objet d’un attentat terroriste. La République a été l’objet d’une attaque d’une lâcheté et d’une gravité extrêmes.

Il y a douze morts et trois personnes entre la vie et la mort.

Il s’agit d’un carnage abominable et révoltant qui a vu un organe de presse être attaqué aux armes de guerre.

C’est la liberté qui a été visée dont Charlie Hebdo est un acteur et un ambassadeur essentiel.

Dans ce grand moment d’émotion, les pensées du Parti Socialiste vont aux victimes et à leurs proches.

Le Parti socialiste appelle les concitoyens à faire bloc autour des valeurs de la République.

Avec « Force 13″, Jean-Noël Guérini joue à touché-coulé

guerini copie AFP PHOTO / BORIS HORVAT

En quittant le PS, Jean-Noël Guérini avait promis de « peser sur les prochaines échéances électorales ». Il l’a fait lors des municipales et des sénatoriales. En 2015, il compte bien transformer l’essai lors des départementales… avant de faire face à plusieurs procès en 2016.

Ce jeudi, naît un nouveau parti à Marseille. Le parti des « amis de Jean-Noël Guérini« , résume le site Marsactu… Après sa réélection et le succès des candidats estampillés « Force 13″ aux élections sénatoriales, l’association loi 1901 fait sa mue. Objectif: les départementales de mars 2015. Et tant pis si ce mouvement siphonne encore des voix au PS local. Ou tant mieux… 

 

« Pas siphonné, récupéré. C’est moins connoté. Nous avons d’ailleurs récupéré des voix d’un peu partout, de gauche comme de droite », corrige Michel Amiel, socialiste historique qui a rendu sa carte du PS en juin 2013. Un peu plus d’un an plus tard, il était propulsé au Sénat en compagnie de Mireille Jouve, également soutenue par Force 13. C’est dans la commune dont Michel Amiel est maire, Pennes-Mirabeau, que Jean-Noël Guérini vient baptiser son nouveau parti, ce jeudi soir.  

 

 

Mais attention, « si Jean-Noël Guérini est bien à l’origine de ce parti, nous ne sommes pas un mouvement bonapartiste dédié au soutien d’un seul homme », tient à nuancer Michel Amiel. Le but de Force 13 est de « donner une caisse de résonance à l’opposition au projet actuel de métropole » Aix-Marseille, plaide le sénateur-maire. Un projet qui lui semble synonyme de « confiscation » du pouvoir des maires au profit de Marseille « dont il faut combler le déficit abyssal ». Cette ligne a séduit « des maires de tous bords, ce qui explique notre résultat aux élections sénatoriales« , estime Michel Amiel. 

 

Les maires ont également été séduits par les aides aux communes, distribuées ou promises par le Conseil général des Bouches-du-Rhône… présidé par Jean-Noël Guérini lui-même. Il a généreusement « dégainé le chéquier », raconte Mediapart, en chiffrant ses largesses à quelque 360 millions d’euros. Ces aides financières, auxquelles les maires peuvent prétendre, « n’auraient pas eu cette intensité sans Jean-Noël Guérini. Les maires y ont été sensibles », estime Michel Pezet, conseiller général PS.  

Le Conseil général, l’arme de son système

Ce soutien financier et politique, le président du Conseil général et ses proches l’assument parfaitement. Mais pour ses détracteurs, ce « système Guérini » est fondé sur « le charme, l’achat, la menace », aux yeux de Renaud Muselier, auteur du Système Guérini et ex-député UMP des Bouches-du-Rhône. Il est « fait de clientélisme et de vassalités », résume Pierre Orsatelli, leader du Renouveau PS 13, un collectif de militants socialistes. Résultat: « Il n’y a pas un canton où il n’ait un obligé. » Et chacun lui « renvoie l’ascenseur », d’après l’expression d’un maire de droite qui a voté pour lui aux élections sénatoriales, cité par BFMTV

Depuis la neuvième étape du Bateau bleu, Jean-Noël Guérini est encore « le patron » du département, constate Michel Pezet. Certes,il a dû quitter le PS avant d’en être exclu, sur fond de procès en cours ou à venir. Mais à la tête de cette « puissance locale ancrée dans les territoires, il dispose d’un poids politique bien plus important que le premier secrétaire fédéral du PS », estime-t-il. Surtout quand le premier secrétaire fédéral du PS en question, Jean-David Ciot, se retrouve à ses côtés sur le banc des accusés face à la justice… 

 

L’ex-patron du PS des Bouches-du-Rhône est « dans une logique de démolition du PS », estimait récemment une conseillère générale socialiste citée par Mediapart. En avril, il disait lui-même vouloir « peser sur les prochaines échéances électorales ». Il n’a guère aidé Patrick Mennucci, candidat PS aux élections municipales à Marseille. Pas plus que les prétendants socialistes aux élections sénatoriales. Il aurait même été « déçu » queSamia Ghali, investie par le PS, soit réélue… 

 

Alors pour le prochain rendez-vous électoral, Force 13 doit transformer l’essai. L’exercice est différent: après les grands électeurs, les citoyens devront juger les candidats de ce nouveau parti. Comme au niveau national, beaucoup redoutent une nouvelle percée du FN et une abstention massive due au climat politique, au flou entourant l’avenir des départements ou encore à la complexité des cantons redessinés et des systèmes de binômes…  

« Il faut se serrer les coudes face à cette élection de tous les dangers », lance Michel Amiel, sans ironie aucune. Pourtant, les candidats de Force 13 risquent de se retrouver face à des candidats PS, même s’ils sont parfois issus des rangs socialistes… « Il va y avoir des discussions », assure Michel Amiel. De fait, 22 conseillers généraux ont déjà signé une lettre pour réclamer « une large alliance des élus de la majorité sortante PS – Front de Gauche – Force 13 – PRG ».  

Une fausse bonne idée, regrette Michel Pezet, qui ne fait pas partie des signataires. Selon lui, « il n’y aura pas d’accord », mais Jean-Noël Guérini veut « les pousser à adhérer à sa formation, quitte à être exclus du PS », un parti qu’il veut « casser ». « Il faut se battre pour que cette collectivité reste à gauche, mais pas à n’importe quel prix », ajoute Jean-David Ciot dans les colonnes du Monde. 

Vers une défaite salutaire pour le PS?

Quant aux débats qui agitent déjà les socialistes du département sur l’éventuel successeur PS à la tête du Conseil général, dans le fauteuil de Jean-Noël Guérini, « c’est n’importe quoi! », balaie Michel Pezet. « De toute façon, on ne va pas garder le Conseil général! » Et de calculer rapidement: le PS local serait suffisamment mal en point pour ne pas obtenir les 12,5% des inscrits nécessaires au maintien d’un candidat au second tour, selon lui. Pierre Orsatelli va plus loin et soupçonne « un accord entre Jean-Noël Guérini et Jean-Claude Gaudin pour que la gauche perde le Conseil général ». 

Que compte faire Solférino, après les défaites successives dans les Bouches-du-Rhône et face à ce nouveau parti anti-PS? « L’affrontement nous coûte trop cher. Il faut changer de méthode », glissait un permanent du PS marseillais au Monde après les sénatoriales. Oui mais laquelle? « Leur art, c’est d’expliquer que c’est compliqué. Alors que c’est très simple. Il faut siffler la fin de la partie face à celui qui n’est l’homme fort des Bouches-du-Rhône que parce qu’on a bien voulu lui laisser les clés du Conseil Général. Personne n’a jamais voulu s’y attaquer vraiment », selon Pierre Orsatelli. Même après le rapport d’Arnaud Montebourg, quand il recommandait la mise sous tutelle de la fédération PS alors présidée par Jean-Noël Guérini. 

 

Pour « démonétiser » ce dernier, sa recette est très simple. Il suffirait de « n’investir que des candidats engagés contre une alliance avec Jean-Noël Guérini ou des sortants qui auront pris leurs distances vis-à-vis de ce petit tyran. C’est ce que les électeurs attendent », parie Pierre Orsatelli qui pourrait défier Jean-Noël Guérini dans son canton du Panier. Mais il doute des intentions du PS. « Le PS est juge et partie, ses responsables sont les mêmes que ceux qui ont laissé le système Guérini prospérer. Cette question politique est posée depuis cinq ans. Quel courage d’attendre qu’une réponse judiciaire vienne la régler! » 

 

C’est le 8 décembre, que cette première réponse judiciaire est attendue par Jean-Noël Guérini, jugé pour détournement de fonds publics. Six mois d’emprisonnement avec sursis, une amende de 15 000 euros et un an d’inéligibilité ont été requis contre lui. Même en cas de condamnation, un simple appel lui permettrait de se présenter aux départementales. D’autres procès suivront en 2016. 

Mais Jean-Noël Guérini assure toujours qu’il n’a rien à se reprocher. Officiellement sans rancune envers son ancien parti, il a affirmé sur RTL ce jeudi matin avoir « tourné définitivement la page » et « fermé le livre » du PS. « Au cours de ces dernières années, rien ne m’a été épargné ». Alors aujourd’hui, il préfère un autre rendez-vous, plus politique. Celui de « Force 13″, à Pennes-Mirabeau. Entre amis. 

 

 Par , publié le 13/11/2014 dans EXPRESS

Gardanne devra re voter

Sans véritable surprise, le tribunal administratif de Marseille a donc suivi les conclusions du rapporteur public, rendues le 25 septembre dernier. Il a décidé, ce mardi matin, l’annulation totale des élections municipales de mars dernier qui avaient été remportées – pour la 7e fois consécutive – par Roger Meï (PCF).

Son principal challenger durant la campagne, L'élection de Gardanne annulée, séisme dans la maison Meï - 2Jean-Brice Garella, à la tête d’une liste PS-écolo-centriste, avait été battu de 69 voix (sur un total de 10 012 suffrages exprimés). C’est lui qui avait déposé un recours à la suite de l’élection, dénonçant plusieurs faits qui auraient entaché la sincérité du scrutin : violence, propos diffamatoires, allégations mensongères, affichage sauvage… Autant de motifs que n’ont pas retenus les juges marseillais.

Le grain de sable qui a grippé la machine ? La présence inopportune, sur la liste du candidat communiste, de Jean-Marc La Piana. Le médecin-directeur de La Maison, célèbre centre de soins palliatifs établi depuis 20 ans à Gardanne, avait présidé le comité de soutien de Roger Meï pendant la campagne et figurait en 13e position.

Or, le docteur, qui jouit d’une popularité importante dans le bassin gardannais, ne remplissait pas  »les conditions de domicile » pour apparaître sur la liste, telles que le stipule expressément le code électoral : en d’autres termes, le docteur n’habite pas à Gardanne, condition sine qua non pour figurer dans l’équipe municipale.

L’inégibilité du Docteur La Piana et sa notoriété ont entaché, selon le tribunal, la sincérité du scrutin

Le médecin avait pris une location à Biver, dès juillet 2013. Il apparaît pourtant dans le jugement que le logement en question – plutôt délabré puisque sous le coup d’un permis de démolir, accolé à un jardin laissé à l’abandon – n’a pas vraiment servi de « pied à terre ».  »Au demeurant, les défendeurs n’ont produit aucune facture d’eau ou d’électricité permettant d’établir que le bien en question aurait bien été occupé par M. La Piana pendant cette période », relève le tribunal.

Ce domicile fictif est-il suffisant pour précipiter l’annulation totale de l’élection ? Sans doute pas. Si le candidat n’avait été qu’un péquin moyen, seule son élection à lui aurait été annulée : il aurait été sorti du conseil municipal et remplacé par le suivant dans l’ordre de la liste. Mais les juges, dans leur décision, ont également pris en considération la  »notoriété certaine à Gardanne » du docteur, son statut de président du comité de soutien,  »son rôle de maître de cérémonie de l’unique meeting de campagne de M. Meï »… Une notoriété « de nature à influencer le vote d’une certaine catégorie d’électeurs », estime le tribunal. Ajoutez à cela un faible écart de voix et c’est donc tout le scrutin qui est remis en cause… Hier, en début d’après-midi, une « réunion de crise » a eu lieu en mairie de Gardanne avec Roger Meï et ses proches. Dans le camp Garella, on se félicitait de la décision.

Le maire de Gardanne n’est pas allé au bout du délai d’un mois qui lui est imparti pour faire savoir qu’il ferait appel de la décision devant le Conseil d’État. Lequel aura six mois, à partir du dépôt effectif de la requête, pour se prononcer. Si le tribunal n’a retenu  »aucune fraude électorale » comme le souligne Roger Meï, on voit mal comment le Docteur La Piana pourrait apporter la preuve de son éligibilité – par un acte  »à date certaine », soit un acte notarié, soit l’enregistrement d’un bail aux services des impôts – devant la plus haute juridiction administrative alors qu’à la barre du tribunal marseillais, il avait lui-même reconnu ne jamais avoir résidé à l’adresse indiquée.

Si le Conseil d’État venait à confirmer le jugement de première instance, Roger Meï serait obligé de rendre les clés de l’hôtel de ville. Le préfet nommerait alors une délégation spéciale dont la principale mission serait d’organiser de nouvelles élections. Quoi qu’il advienne, en coulisses, la campagne, a, elle, déjà bel et bien commencé.


Une guerre de succession avant l’heure

S’il dit rester « combatif », la décision du tribunal administratif de Marseille d’annuler l’élection municipale a fait mettre un genou à terre au maire emblématique de Gardanne. Et apporté de l’eau au moulin de ceux qui lui prédisaient « le mandat de trop ». Élu en 1977, Roger Meï, 79 ans, n’avait jamais eu à subir pareil échec. Depuis 1995, il avait toujours été réélu au premier tour avec une avance plus que confortable, frôlant, voire dépassant les 30 %. Les deux fois où il avait été mis en ballottage en 1983 et 1989 étaient restées anecdotiques.

Alors, en mars dernier, quand le maire communiste avait été réélu de justesse pour un 7e mandat, le coup avait été rude. Réalisant le score le moins élevé de toutes ses mandatures (39,70 %), il n’avait devancé le socialiste Jean-Brice Garella, qui conduisait une liste d’union avec des écologistes et des centristes, que de 69 voix (39,01 %, avec une progression de 12 % entre les deux tours). Un adversaire qui, s’appuyant sur ce faible écart et sur les « incidents » qui avaient émaillé la campagne, avait décidé de déposer un recours en annulation devant le tribunal administratif.

Le coup avait été d’autant plus difficile à encaisser pour le premier magistrat qu’il venait de quelqu’un dont il avait été très proche. Duquel il disait, hier encore dans un communiqué, que  »tout le monde sait qu’il ne vit pas à Gardanne ». Roger Meï en sait quelque chose, puisqu’il avait pris Jean-Brice Garella sur sa liste en 2008. Mais ça, c’était avant. Du temps où le maire communiste gagnait au premier tour, avec 55,17 % et 38,19 % d’avance.

Le poulain, adoubé en politique, semblait promis à un bel avenir auprès de son mentor qui l’avait choisi pour être son élu délégué à la solidarité. Poste qu’il a occupé de 2008 à 2012, avant de démissionner pour « divergences d’opinion ». Passant ainsi dans le camp de « ceux qui ont trahi ».

Pour le dernier scrutin, l’atout de Roger Meï, c’était Jean-Marc La Piana. Celui qui« incarne les valeurs de solidarité » dont le maire dit qu’elle est « la couleur » de sa ville. Treizième sur la liste comme Jean-Brice Garella l’avait été en 2008, le médecin-directeur de La Maison, qui sait ce qu’il doit à Roger Meï – le maire avait accueilli le centre de soins palliatifs sur sa commune il y a 20 ans au moment où personne n’en voulait – est devenu, à son tour, conseiller municipal délégué à la solidarité. Une carte maîtresse qui a, finalement, fait perdre la partie au maire communiste. Lequel affirmait, hier, ne pas admettre que « la légitimité de cet homme de bien, engagé depuis longtemps à Gardanne, soit remise en cause ». Ce n’est pas le cas. C’est un manquement au code électoral (le domicile fictif du docteur, personnalité connue et reconnue) qui a fait annuler l’élection.

Aujourd’hui, une nouvelle bataille commence pour le maire de l’ancienne cité minière qui avait défendu le charbon jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale lorsqu’il avait été élu député (1996-2002), à la faveur d’une… annulation, celle de l’élection de Bernard Tapie en 1993.

Roger Mei aurait décidé de faire appel

 

Alexandra Ducamp et Julien Danielides  La

Macron vante le « chien de garde de la petite bourgeoisie

« Bon sens » : ooops, »

 

Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, le 27 août 2014 à Paris (Christophe Ena/AP/SIPA)

« Il n’est pas interdit d’être de gauche et de bon sens », affirme Emmanuel Macron dans Ouest-France, qui a repris la phrase en titre de l’interview. Celui qui ne veut pas qu’on « l’enferme » dans le qualificatif de « libéral » (sans le rejeter pour autant) donne cette définition de la gauche :

« Etre de gauche, pour moi, c’est en effet être efficace, recréer les conditions pour investir, produire et innover. Etre de gauche, c’est être juste pour que les efforts comme les gains soient équitablement répartis. »

Le bon sens, donc…

Si, pour sa première interview en tant que ministre de l’Economie, l’ancien conseiller de François Hollande voulait fournir des preuves de son attachement idéologique à la gauche, c’est raté. La valeur qu’il met en avant, le « bon sens », fait partie de l’arsenal classique de la droite : dès les années 50 les intellectuels de gauche l’ont fustigée et les leaders de gauche évitent depuis de s’en prévaloir. Il y a certes des exceptions dans les franges droitières du PS : Michel Sapin, par exemple, ne déteste pas l’expression.

« Les projections naïves du sens commun »

C’est Roland Barthes qui a porté l’estocade à l’expression, dans une formule restée célèbre, reprise par la suite à l’envi par les marxistes : le bon sens, c’est le « chien de garde des équations petites-bourgeoises ». Aussi jeune soit-il, Macron ne peut pas l’ignorer. Ancien élève d’Etienne Balibar et assistant de Paul Ricœur, il connait les écrits de Roland Barthes qu’il ne confond pas, à la différence de Nicolas Sarkozy, avec Yann Barthès.

Une affiche du FN

Dans les années 50, le « bon sens », celui des « petites gens », du « Français moyen », était dans toutes les bouches, d’Henri Queuille à Pierre Poujade. Ce dernier en avait même fait, bien avant le Crédit agricole ou les candidats du FN (voir affiche ci-contre), un slogan promotionnel.

C’est ce qui avait fait réagir Barthes, selon lequel le « bon sens », avec ses relents terriens, porte l’aspiration conservatrice à la finitude du monde, à l’immuabilité des choses. Mais ce concept est vicieux car il empêche « d’imaginer l’autre ». Il ferme le débat, il enferme l’interlocuteur, il bloque le rêve :

« Il bouche toutes les issues dialectiques, définit un monde homogène, où l’on est chez soi, à l’abri des troubles et des fuites du “rêve” (entendez d’une vision non comptable des choses). Les conduites humaines étant et ne devant être que pur talion, le bon sens est cette réaction sélective de l’esprit, qui réduit le monde idéal à des mécanismes directs de riposte. » ( « Quelques paroles de M. Poujade » in Mythologies, 1957)

Loin d’être, quoi qu’en dise Descartes, « la chose la mieux partagée », le « bon sens » serait donc une arme idéologique qu’il faut analyser et contrer. Pierre Bourdieu lui-même se donnait comme priorité de « rompre avec le sens commun » et invitait les sociologues à forger de nouveaux mots pour se protéger des « projections naïves » de ce dernier.

Depuis, les tentatives intellectuelles de réhabilitation du bon sens sont rares. L’historien Marc Crapez, défenseur du libéralisme, s’y est essayé dans un récent essai (« Défense du bon sens ou la controverse du sens commun », éd. du Rocher, 2004), mais sans parvenir à réveiller, dans le débat public, « le sourire du bon sens » vanté par Raymond Aron.

Pascal Riché     Cofondateur Rue89     Publié le 02/09/2014 à 08h50

 

La nouvelle affaire qui menace Nicolas Sarkozy

La justice cherche à savoir si l'ex-président a emprunté gratuitement un avion mis à sa disposition par l'homme d'affaires Stéphane Courbit, entre autres pour ses conférences à l'étranger.

La justice cherche à savoir si l’ex-président a emprunté gratuitement un avion mis à sa disposition par l’homme d’affaires Stéphane Courbit, entre autres pour ses conférences à l’étranger. | REUTERS/ERIC GAILLARD

Une nouvelle enquête judiciaire, portant sur des faits d’abus de biens sociaux et de recel, pourrait inquiéter Nicolas Sarkozy, selon les informations du Monde. Une juge d’instruction marseillaise s’intéresse ainsi aux conditions dans lesquelles ont été organisés plusieurs vols privés transportant l’ancien président entre décembre 2012 et mars 2013.

En charge du volet français du dossier baptisé « Air Cocaïne », un trafic de drogue entre la République Dominicaine et la France via des vols transatlantiques privés, la juge Christine Saunier-Ruellan, vice présidente à la juridiction interrégionale spécialisée, a chargé, mi-juillet, un expert aéronautique d’une mission « d’analyse et de décryptage » de l’ensemble des plans de vols figurant dans son dossier.

Dans son ordonnance de commission d’expert, la juge demande à Claudine Oosterlinck, expert agréé par la Cour de cassation, de passer au crible les vols suspectés d’avoir transporté de la cocaïne entre la République Dominicaine et la France ainsi qu’une série de liaisons entre Antigua, Le Bourget et le petit aéroport belge de Sint Truiden. La juge ajoute à sa liste « des vols facturés à Lov Group », la société de l’homme d’affaires Stéphane Courbit. Un premier vol Le Bourget-Doha (Qatar) du 9 au 11 décembre 2012, un second Le Bourget- Teterboro (New-York) du 30 janvier au 3 février 2013 et un Le Bourget-Abu Dhabi du 26 au 27 février 2013 ont été empruntés par Nicolas Sarkozy. Le premier l’a transporté à Doha pour participer au Forum mondial du sport Doha Goals au Qatar. Le tarif évoqué pour ce vol est de 95 000 €, selon des documents saisis lors de l’enquête.

Deuxième déplacement, l’aller-retour pour Teterboro, dans le New Jersey, aux Etats-Unis : M. Sarkozy, était accompagné pour l’occasion de son épouse Carla Bruni. Le troisième voyage en cause a donc eu pour cadre Abu Dhabi, aux Emirats arabes Unis. Nicolas Sarkozy était invité au Global financial markets forum, organisé par la banque nationale d’Abu Dhabi. Il y donna une conférence, le 27 février.

« AIR COCAÏNE »

Ces trois vols ont été affrétés par la Société Nouvelle Trans Hélicoptère Service (SNTHS) dirigée par Pierre-Marc Dreyfus, l’un des dix mis en examen dans le dossier français d’« Air Cocaïne », placé sous mandat de dépôt du 10 septembre 2013 au 28 août dernier avant une libération sous contrôle judiciaire. Cette société lyonnaise spécialisée dans les vols d’affaires et la gestion d’avions privés est l’affréteur des vols suspects et notamment du Falcon 50 appartenant au lunetier Alain Affelou, intercepté le 19 mars 2013 sur l’aéroport international de Punta Cana (République Dominicaine) avec trente six valises à son bord contenant 682 kilos de cocaïne. Quatre Français étaient interpellés, dont Alain Castany, qui se présente comme le troisième pilote. Les enquêteurs ont découvert dans son portable les numéros de téléphone personnels de nombreuses personnalités, notamment celui de Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, en consultant, le téléphone portable de Franck Colin, un quadragénaire soupçonné d’avoir affrété le vol intercepté en République dominicaine (et interpellé en avril 2013 à Paris), les policiers de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), – dessaisis en juillet 2014 de l’enquête au profit des gendarmes de la section de recherches de Paris – ont constaté qu’il était en contact avec Pierre Sarkozy, l’un des fils de l’ancien président de la République. Le jeune homme est enregistré dans le répertoire sous le nom de « Dj Jed Sarkosi ».

C’est en cherchant à découvrir l’identité des personnes ayant financé les nombreux voyages effectués ces dernières années par le Falcon 50 que les enquêteurs ont découvert que trois vols, également affrétés par la société SNTHS – et effectués dans la même période que les vols liés au trafic de cocaïne – auraient été financés par Stéphane Courbit, via sa holding Lov Group industrie (LGI), au profit de M. Sarkozy. Le tout pour un montant total supérieur à 330 000 euros… Le nom de M. Sarkozy apparaît en effet sur certaines factures saisies en perquisition au siège de la SNTHS.

Interrogé par Le Monde, l’avocat de M. Courbit, Me Christophe Ingrain, a confirmé la prise en charge par Lov Group des trois déplacements qui intéressent la justice et a indiqué : « Ces vols avaient pour objet la création d’un fonds d’investissement dans lequel l’ancien président de la République aurait été impliqué. Nous détenons tous les documents nécessaires pour le prouver ».

FACTURES DISPARUES

Les policiers ont par ailleurs découvert qu’un quatrième vol avait été affrété, au mois de mars 2013, par la société SNTHS, au profit de Nicolas Sarkozy. Il s’agissait de permettre à l’ancien président de se rendre à Bordeaux où il devait honorer, le 21 mars, une convocation… aux fins de mise en examen du juge Jean-Michel Gentil, chargé de l’affaire Bettencourt. Mais l’interception du Falcon 50 sur le tarmac de Punta Cana a contraint Nicolas Sarkozy à monter dans un autre avion, également mis à sa disposition par la SNTHS. Sauf que, cette fois, les factures indiquent que le vol a été pris en charge par l’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy (ASANS).

L’expertise de la comptabilité de la SNTHS a révélé que plusieurs de ses comptes clients avaient disparu, dont celui de LGI – qui constituait pourtant le client principal de la société d’hélicoptères – et celui de l’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy…

Me Pierre Ceccaldi, défenseur de Pierre-Marc Dreyfus, demandera, lundi 8 septembre, à la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence d’annuler tous les éléments du dossier ayant trait aux vols empruntés par Nicolas Sarkozy. « La juge est saisie d’un trafic présumé de stupéfiants entre la République Dominicaine et la France, observe Me Ceccaldi. On ne comprend pas pourquoi on s’intéresse à des clients de SNTHS, fussent-ils aussi prestigieux que l’ancien président de la République, qui n’ont rien à voir avec l’objet de la saisine ».

Plusieurs sources ont indiqué au Monde que la procédure incidente concernant les vols suspects pourrait être dépaysée à Paris, dans le cadre d’une enquête préliminaire.

Christine Lagarde mise en examen pour «négligence» dans l’affaire Tapie

AFP 27 AOÛT 2014La directrice générale du FMI, le 2 juillet 2014 à Washington, aux Etats-Unis. La directrice générale du FMI, le 2 juillet 2014 à Washington, aux Etats-Unis. (Photo Jim Watson. AFP)

La directrice générale du FMI a été mise en examen mardi, dans l’enquête sur l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais.

Le FMI a assuré mercredi ne pas avoir de «commentaire supplémentaire» sur la mise en examen de sa directrice générale Christine Lagarde dans l’enquête sur l’arbitrage entre l’homme d’affaires Bernard Tapie et la banque Crédit Lyonnais. «La directrice générale s’est déjà exprimée sur cette affaire. Elle est maintenant en route pour Washington et informera, évidemment, le conseil d’administration (du FMI) dès que possible», a déclaré le porte-parole du Fonds monétaire international, Gerry Rice, dans un communiqué transmis à l’AFP. «Jusque-là, nous n’avons pas de commentaire supplémentaire», a-t-il ajouté.

Christine Lagarde a en effet annoncé avoir été mise en examen mardi à Paris, pour«négligence» dans l’enquête sur l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. Interrogée pour savoir si elle entendait démissionner du FMI, l’ancienne ministre française de l’Economie a répondu : «non»«Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi», a-t-elle précisé.

Christine Lagarde a été entendue mardi pour la quatrième fois - pendant plus de quinze heures – par les magistrats de la Cour de justice de la république (CJR), au sujet de son rôle dans la décision de l’arbitrage en 2007. La CJR est habilitée à enquêter sur les membres du gouvernement pour les faits commis dans l’exercice de leur fonction.  «La commission d’instruction de la CJR a décidé ma mise en examen sur le fondement d’une simple négligence», a annoncé mercredi matin Christine Lagarde, au cabinet de son avocat, Me Yves Repiquet.

«Après trois années d’instruction, des dizaines d’heures d’audition, la commission s’est rendue à l’évidence que je n’avais été complice d’aucune infraction et a donc été réduite à alléguer que je n’aurais pas été suffisamment vigilante lors de l’arbitrage opposant la société CDR au liquidateur du groupe et des époux Tapie», a-t-elle ajouté. «J’ai demandé à mon avocat d’exercer tous les recours contre cette décision que je considère comme totalement infondée», a poursuivi la directrice générale du FMI.

UN «SIMULACRE» D’ARBITRAGE ?

L’affaire porte sur la sentence arbitrale de 2008 qui avait octroyé quelque 400 millions d’euros à Bernard Tapie, dont 45 millions d’euros au titre de préjudice moral, pour clore le long litige qui l’opposait au Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas.

Dans le volet non-ministériel du dossier, cinq personnes ont été mises en examen pour «escroquerie en bande organisée»dont Bernard Tapie ou encore l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy - et actuel PDG de l’opérateur téléphonique Orange – Stéphane Richard.

Les juges cherchent à déterminer si cette sentence est le fruit d’un «simulacre»d’arbitrage organisé avec l’aval du pouvoir de l’époque.

TÉMOIN ASSISTÉ EN 2013

Christine Lagarde avait pour sa part été placée en mai 2013 sous le statut de témoin assisté, statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. Le FMI l’a depuis toujours assurée de son soutien.

Elle est désormais mise en examen pour «négligence», un délit passible d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Il lui est notamment reproché de ne pas avoir introduit de recours contre l’arbitrage une fois qu’il a été rendu.

AFP

«Montebourg pose un débat politique de fond»

Arnaud Montebourg à La Rochelle en fin de journée vendredi. (Photo Sébastien Calvet pour Libération)

 

INTERVIEW

Compagnon de route depuis 2009 puis collaborateur de l’ex-ministre de l’Economie, Valentin Przyluski demande à ce qu’on discute à gauche des choix économiques du gouvernement.

Il l’a d’abord accompagné dans sa campagne à la primaire présidentielle, puis travaillé avec lui au ministère de l’Economie. Compagnon de route d’Arnaud Montebourg depuis 2009, Valentin Przyluski revient sur le départ du ministre et insiste sur le «débat» qui doit s’ouvrir à gauche sur la politique économique menée.

Arnaud Montebourg pose depuis des mois un débat politique de fond sur l’orientation économique. Tout d’abord, il indique que l’ampleur des réformes structurelles et le transfert des ménages vers les entreprises ne sont pas compatibles avec un ajustement budgétaire aussi fort. Nos choix budgétaires et fiscaux en France ont ajouté de la crise à la crise. On a resserré trop vite. Tout le monde en est aujourd’hui conscient. La question de mieux prioriser les objectifs est donc une question légitime: la priorité doit être la croissance et l’emploi. Ensuite, il demande que la réorientation européenne issue du vote des Français en 2012 et 2014 soit mise en œuvre. Il y va de la crédibilité du politique élu au suffrage universel.

Ce débat ne devait-il pas rester en privé ?

Ce qu’Arnaud Montebourg prédit en privé au président de la République et au gouvernement est en train de se produire. Nous entrons en déflation. Or les mesures prises par le gouvernement sont procycliques et à contretemps ! Au vu de la situation économique, il y avait une clarification publique à faire: est-ce l’emploi la vraie priorité ? Jamais un pays dans une situation de déflation n’a remboursé sa dette. Il est important que les Francais sachent que ce débat a lieu en France, et qu’il est légitime comme l’a rappelé Paul Krugman ces trois derniers jours dans les colonnes du New York Times.

Pourquoi avoir décidé de rendre ce débat public au risque de sortir du gouvernement ?

Il fallait, après l’avoir fait sans succès dans les enceintes consacrées, lancer le débat dans l’opinion et que les choix soient publiquement faits: oui ou non les «trois tiers»d’Arnaud Montebourg sont-ils acceptables ? Nous sommes pour le pacte de compétitivité et pas contre les économies de dépense. Mais nous considérons que la question qui se pose est celle du rythme d’ajustement. Le déséquilibre entre les efforts demandés aux ménages et aux entreprises et le resserrement budgétaire produisent l’effet récessif constaté. Pourquoi le président de la République et le Premier ministre ont-ils fait ces choix? Quand on observe l’offensive sémantique de ces derniers jours, il est à craindre que les socialistes, au nom d’un légitimisme, se retrouvent engagés sur une ligne qui n’est pas la leur. Qui n’a jamais été décidée dans un congrès du parti ou votée lors de la primaire.

C’est-à-dire?

Certains en France souhaiteraient profiter de la conjoncture de la zone euro pour constater un échec économique structurel de la France. Ce sont ceux qui – même à gauche – expliquent que «la France est en faillite» et «l’Etat impotent». Pour ces gens-là, il ne faudrait pas que la croissance et l’emploi repartent trop vite pour pouvoir enfin réformer la France à la baguette. C’est la France des slogans. Pas des projets collectifs. Oui, la France a besoin de se moderniser. Mais les réformes doivent se faire en prévoyant les moyens d’adaptation à ces réformes. Il faut se donner les moyens de réformer ! Réformer le modèle social se fait avec des objectifs et des choix de société. Et être social-démocrate, c’est aussi en passer par le dialogue social, fort de ses convictions.

Comment observez-vous l’arrivée d’Emmanuel Macron ?

Je constate qu’un autre banquier de gauche, Mathieu Pigasse, conteste les politiques d’austérité… La polémique sur sa profession est donc peu probante de ce point de vue. Mais au-delà de la personne d’Emmanuel Macron qui est quelqu’un de compétent, nous sommes satisfaits de voir le ministère rester entier. Arnaud Montebourg a donné naissance au ministère de l’Economie réelle à Bercy. A un contre-pouvoir. Séparer les Finances et l’Economie c’était extrêmement important pour permettre de confronter des points de vue qui ne sont pas forcément alignés entre les forces productives et les intérêts financiers.

Lilian ALEMAGNA Envoyé spécial de Libération à La Rochelle le 30/08/2014

 

Jean-Christophe Cambadélis élu Premier secrétaire du Parti socialiste

Composition du Secrétariat national

Composition

Premier secrétaire – Jean-Christophe CAMBADELIS
Coordination, études – Guillaume BACHELAY
Trésorerie – Jean-François DEBAT
Élections, animation des SN fonctionnels – Christophe BORGEL
Fédérations, sections – Alain FONTANEL
Relations extérieures – Luc CARVOUNAS
Communication, réseaux sociaux, mobilisations militantes, campagnes du Parti – Sarah PROUST
Formation militante, rénovation du Parti – Emeric BREHIER
Organisation et adhésions – Laurent GRANDGUILLAUME
Suivi de l’opinion – Christine REVAULT-D’ALLONNES

4 Porte-parole [animation du porte-parolat : coordination]

  • Carlos DA SILVA
  • Olivier FAURE
  • Corine NARASSIGUIN
  • Rafika REZGUI
Pôle « Mondialisation / régulation / coopération » – Jean-Marc GERMAIN 
International, francophonie – Jean-Marc GERMAIN
Europe – Philippe CORDERY
Défense – Eduardo RIHAN CYPEL
Immigration, co-développement – Sandrine MAZETIER
Pôle « Production / répartition des richesses » – Karine BERGER 
Politique industrielle, numérique, économie sociale et solidaire – Juliette MEADEL
Innovations, PME – Patrice PRAT
Économie, fiscalité et comptes publics – Karine BERGER
Travail, emploi, formation professionnelle, dialogue social – François KALFON
Pôle « Préparation de l’avenir » – Clotilde VALTER 
Transition écologique, énergies, croissance bleue – Clotilde VALTER
Éducation, formation, culture – Colombe BROSSEL
Jeunesse, sports, vie associative, éducation populaire – Elsa DI MEO
Enseignement supérieur, recherche – Isabelle THIS SAINT JEAN
Pôle « Justice sociale / cohésion territoriale » – Carole DELGA 
Santé, petite enfance, protection sociale, autonomie – Marc MANCEL
Handicap, lutte contre l’exclusion – Kamel CHIBLI
Logement, ville, quartiers populaires – Samia GHALI
Ruralité, agriculture – Carole DELGA
Services publics, décentralisation, modernisation de l’Etat – Estelle GRELIER
Pôle « République / citoyenneté » 
Justice, libertés – Marie-Pierre DE LA GONTRIE
Sécurité publique – Myriam EL KHOMRI
Laïcité, institutions – Mathias FEKL
Droits des femmes, parité – Adeline HAZAN
Université d’été et Université permanente du PS – David ASSOULINE
David LEBON continuera à animer les fédérations d’Outremers

Jean-Noël Guerini : « Je quitte le Parti socialiste »

Paru ce jour, dans le blog de Jean Noel Guerini

guerini.jpg« A la tête du Conseil général, je me bats avec fierté pour les habitants des Bouches-du-Rhône, depuis de nombreuses années.

C’est pour moi un honneur. C’est aussi une immense responsabilité.

J’entends poursuivre cette action.

Désormais, je le ferai en quittant le Parti socialiste, au sein duquel je milite depuis 1967.

C’est une épreuve pour moi, mais j’y suis contraint.

Ce parti, je ne le reconnais plus. Je ne m’y reconnais plus.

Depuis maintenant quatre ans, je suis la cible d’attaques de socialistes, qui n’ont eu de cesse de me déshonorer, en distillant bien des contre-vérités, pour jeter le discrédit et la suspicion sur ce que j’ai fait et sur ce que je suis.

Ils n’ont eu de cesse d’instrumentaliser une interminable instruction judiciaire qui, certes, me vaut d’être mis en examen, mais dans laquelle je n’ai pas été jugé.

Comment ne pas rappeler que dans sa deuxième demande de levée d’immunité parlementaire, après trois ans d’enquêtes, d’écoutes, de violations du secret de l’instruction le juge lui-même écrit en octobre 2012 que « le rôle joué par Jean-Noël Guérini est naturellement difficile à cerner et surtout à critiquer ».

Aujourd’hui, près de cinq ans après le début de cette campagne où la haine et le fiel se sont déversés, il est prouvé que jamais je ne me suis enrichi et pas la moindre preuve matérielle contre mes supposés errements liés aux activités, peut-être condamnables de mon frère, n’a pu être fournie.

La presse a allègrement jugé, condamné, permettant à des socialistes d’instruire un procès politique, basé sur des fuites savamment orchestrées et orientées pour me nuire et me détruire.

Je ne me suis jamais soustrait à l’action de la justice, et je me défends, comme tout citoyen est en droit de le faire.

Dans ce contexte, force est de reconnaître que la présomption d’innocence ne vaut rien pour ceux qui viennent de précipiter le parti socialiste et la gauche marseillaise dans un véritable désastre électoral.

Ces petits personnages, qui n’ont de cesse de m’humilier, avec une méchanceté inouïe, pour masquer leur incapacité à présenter un projet politique pour la deuxième ville de France, ont jeté mon honneur aux chiens, dans un travail de sape qui les précipite vers le néant politique.

Ils critiquent, dénigrent, méprisent, se souciant uniquement de leur avenir personnel.

Croyant l’assurer, ils ont ainsi imposé à la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône une tutelle qui a paralysé son action durant la séquence électorale qui vient de s’achever.

La débâcle électorale de 2014 a rayé d’un trait de plume les victoires des socialistes acquises alors que je n’étais pas mis au banc de la rue Montgrand.

Je n’ai plus à être la victime désignée de ces imposteurs, qui après m’avoir étrillé, accablent l’ancien Premier ministre, alors qu’ils n’ont cessé de quémander soutien et aides à Matignon depuis mai 2012 !

Il est vrai que le gouvernement socialiste a beaucoup promis pour Marseille.

Je regrette que l’action n’ait pas suivi rapidement les déclarations d’intention, hormis pour la création d’une métropole rejetée par la quasi-totalité des maires du département et qui sera demain une aubaine pour l’opposition nationale.

Je le dis fortement et fermement : j’en ai assez d’être montré du doigt et d’être pris pour cible par des irresponsables, incapables de parler au peuple de Marseille et dont l’aveuglement a permis de faire élire un maire Front national dans le 7eme secteur de la ville peuplé de 150.000 habitants.

Le 6 octobre 2002, sous mon impulsion, les socialistes et la gauche rassemblée avaient battu l’extrême – droite à Vitrolles…

Autres temps, autres pratiques, autres résultats…

Je ne suis pas coupable de ces errements qui ont abouti à cette faute politique majeure dont les animateurs de la campagne socialiste à Marseille ne peuvent s’exonérer.

Pour dissimuler leurs propres échecs, ils persistent et veulent désormais changer les militants, au prétexte que ceux qui sont aujourd’hui la force du parti socialiste ne les suivent pas…

Dans un contexte difficile, tandis que l’action gouvernementale n’a pas été clairement lisible, ils creusent le tombeau des espérances de ceux et celles qui pensaient, peut-être naïvement après l’alternance de 2012, que la solidarité accompagnerait la responsabilité pour redonner à notre pays la place qui doit être la sienne.

Nous en sommes loin, hélas ! !

Vaillamment, avec détermination, j’ai mené le combat pour faire vivre le Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône.

J’ai décidé de tourner la page.

Je quitte le Parti socialiste mais je continue ma bataille politique.

Je reste au service des habitants de ce département en étant aux côtés de celles et ceux pour qui respect et fraternité ne sont pas des mots vides de sens ».